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De nombreux écueils pour l’éducation à la sexualité

Le bilan des projets pilotes après un an est très mitigé

De nombreux écueils pour l’éducation à la sexualité
Photo JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS

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L’implantation de l’éducation à la sexualité, enseignée sous forme de projets pilotes dans une vingtaine d’écoles québécoises, ne se fait pas sans heurt. Les écueils sont nombreux et le malaise est bien réel dans certaines écoles secondaires, selon un premier bilan obtenu par Le Journal.

Depuis l’automne 2015, l’éducation à la sexualité est enseignée dans ces écoles primaires et secondaires sous la forme de capsules d’information insérées dans la grille-matière existante, à raison de 5 à 15 heures par année. Ces contenus sont enseignés majoritairement par des profs, appuyés à l’occasion par des professionnels comme des infirmières, des psychoéducateurs ou des techniciens en éducation spécialisée. La formule varie d’une école à l’autre.

Afin de faire un «bilan provisoire» de la première année d’expérimentation en 2015-2016, le ministère de l’Éducation a mené une consultation dans les écoles qui participent à ce projet pilote sur une base volontaire.

Résultat : le manque de formation, le peu de ressources et les retards dans l’envoi de matériel pédagogique ont été soulignés par différents intervenants. «Plusieurs aspects de la mise en oeuvre des apprentissages soulèvent des difficultés», peut-on lire dans le rapport.

Malaise dans les écoles secondaires

Le rapport permet aussi d’apprendre que des directions d’écoles secondaires et des responsables de la formation dans les commissions scolaires se disent peu à l’aise avec «plusieurs apprentissages», comme ceux concernant «l’agir sexuel», la vie affective et amoureuse ou encore la violence sexuelle, abordés à partir de la troisième secondaire. Il est à noter toutefois que le taux de réponse est faible parmi les directions d’école.

Les intervenants qui ont eu à enseigner ces contenus en classe se disent toutefois à l’aise de le faire. Parmi eux, la moitié avaient déjà de l’expérience dans le domaine.

Par ailleurs, la mobilisation entourant ces projets pilotes est jugée faible dans certaines écoles, si bien qu’il a été difficile de recruter volontairement du personnel pour y participer, peut-on lire.

Le portrait n’est cependant pas tout noir. Les écoles participantes ont été très proactives en matière de communication avec les parents, si bien qu’aucun problème n’a été souligné à ce chapitre. Plusieurs intervenants croient par ailleurs à la pertinence de ces apprentissages sur les bancs d’école.

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a déjà affirmé qu’il souhaite étendre cette formule à davantage d’écoles l’an prochain, afin qu’éventuellement l’éducation à la sexualité soit enseignée dans toutes les écoles québécoises.

M. Proulx a récemment indiqué qu’avant d’en arriver là, il y avait «encore du travail à faire, notamment sur les contenus» et «la façon de l’enseigner».