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Sophie D’Amours, première rectrice de l’Université Laval

Sophie D'Amours devient la nouvelle rectrice de l'Université Laval, le 26 avril 2017. DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUÉBEC
PHOTO DIDIER DEBUSSCHERE Sophie D'Amours devient la nouvelle rectrice de l'Université Laval, le 26 avril 2017. DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUÉBEC

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Un vent de changement souffle sur l’Université Laval, où Sophie D’Amours a été élue rectrice mercredi en matinée, devenant la toute première femme à y occuper cette fonction.

Dès le premier tour du scrutin, la professeure en génie industriel à l’Université Laval a obtenu la majorité nécessaire pour être élue, récoltant 50,7 % des votes du collège électoral qui était composé de 145 membres de la communauté universitaire. Mme D’Amours a récolté 71 votes sur 140, cinq membres étant absents.

Dans cette course au rectorat qui a duré 70 jours, elle faisait face au vice-recteur exécutif Éric Bauce, qui a récolté 42,1 % des votes, et au doyen de la Faculté d’administration, Michel Gendron, qui en a amassé 7,1 %.

Selon Mme D’Amours, c’est la volonté de changement au sein de la communauté universitaire qui lui a permis de remporter la course. Elle promet une approche «beaucoup plus ouverte, transparente et collaborative» que celle de la précédente administration.

«J’ai bien senti que la communauté en avait envie», a-t-elle affirmé tout en lançant un appel à l’unité de la communauté universitaire à l’issue de ce scrutin.

Revoir la rémunération des hauts dirigeants

Au cours de la campagne électorale, Sophie D’Amours s’est par ailleurs clairement positionnée contre les bonifications de la rémunération après-mandat des hauts dirigeants de l’Université Laval, une décision controversée que le conseil d’administration avait prise en 2014 et qui avait fait couler beaucoup d’encre.

«Le conseil [d’administration] a bien entendu les recommandations et a l’opportunité de revoir la rémunération. Ils vont se mettre au travail, si ce n’est pas déjà fait. J’ai confiance que le message sera entendu», a-t-elle affirmé.

Avec la nouvelle équipe qu’elle mettra en place au cours des prochaines semaines, Mme D’Amours compte par ailleurs élaborer un nouveau plan stratégique en collaboration avec les membres de la communauté universitaire, qui seront «au cœur de ce processus», promet-elle.

La nouvelle rectrice veut aussi travailler davantage avec les acteurs régionaux et les autres dirigeants du réseau universitaire afin d’aller chercher plus d’argent public, tout en continuant à diversifier les sources de financement.

«On en a franchement besoin», a-t-elle affirmé tout en précisant que le réseau universitaire québécois est bel et bien sous-financé par rapport aux établissements dans le reste du Canada.

UL sans frontières

Mme D’Amours compte par ailleurs ouvrir encore davantage l’Université Laval sur le monde. Elle veut recruter plus d’étudiants étrangers et multiplier les opportunités d’expérience à l’international pour les étudiants québécois. «Ça fait partie de cette idée d’enrichir l’expérience étudiante», précise-t-elle.

La nouvelle rectrice veut notamment créer l’organisation UL sans frontières afin d’ajouter un profil humanitaire à certaines formations, une formule qui pourrait être une première dans le réseau universitaire canadien. «J’aimerais en faire un modèle d’engagement dans les communautés», affirme-t-elle.

La nouvelle rectrice est élue pour un mandat de cinq ans qui débutera le 1er juin. Elle succède à Denis Brière, qui est à la tête de l’Université Laval depuis 10 ans.

Qui est Sophie D’Amours?

À 51 ans, elle devient la première femme à diriger l’Université Laval, où se sont succédé avant elle 25 recteurs.

Mme D’Amours a fait ses études de baccalauréat à l’Université Laval avant d’y revenir comme professeure en génie industriel en 1995, au département de génie mécanique. Depuis, elle a reçu plusieurs distinctions pour son travail universitaire.

De 2012 à 2015, elle a été vice-rectrice à la recherche et à la création, avant de démissionner en 2015 pour des raisons personnelles.

Elle est la fille de l’ex-président du Mouvement Desjardins Alban D’Amours.