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Le caribou migrateur en voie de disparition

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Le caribou migrateur de l’Est est devenu lundi une espèce en voie de disparition, selon un comité d’experts scientifiques responsables de conseiller le gouvernement canadien.

Au Québec, la population des caribous migrateurs de l’Est est composée des hardes de la rivière George et de la rivière aux Feuilles, dans le Nord-du-Québec, qui ont respectivement subi des déclins de 99 % et 54 %, a indiqué le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Ce comité qualifie même de «célèbre» la harde de la rivière George.

«[La population] se chiffrait à plus de 800 000 individus en 1993, mais les effectifs ont maintenant chuté à un niveau sans précédent, soit à quelques milliers d’animaux», écrit-il.

Meilleure protection réclamée

Les changements climatiques sur l’habitat naturel des caribous, les techniques modernes de chasse après un déclin majeur de la population et les grands projets de développement industriel sont les principales menaces à la survie des caribous, souligne de son côté la Société pour la nature et les parcs (SNAP) Québec. Celle-ci appelle à une «meilleure protection des habitats naturels des espèces menacées».

«C’est majeur. Il faut que les autorités se saisissent de la situation immédiatement. Visiblement, ce qu’on fait en ce moment n’est pas suffisant», a lancé au Journal Alain Branchaud, biologis­te et DG de SNAP-Québec.

«Il faut mettre les chances de leur côté pour leur permettre d’augmenter leur population, fait valoir Alain Branchaud. On salue la décision de Québec d’interdire la chasse au caribou.»

Critique

Le biologiste est toutefois critique sur certaines façons de faire du gouvernement, notamment pour le Plan Nord.

«Il faut planifier pour désigner les 50 % du territoire qui seront mis à l’abri des activités industrielles. On fait l’inverse en identifiant d’abord les sites d’intérêt industriel», fait-il remarquer.

M. Branchaud rappelle «l’idée de la construction de la Route inuite pour relier Kuujuuaq au sud du Québec».

«Pour défendre le tracé de cette route qui traverserait l’un des derniers milieux intacts de la planète, on se cache derrière des arguments sociaux visant à améliorer l’employabilité des communautés du Nord alors que ce même projet fragmente l’habitat d’une espèce indissociable du mode de vie de plusieurs d’entre elles», a dénoncé dans un communiqué Isabelle Bérubé, responsable du dossier du Plan Nord à la SNAP-Québec.

L’organisme a d’ailleurs demandé à nouveau au gouvernement du Québec d’organiser un Sommet extraordinaire sur la biodiversité «pour trouver des solutions».