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Les Sea Dogs humiliés par les Otters

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WINDSOR | Une soirée pour le moins humiliante des Sea Dogs de Saint-Jean, lundi, au tournoi de la Coupe Mémorial. Ils ont encaissé une cuisante dégelée de 12 à 5 devant les Otters d’Érié.

Les champions de la Ligue de l’Ontario n’ont fait qu’une bouchée de ceux de la LHJMQ dans un derby offensif.

Avec un dossier d’aucune victoire et deux défaites, les Sea Dogs présentent la même fiche que les Thunderbirds de Seattle, leurs prochains adversaires. Ils ne peuvent se permettre de l’échapper ce soir. Le gagnant accédera à la demi-finale, le perdant retournera au bercail.

Dans un deuxième match de suite à Windsor, la formation des Maritimes n’a pas montré sa véritable identité. Remplie de bonnes intentions depuis 48 heures, elle s’est tirée dans le pied en se débarrassant trop souvent de la rondelle et en multipliant les gaffes en défense, incapable de rivaliser de vitesse. Devant une attaque aussi redoutable que celle des petites Loutres des Grands Lacs, c’était fatal.

La bande à Dylan Strome s’en est donné à cœur joie en découpant la défense de Thomas Chabot en petits morceaux.

«Nous n’avions pas de transition et nous ne nous supportions pas. Nous n’avons pas joué ensemble. C’est gênant et dur à ­avaler», a témoigné Julien Gauthier.

Des records

Le capitaine Strome a mené le bal avec une étincelante performance de quatre buts et trois aides. Avec ses sept points, il a ainsi établi un record dans ce tournoi national, améliorant la marque de six points en un match de Joe Contini, des Bruins de New ­Westminster en 1976, et Guy Rouleau, des Olympiques de Hull en 1986.

Raddysh a réussi un doublé et ajouté quatre aides tandis que Cirelli a quant à lui touché la cible en plus de distribuer trois passes dans ce rodéo offensif présenté au WFCU Center. Alex DeBrincat a aussi contribué à cette victoire éclatante avec ses quatre points, comme le défenseur Darren Raddysh, auteur d’une paire d’as.

L’attaque massive a frappé cinq fois à ses sept occasions, contribuant au ­massacre.

Avec leurs 12 buts, les Otters ont pulvérisé un record de la Ligue canadienne. En 1974, les Remparts de Québec avaient lessivé les Black Hawks de St Catherines en marquant 11 buts en demi-finale. Un exploit qu’avaient répété les Pats de Régina ­devant les Royals de Cornwall en 1980.

Ouverture des écluses

L’entraîneur-chef des «Dogs de Port City», Danny Flynn, avait prédit un match ouvert, il a été servi dès la ­première période.

Après voir vu Raddysh ouvrir le score à la 66e seconde d’un laser que n’a jamais vu le gardien Callum Booth, Cédric Paré a créé l’égalité. Mais pas pour bien longtemps. Les Otters ont répliqué trois fois plutôt qu’une.

Mathieu Joseph a ensuite réduit l’écart sur une superbe pièce de jeu qu’il a orchestrée avec Thomas Chabot. Les Ontariens ont aussitôt riposté en chassant Booth avant de retourner au vestiaire. Sans aucune expérience éliminatoire, Alex D’Orio est venu en relève.

L’entracte n’a pas permis aux Loups de mer, blessés et ensanglantés durant les attaques répétées, d’arrêter l’hémorragie. Ils ont alloué quatre autres buts au second vingt, dont deux en supériorité numérique.

Ils ont continué à dépecer leurs ­pauvres adversaires avec trois autres buts au dernier tiers en ajoutant l’insulte à l’injure. Paré, avec son deuxième du match, et Julien Gauthier ont déjoué Troy Timpano avant la sirène finale.

« On doit se regarder dans le miroir » – Thomas Chabot

Un mot est revenu dans toutes les réactions des joueurs des Sea Dogs après cette ­raclée en règle: «embarrassant».

«Il n’y a rien de plus à dire, a indiqué le défenseur Thomas Chabot, qui a tout de même terminé la soirée avec un différentiel positif. Je ne me rappelle pas la dernière fois où je me suis fait humilier comme ça. On doit se regarder dans le miroir. Il n’y a personne d’autre à blâmer.»

Ses Sea Dogs n’ont jamais été dans le coup. Vilipendés dans tous les aspects du jeu. Ils ont d’ailleurs alloué 39 tirs aux Otters.

«On ne s’est pas présenté pour jouer. Ce n’est pas arrivé au bon moment. Il n’y a rien de positif à tirer de ce match, a statué Mathieu ­Joseph. C’était le match des Otters de la première à la 60e minute.»

«La bonne chose, c’est que toutes ces erreurs et ce pointage ne signifient plus rien, a signalé le gardien Callum Booth, qui a bloqué neuf des 14 tirs avant de céder sa place à la recrue Alex D’Orio, jeté aux fauves. Mardi, il faudra jouer comme si la saison en dépendait.»

Cette belle saison en dépend effectivement puisqu’un revers renverrait les Sea Dogs à Saint-Jean.

L’instructeur Danny Flynn espère maintenant que ses hommes s’inspireront des Spitfires de 2009. Ils avaient perdu les deux premiers matchs à ­Rimouski avant de soulever la coupe Memorial.