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«Je me sens comme un poisson dans l’eau»

Mireille Jean a récemment fêté son premier anniversaire en tant que députée de Chicoutimi à l’Assemblée nationale sous la bannière péquiste.
PHOTO STÉPHANE BOUCHARD Mireille Jean a récemment fêté son premier anniversaire en tant que députée de Chicoutimi à l’Assemblée nationale sous la bannière péquiste.

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Élue députée provinciale de Chicoutimi depuis un peu plus d’un an aujourd’hui, la péquiste Mireille Jean a déjà la tête tournée vers l’avenir et compte bien tenter sa chance à nouveau lors des prochaines élections afin de réaliser son rêve: la souveraineté du Québec. Le Journal s’est entretenu avec celle qui a connu une première année en politique marquée par les nombreux changements de chefs à la tête du PQ.

Vous avez connu du succès en tant qu’entrepreneure dans la haute technologie. Pourquoi vous êtes-vous lancée en politique ?

«Je m’étais lancée dans la course à la mairie en 2005, donc les gens connaissaient mon intérêt pour la politique. À bien y réfléchir, j’ai trouvé que c’était intéressant. Aussi, mon engagement en affaires a toujours été pour aider les gens. J’étais en affaires pour créer de l’emploi, pour créer de la richesse. J’avais l’impression d’avoir un impact sur ma communauté. Devenir députée de Chicoutimi, ça me donne l’occasion d’utiliser le bagage que j’ai développé au cours des 30 dernières années.»

Quel bilan faites-vous de votre première année en tant que députée de Chicoutimi ?

«L’intégration a été plus facile que je pensais. Je croyais que le choc serait plus important entre ma carrière d’affaires et ma carrière de politicienne. Je m’inscris dans ma carrière de politicienne relativement facilement. Je me sens comme un poisson dans l’eau. Je suis bien autant au niveau du travail parlementaire que j’ai à faire à Québec qu’au niveau du travail de proximité dans la circonscription. En tant que député, on a des ressources qui nous sont attribuées pour aider la population. Mon côté “initiateur d’idée”, je peux l’appliquer, ici, dans mon bureau.»

Quels sont les projets que vous avez mis en route ?

«J’ai lancé trois concours entrepreneuriaux: un industriel, un artistique et un communautaire. Je veux démontrer que quiconque a une idée et veut la réaliser est un entrepreneur, peu importe le domaine. Le projet Parlons jeune est une activité où je vais rencontrer les jeunes en tant que députée là où ils sont, c’est-à-dire au cégep et à l’université, sur l’heure du lunch. On échange ensemble principalement sur le rôle d’une députée, sur comment ça peut servir aux jeunes. On va lancer un projet au niveau de l’animation politique locale. On va organiser des réunions pour discuter politique dans les quartiers de Chicoutimi. L’idée est de rapprocher le plus possible la politique des gens pour qu’ils s’aperçoivent que c’est quelque chose d’intéressant. Ce n’est pas toujours de la bagarre, ce n’est pas toujours mesquin. La politique, c’est positif parce que c’est un moyen de décider comment on veut vivre ensemble.»

Comment trouvez-vous le travail parlementaire ?

«J’ai vécu ma vie dans une PME qui travaille avec des multinationales. À l’Assemblée nationale, je suis un petit élément qui travaille dans une grosse structure. Ce n’est pas si déstabilisant. Au Parlement, on travaille sur des projets de loi, sur des dossiers, on répartit les budgets pour que la population du Québec soit le mieux servie possible. Indirectement, on aide les gens.»

Quel genre de soutien vos collègues Sylvain Gaudreault et Alexandre Cloutier vous ont-ils apporté?

«L’ensemble du caucus du Parti québécois est très solidaire. J’ai trouvé que j’ai eu un accueil extraordinaire au caucus du parti. On est très proche dans le caucus local. Ce sont des guides très sympathiques.»

Pierre Karl Péladeau était le chef du PQ quand vous avez été élue. Jean-François Lisée a pris sa place et a mis la souveraineté en veilleuse. Quelle place occupe l’indépendance dans votre engagement politique ?

«La souveraineté prend une place très importante. Une des raisons pour lesquelles je me suis lancée en politique, c’est pour faire la souveraineté. J’ai choisi le Parti québécois parce que je veux faire l’indépendance du Québec. Ça reste encore une priorité pour moi. Actuellement, on a un chef qui a son plan de match. Gagner la prochaine élection et, en 2022, enclencher le processus. J’embarque là-dedans. On vit avec ça et l’idée est de se donner les meilleures chances possible pour y arriver.»

On a décrit le PQ comme un parti figé et vieillissant. Dans le comté de Chicoutimi, y a-t-il des jeunes qui s’impliquent pour votre parti ?

«Vous faites référence aux commentaires de Paul St-Pierre Plamondon, je crois qu’il faut les mettre en perspective. Ce n’est pas son opinion à lui. Il est allé rencontrer les gens qui ne sont pas du Parti québécois. C’était naturel d’avoir une opinion péjorative du PQ. On ferait l’exercice avec les autres partis et ça donnerait la même chose. Allez voir les gens qui ne sont pas du Parti libéral, demandez-leur ce qu’ils en pensent et vous allez avoir une opinion négative du PLQ. C’était un exercice très sain, mais le rapport de St-Pierre Plamondon représente l’opinion des gens qui n’adhèrent pas au PQ.»

Mais dans votre comté, est-ce qu’il y a des jeunes qui s’impliquent dans le parti ?

«Je vous dirais que les jeunes ne s’intéressent pas à la politique en général. Il y a plus de jeunes au Parti québécois qu’il y a de membres au total dans le Parti libéral. On ne se leurrera pas, les jeunes ne sont pas particulièrement intéressés par la politique.»

Que manque-t-il au PQ pour gagner la prochaine élection ?

«Il ne manque rien, on est prêt. On travaille là-dessus: gagner les élections et faire la souveraineté. Je suis une pure et dure, et je travaille pour ça.»