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100 jours de Trump: le retour sur terre des investisseurs

On observe beaucoup d’hésitations sur les marchés boursiers, selon un expert

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AFP Depuis l’assermentation de Donald Trump, le 20 janvier dernier, les marchés boursiers se sont montrés beaucoup plus «timides».

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Après des moments euphoriques suivant l’élection de Donald Trump, les marchés boursiers sont vite revenus sur Terre au cours des 100 derniers jours.

«On observe beaucoup d’hésitations. C’est ce que l’on peut appeler un retour sur terre pour les investisseurs», signale l’économiste au Mouvement Desjardins Mathieu d’Anjou.

Il faut dire que les principaux indices boursiers nord-américains avaient enregistré une forte poussée de croissance suivant l’élection de Donald Trump, en novembre. Certains indices ont avancé de près de 15 %, portées par les promesses flamboyantes du candidat républicain milliardaire.

L’indice Dow Jones a même atteint la symbolique barre des 20 000 points en janvier. Du jamais vu aux États-Unis pour les investisseurs.

Sur les freins

Or, depuis l’assermentation de Donald Trump le 20 janvier dernier, les marchés se sont montrés beaucoup plus «timides».

L’indice S&P 500 n’a progressé que de 5,5 % tout comme celui du Dow Jones (+6,3 %). Au Canada, le principal indice de la Bourse de Toronto est au neutre depuis le 20 janvier. Le S&P/TSX n’a avancé que de 0,6 %.

«Il y a beaucoup d’incertitude. Les changements de positions du président inquiètent plus qu’ils ne rassurent. On réalise que la Maison-Blanche ne se gère pas comme Trump Tower», souligne le gestionnaire et analyste financier Fabien Major.

Ce dernier note que de nombreux opérateurs de gros fonds d’investissement ont délaissé au cours des dernières semaines les bourses américaines pour se concentrer davantage sur les marchés européens et émergents.

Une baisse d’impôts?

Plusieurs analystes se demandent également si le projet du président Trump de baisser les impôts des entreprises de 35 % à 15 % pourra se réaliser comme prévu.

«On se rend compte que ce ne sera pas demain que cela va arriver. Les Américains devront aussi vivre avec un déficit supplémentaire annuel de 5500 milliards $. Cela aura un impact significatif sur l’économie américaine», précise M. Major.

Parmi les secteurs de l’économie canadienne qui ont bien fait depuis le 20 janvier, on note ceux de la consommation discrétionnaire (épiceries, détaillants, restaurants, pharmacies, etc.), des télécommunications et des technologies, qui ont avancé de plus de 10 %.

Les technos sont dans un monde à part

Les investisseurs qui ont misé sur le secteur des technos depuis le début de l’année continuent d’avoir la main heureuse.

Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, l’indice de la Bourse Nasdaq a bondi de plus de 9 %.

Les titres d’Apple, de Facebook, d’Alphabet (maison-mère de Google), de Twitter, de Microsoft, de Netflix et d’Amazon ne semblent pas vouloir prendre de pause.

Le titre d’Apple, qui avoisine les 144 $ US, a enregistré une progression de plus de 20 % depuis que Donald Trump a été assermenté.

Dans le cas de Facebook, le titre du plus important réseau social de la planète a poursuivi son ascension, en hausse de 18 %.

Ces géants technologiques ont d’ailleurs tenu tête à Donald Trump au cours des derniers mois en critiquant ouvertement ses décrets anti-immigration.

La fin du party?

Le gestionnaire --Fabien Major est d’avis que l’administration Trump pourrait éventuellement faire bondir de nouveau les marchés boursiers américains.

Comment? En permettant tout simplement aux géants technos comme Apple et Amazon de rapatrier aux États-Unis des milliards de dollars qui dorment dans des comptes bancaires à l’étranger.

À Washington, on parle de plus en plus de mettre en place une «amnistie exceptionnelle» pour les entreprises qui souhaiteraient rapatrier leurs milliards de dollars stockés en dehors des États-Unis.

«On pourrait alors voir les bourses faire encore le party. On verrait des milliers de milliards de dollars revenir aux États-Unis pour être investis dans l’économie américaine», a précisé M. Major.

En campagne électorale, Donald Trump avait évoqué cette possibilité avec un taux de taxation de 10 %. Des analystes sont d’avis que ce rapatriement de «trésors de guerre» servira surtout à augmenter les dividendes et les rémunérations pour les actionnaires de ces entreprises.

Les financières et l’énergie prennent une pause au Canada

Les secteurs canadiens de la finance et de l’énergie n’ont pas été en mesure de poursuivre leur ascension depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Depuis le 20 janvier, les titres des banques et des assureurs canadiens ont reculé en moyenne de près de 2 % à la Bourse de Toronto.

Ce même secteur financier avait pourtant très bien performé au cours des derniers mois de 2016.

Le secteur énergétique canadien a lui aussi connu un refroidissement en enregistrant une baisse de 8 % au cours des 100 derniers jours.

Plusieurs pétrolières peinent à répéter leurs performances de l’an dernier en raison notamment des prix en dents de scie du baril de pétrole en baisse de 8 % depuis le début de l’année.

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