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Québec et Lévis: chacun pour soi sur les questions de transport

Seance du conseil de la ville de Quebec, le maire Régis Labeaume
Photo Daniel Mallard Régis Labeaume estime que le gouvernement a bien fait d’injecter 20,5 millions $ dans un bureau de projet, mais il s’attend en retour à des informations claires.

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La dissension s’accentue entre Québec et Lévis sur les questions de transport. Après le SRB, les deux maires se sont opposés sur la question du troisième lien, lundi, chacun prêchant pour sa paroisse.

Les deux maires ont été appelés à commenter le reportage publié lundi dans Le Journal. On y rapportait l’avis de nombreux experts qui affirment que le troisième lien ne réduira pas la congestion dans la région.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a martelé que cette question devait être éclaircie dans le cadre du bureau de projet de 20,5 millions $ annoncé par le gouvernement. Celui-ci ne doit pas seulement étudier la faisabilité technique du projet, dit-il, mais aussi son impact sur la circulation dans sa ville.

M. Labeaume a formulé ses demandes au ministre des Transports, Laurent Lessard, et attend des réponses «sensées, concrètes, intelligentes, documentées», mais il a claironné qu’il ne s’intéressera qu’à ce qui touche la capitale.

«C’est une idée qui est très appelante [le troisième lien] pour les gens de Québec et Lévis, mais, moi, je m’occupe de Québec. [...] Il faut travailler de façon honnête et objective. De mon point de vue à moi, comme maire de Québec, les seuls arguments qui vont peser, c’est les avantages et les inconvénients pour les gens de Québec. Uniquement.»

Félix-Leclerc

Il se questionne entre autres sur la masse de véhicules qui aboutiront sur l’autoroute Félix-Leclerc si un troisième lien est construit dans l’est. «Les bouchons vont, le matin, jusqu’à Seigneuriale. Ça serait quoi, l’impact de quelques milliers de voitures de plus? C’est des questions auxquelles il faut répondre.»

Peu de cas des experts

De l’autre côté du fleuve, le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, a balayé du revers de la main l'opinion des experts interrogés par Le Journal. Pour lui, l’expertise, c’est le ministère des Transports qui la détient.

M. Lehouillier regrette par ailleurs que certains «voient encore Lévis comme une ville de bungalows», alors qu’il s’agit d’une «ville entièrement autonome par rapport à son développement».

Il s’est malgré tout dit «convaincu» que la congestion routière serait réduite par le troisième lien. «Les ponts [actuels] sont [...] rendus, depuis plusieurs années, au-delà de leurs capacités. Il y a lieu d’envisager un troisième lien qui serait quant à nous à l’est», a-t-il répété.

Gilles Lehouillier a ramené sur le tapis l’argument du développement économique qui est, selon lui, tributaire du bouclage de réseau autoroutier. «Le troisième lien est une nécessité.»

– Avec la collaboration de Taïeb Moalla