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Les pirouettes de Canailles

Le groupe Canailles, au Divan Orange, à Montréal, Québec, Canada, le lundi 24 avril 2017.
SÉBASTIEN ST-JEAN/AGENCE QMI
Sébastien St-Jean / Agence QMI Le groupe Canailles, au Divan Orange, à Montréal, Québec, Canada, le lundi 24 avril 2017. SÉBASTIEN ST-JEAN/AGENCE QMI

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Après plusieurs mois passés à bourlinguer de la Pologne jusqu’en Louisiane, le groupe montréalais Canailles lance son troisième album studio, Backflips. Plus poli, sans être assagi, ce nouvel opus lumineux et joyeux nous donne à voir une formation au sommet de sa forme.
 
La tournée européenne de Canailles tirait à sa fin.  Après des semaines faites de centaines de kilomètres avalés par leur van de tournée, ponctuées d’anecdotes tellement rocambolesques qu’elles ne se racontent pas sur papier, les huit musiciens de Canailles étaient sur le point de se taper 17 heures de route pour atterrir au beau milieu d’un champ en Pologne.
 
«On est arrivés là-bas, et on s’est dit : my god, c’est donc ben trash ici! C’était un espèce de Woodstock. Il y avait des bands de métal polonais, deux ou trois groupes anglos, et nous!», raconte en riant Daphné Brissette, la chanteuse principale de la formation.
 
Si les musiciens s’attendaient à passer sous le radar, la réalité les a bien vite rattrapés : ce sont plus de 20 000 personnes qui se sont entassées devant la scène extérieure où Canailles a déversé son «mur de son».
 
 «J’ai comme l’impression que la musique fait ben gros la job. Personne ne nous comprend, mais on arrive avec des percussions, de l’accordéon, une planche à laver, des guitares. Ça fait du bruit, pis il y a de quoi qui musicalement arrive à toucher le monde», croit pour sa part Erik Evans, joue la mandoline au sein de Canailles.
 
Les fripons heureux

Désormais loin des moshpits polonais, les deux musiciens sirotaient leur bière au Vices et Versa, dans l’œil d’une tempête musicale qui reprendra de la force sous peu. Entre les tournées effrénées qui ont suivi la sortie de Ronds-points en 2014 et celles qui sont déjà prévues pour Backflips, les artisans de Canailles se sont permis de souffler.
 
Le batteur Étienne Côté et le guitariste Olivier Delisle se sont taillés une place au sein de la formation, et Alice Tougas St-Jak, Antoine Tardif, Benjamin Proulx-Mathers, Annie Carpentier et Daphnée Brissette se sont cloîtrés ensemble dans le chalet d’Erik Evans.
 
«Quand on arrive, un fait une grosse bouffe. Le lendemain, chacun se lève à son rythme. Certains écrivent pendant que d’autres jouent du banjo le matin, sur le bord de l’eau. Finalement, on a l’impression que personne crisse quoi que ce soit durant la journée, mais on sort de là avec plein de nouveau matériel à chaque fois», lance en riant Erik Evans.
 
Les deux nouveaux venus ont ajouté leur touche au son americana de Canailles, et le groupe a fini par accoucher d’un album blues, gospel, qui amène une brise de nostalgie sans jamais tomber dans la mélancolie.
 
«On voulait être réalistes, exprimer notre quotidien, on voulait pas tomber dans les tounes plaintives pis faire pitié. T’sais, on essaie de rentrer dans une vie d’adulte, mais en même temps on est des partys animals...Comment on conjugue nos responsabilités avec notre métier vraiment fucké?», détaille Daphné Brissette.
 
«C’est un album plus optimiste, où il y a toujours des solutions. Il y a pas mal de tounes qui disent : oui, c’est de la marde, mais on va essayer de faire quelque chose de bien avec ça. Notre album est explosif, un genre d’échappatoire. C’est ça qu’on essaie d’offrir dans nos shows, on veut que le monde oublie leur semaine, et au final c’est notre soupape à nous aussi», renchérit Erik Evans.
 
Studio sans artifices

Voilà déjà sept ans que Canailles roule sa bosse. Plus expérimentés, un peu plus matures, les musiciens avaient envie d’un opus plus travaillé, tout en conservant l’aspect sale et rugueux qui caractérise leur œuvre depuis toujours. Les huit comparses ont alors fait le pari risqué d’enregistrer live, tous entassés dans un petit studio.
 
«On aime que notre musique ait des défauts, qu’elle ne soit pas parfaite. Ça fait une différence, d’avoir l’énergie de toute la gang», souligne Daphné Brissette.
 
Là réside le liant, la colle qui réussit à garder autant de monde ensemble depuis si longtemps : l’amitié, un esprit de groupe à tout casser. «On a jamais regardé en avant. On a parti ça pour le fun, chaque étape est du fun de plus, on a pas d’ambition. Pis même quand on essaie de prendre un break les uns des autres, on se retrouve tous dans le même bar le soir venu», admet Erik Evans.

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