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Jean Charest et Marc Bibeau visés par une enquête: l'opposition demande à Couillard de rendre des comptes

Jean Charest et Marc Bibeau visés par une enquête: l'opposition demande à Couillard de rendre des comptes
Simon Clark/Agence QMI

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Scandalisés, les partis d’oppositions à l’Assemblée nationale demandent à Philippe Couillard de rendre des comptes à la lumière des révélations de notre Bureau d’enquête sur Jean Charest et Marc Bibeau.

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En conférence de presse, le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée, a fait un lien direct entre ces révélations et les accusations de fraude, d'abus de confiance et de corruption qui ont été portées il y a un an contre Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté.

«On a maintenant la preuve que l’UPAC a travaillé, jusqu’en 2016, l’an dernier, à essayer de faire de faire une démonstration qu’en haut de la pyramide, il y avait Jean Charest et Marc Bibeau», a déclaré le chef péquiste.

«Mme Normandeau n’a pas travaillé toute seule, a continué M. Lisée. M. Côté n’a pas travaillé tout seul. Les firmes d'ingénierie n’ont pas travaillées toutes seules : il y avait une tête à ce réseau.»

Frustrés

À l’instar des autres partis d’opposition, M. Lisée s’est dit «frustré» de constater que l’enquête visant M. Charest n’ait pas encore aboutie.

Qualifiant les informations révélées par notre Bureau d’enquête de véritable «bombe», la députée caquiste Nathalie Roy a dénoncé ce qu’elle a résumé à une «culture de la corruption» au Parti libéral. Mme Roy et son collègue Simon Jolin-Barrette réclament que tous les contrats conclus avec les entreprises de Marc Bibeau soient rendus publics.

«Il y a un ancien premier ministre qui fasse l'objet d'une enquête criminelle pour corruption: ce n'est pas normal, a insisté Mme Roy. Il faut arrêter de rendre normal, ce qui est totalement anormal. Il faut s'insurger, et ce n'est pas fini, et nous souhaitons de tout coeur, de tout coeur que l'UPAC aille au bout de son enquête pour que les citoyens en aient enfin le coeur net.»

Comme le PQ et la CAQ, Québec solidaire se questionne sur l’influence de la relation amicale entre Marc Bibeau et Jean Charest auprès du gouvernement.

«M. Couillard était un ministre parmi les plus importants de ce gouvernement-là (celui de Jean Charest), a rappelé le député Amir Khadir. Il en sait des choses, M. Couillard. Est-ce qu'il collabore avec la Sûreté du Québec?»

Les libéraux craignent sur «l’intégrité de l’enquête»

Alors que la très vaste majorité des membres du caucus refusaient de s’exprimer sur le sujet, mardi, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a réitéré que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) avait toute l’indépendance nécessaire pour mener ses enquêtes, même lorsqu’il s’agit d’une personne qui a «occupé les plus hautes fonctions de l’État».

«Il faut éviter, [...] parce qu’on décide de couler sur la place publique un certain nombre d’éléments, que ça ne permette pas d’aller au fond des choses par la suite», a également déploré le ministre Coiteux, imitant son collègue et ex-policier, Robert Poëti.

Interrogé par les journalistes lors d’une mêlée de presse, M. Poëti a aussi témoigné de son inquiétude devant la quantité de documents sensibles, issus d’une enquête policière, qui se sont retrouvés entre les mains de journalistes.

«Je me questionne sur l’intégrité de l’enquête actuellement, parce que l’intégrité de l’enquête, c’est important. [...] De mon histoire policière, c’est[-à-dire] 28 ans, je n’ai jamais vu autant de documents sortis médiatiquement.»