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Le ministre Proulx veut rendre l’éducation à la sexualité obligatoire à l’automne 2018

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx
PHOTO AGENCE QMI, JOEL LEMAY Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx

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Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, veut rendre obligatoire l’éducation à la sexualité dans toutes les écoles québécoises à la rentrée 2018.

Le Journal rapportait mercredi que le bilan de la première année d’implantation des projets pilote a été mitigé, selon un document «confidentiel» produit par le ministère de l’Éducation, daté du 20 avril.

L’éducation à la sexualité est enseignée depuis l’automne 2015 dans 18 écoles sous forme de capsules d’informations insérées dans la grille-matières, mais ces projets pilotes se sont heurtés à de nombreux écueils notamment à cause d’un manque de formation, de préparation et de matériel, pouvait-on lire.

Le ministre Proulx reconnaît les difficultés d’implantation, mais promet de corriger le tir afin de «passer à la vitesse grand V». «Je vais travailler avec un plan, ouvrir à plus d’écoles cette année (en 2017-2018) et faire tout ce qui est possible pour mettre en œuvre pour (la rentrée) 2018», a-t-il affirmé. En 2017-2018, les écoles seront invitées à se joindre aux projets-pilotes, mais toujours de façon volontaire.

«Personnellement, j’aimerais que ça arrive plus rapidement, a ajouté M. Proulx. Je pense qu’on n’aurait jamais dû cesser d’avoir des enseignements d’éducation à la sexualité. Mais si je forçais la mise en œuvre dès septembre dans toutes les écoles, j’ai l’impression qu’il y aurait des ratés ou il y aurait des difficultés. Et là, on me ferait dire que je n’ai pas fait ça comme il faut. Je préfère, parce que ce n’est pas une matière comme les autres, qu’on fasse les choses correctement. Vaut mieux peut-être prendre un an de recul, ou se mettre en préparation une année supplémentaire, pour revenir encore plus fort.»

Manque de ressources

Dans le réseau scolaire, plusieurs acteurs du milieu ont répété mercredi qu’ils croient à l’importance d’enseigner l’éducation à la sexualité à l’école mais demandent au ministre de mettre les ressources nécessaires pour y arriver.

«On y croit, mais on veut que ce soit les bonnes personnes aux bons endroits pour enseigner ça. Qu’est-ce que je vais faire si je n’ai pas de personnel volontaire pour l’enseigner dans mon école?», lance Lorraine Normand-Charbonneau, présidente de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement.

L’éducation à la sexualité est présentement enseignée majoritairement par des profs, appuyés à l’occasion par des professionnels comme des infirmières, des psychoéducateurs ou des techniciens en éducation spécialisée. La formule varie d’une école à l’autre.

À la Fédération autonome de l’enseignement, on réclame depuis longtemps le retour d’un cours d’éducation à la sexualité, plutôt que des apprentissages saupoudrés dans les matières existantes. Le bilan de la première année d’implantation ne fait que confirmer ces craintes, affirme sa vice-présidente, Nathalie Morel. «Pour nous, ça n’a pas d’allure de l’enseigner de cette manière. Le contenu est beaucoup trop sérieux pour que ce soit fait à la va-comme-je-te-pousse» lance-t-elle.

À la Fédération des syndicats de l’enseignement, on considère que les «résultats décevants» de la première année d’implantation s’expliquent par l’improvisation du ministère dans ce dossier. «On réclame un encadrement plus sérieux» afin de permettre d’étendre rapidement l’éducation à la sexualité à davantage d’écoles, affirme sa présidente, Josée Scalabrini.

Cette dernière estime par ailleurs que le ministre Proulx devrait revoir la grille-matières dans son ensemble, plutôt qu’à la pièce comme il le fait présentement avec l’éducation à la sexualité et l’éducation financière.

De son côté, la Fédération des comités de parents du Québec aurait préféré que l’éducation à la sexualité soit étendue à toutes les écoles primaires et secondaires, dès la rentrée 2017.

— Avec la collaboration de Patrick Bellerose