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Des projets retardés par le 3e lien?

«En fait, à peu près tout est remis en question à cause du projet de troisième lien», a résumé la députée péquiste Agnès Maltais.
Photo Simon Clark «En fait, à peu près tout est remis en question à cause du projet de troisième lien», a résumé la députée péquiste Agnès Maltais.

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Des projets forts attendus souffrent de l’incertitude entourant un éventuel troisième lien et l’avenir du transport en commun dans la Capitale-Nationale, déplore l’opposition officielle.

Selon la députée péquiste Agnès Maltais, les avis d’experts rapportés dans les pages du Journal confirment pourtant ce que plusieurs savaient déjà: «les gens vont passer autant, sinon plus d’heures dans leur voiture avec un troisième lien», a réagi la députée péquiste Agnès Maltais. L’argument massue des pro-3e lien vient enfin «de tomber», s’est-elle réjouie.

Le sujet a été longuement discuté à l’étude des crédits budgétaires de la Capitale-Nationale, où l’on se croyait presque à l’étude des crédits aux Transports.

«En fait, à peu près tout est remis en question à cause du projet de troisième lien», a résumé la députée péquiste Agnès Maltais, au sortir de l’exercice d’une durée de trois heures.

Confusion sur le futur pont de l’Île-d’Orléans

À la suggestion du député caquiste Éric Caire, le ministre responsable de la région, François Blais, a laissé comprendre que les travaux du futur bureau de projet sur le troisième lien pourraient éventuellement s’arrimer à ceux du nouveau pont de l’Île-d’Orléans.

Sa construction annoncée en 2010 par Sam Hamad sera-t-elle terminée en 2024, tel que prévu?

Confronté à la dernière minute par son collègue libéral de Montmorency, Raymond Bernier, le ministre a finalement tenté de rassurer les insulaires après avoir semé le doute. «2024, c’est un rendez-vous», a dit M. Blais.

En mêlée de presse, le ministre a plus tard réitéré que le projet de 3e lien pourrait avoir «des conséquences» sur le nouveau pont de l’Île, «un projet qui peut être amélioré». «Mais pour le moment, c’est toujours 2024», a-t-il souligné.

Quant au troisième lien, le ministre ignore toujours s’il sera situé à l’est ou à l’ouest, un choix qu’il laisse aux experts du futur bureau de projet, dont on ignore encore l’échéancier et l'organigramme.

«Quelle horrible confusion. Je ne pensais jamais dire ça un jour, mais je m’ennuie vraiment de Sam Hamad», a lancé Éric Caire devant les journalistes.

Tête des ponts

Le ministre s’est fait aussi évasif en ce qui a trait à la reconfiguration de la tête des ponts, dont la présentation par le gouvernement avait été annulée à la dernière minute, il y a deux ans.

Outre des travaux sur une bretelle qui devraient débuter cet été, une partie des améliorations projetées dans ce secteur «dépendait (et) dépendra de la solution» de remplacement du défunt projet de Système rapide par bus (SRB), a dit M. Blais.

DES RÉACTIONS

« On a besoin de changer de paradigme et la façon dont se font les investissements en infrastructures de transport. Actuellement, c’est vraiment le transport routier, mais il faut faire le changement vers des solutions qu’on n’a pas encore beaucoup essayées. »

– Étienne Grandmont, directeur général d’Accès transports viables

« Je trouve intéressant que des universitaires se penchent sur l’enjeu, mais on doit relativiser un avis théorique. Prenez le citoyen qui part de Montmagny et qui s’en va à Charlevoix, prenez le camion­neur qui part de Montréal et qui s’en va sur la Côte-Nord. Ces avis semblent complètement l’ignorer. »

– Steven Blaney, député fédéral de Belle­chasse- Les Etchemins-Lévis

« Une région qui souhaite continuer de se développer a besoin d’une infrastructure en transport en commun qui est solide, confortable, régulière et rapide. Partout au pays, c’est ce qu’on observe. Ça s’applique aussi à la région de Québec. Pour que la région continue à se développer, ça prend un meilleur système.
Le gouvernement va être là pour appuyer les villes. »

– Jean-Yves Duclos, ministre fédéral de la Famille

« (Le troisième lien) ça fait partie de la solution. [...] La mise à jour de nos infrastructures fait partie de la solution. Ce n’est pas la totalité de la solution, mais il y a d’autres choses qu’il va falloir faire, notamment (pour) le transport en commun. »

– Éric Caire, porte-parole de la Coalition Avenir Québec pour la Capitale-Natio­nale

« Ça va prendre du transport
en commun pour régler le problème de la congestion. [...] Toutes les grandes villes ont ça, un bon système de transport en commun. Qu’est-ce qu’on attend? »

– Agnès Maltais, porte-parole du Parti québécois pour la Capitale-Nationale