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5 fois plus cher pour retaper deux vieux traversiers

La cure de jouvence passera de 8 millions $ à 39 millions $

Traversier NM Armand-Imbeau
Photo courtoisie La Société des traversiers du Québec prévoit relocaliser les deux actuels traversiers de Tadoussac, NM Armand-Imbeau (photo) et NM Jos-Deschênes, à Sorel-Tracy. Ils devront toutefois subir d’importants travaux de mise aux normes.

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Le festival des dépassements de coûts se poursuit à la Société des traversiers du Québec: retaper deux vieux traversiers destinés à la liaison Sorel-Tracy–Saint-Ignace-de-Loyola coûtera au moins 39 M$, soit cinq fois plus cher qu’estimé au départ.

La STQ prévoit, depuis quelques années, relocaliser les deux actuels traversiers de Tadoussac (NM Armand-Imbeau et NM Jos-Deschênes) à Sorel-Tracy.

Le jour où ils seront enfin remplacés par les navires jumeaux en interminable construction au Chantier Davie, les deux traversiers quasi quarantenaires subiront d’importants travaux de mise aux normes.

Cette cure de jouvence s’annonce beaucoup plus dispendieuse que prévu, révèle un document obtenu par notre Bureau parlementaire à la suite d’une demande d’accès à l’information.

Révision à la hausse des coûts

Au printemps 2014, la STQ avait déjà révisé au double, soit de 8 M$ à 16 M$, le budget estimé pour l’adaptation des deux vieux navires. La plus récente évaluation inscrite au plan d’immobilisation de la société d’État indique maintenant 39 M$.

Selon la porte-parole de la STQ, Cynthia Boissonneault, cette révision à la hausse des coûts s’explique notamment par le remplacement imprévu d’importantes structures d’acier, le rehaussement de la timonerie pour des raisons de sécurité et un réaménagement des espaces afin d’offrir davantage de confort aux passagers.

 Le NM Jos-Deschênes, à Sorel-Tracy.
Photo courtoisie
Le NM Jos-Deschênes, à Sorel-Tracy.

10 M$ de plus pour les quais

La situation ne s’annonce guère mieux pour ce qui est des quais de Sorel-Tracy, qui doivent être adaptés afin de pouvoir accueillir les deux traversiers revampés.

On savait déjà que les coûts de ces travaux étaient passés de 10 à 40 M$. En réponse à une question de la Coalition avenir Québec, lors de l’étude des crédits budgétaires, la STQ a rapporté qu’elle était en demande afin d’obtenir 10 M$ supplémentaires pour ce même projet.

Cette hausse serait cette fois attribuable aux agrandissements des aires d’attentes prévus tant du côté de Sorel que de Saint-Ignace-de-Loyola, selon les explications de Mme Boissonneault. La STQ a aussi décidé d’harmoniser ses travaux avec le projet «Écomonde» de la Ville de Sorel-Tracy.

Ces dépassements de coûts s’ajoutent à de nombreux autres observés au cours des dernières années à la STQ.

Deux nouveaux traversiers

Par ailleurs, la société d’État, qui est depuis quelques semaines sans directeur général et sans président du conseil d’administration, ignore toujours combien elle devra débourser de plus pour ses deux nouveaux traversiers en construction à la Davie. Selon ce qui circule depuis quelques mois, la facture des deux bateaux, qui devait se chiffrer à 125 M$, dépasserait maintenant les 200 M$.

Encore des problèmes avec le NM F.-A.-Gauthier

Traversier NM Armand-Imbeau
Photo d'archives

 

La Société des traversiers du Québec a renvoyé son nouveau traversier de Matane au garage sans savoir combien il en coûtera pour le faire réparer.

Le traversier de construction italienne, qui a coûté 175 M$ en 2015, est en arrêt technique depuis le 20 avril dernier.

Après une seule année de service, déjà plus de 200 bris avaient été répertoriés sur le NM F.-A.-Gauthier, pourtant flambant neuf.

Garantie échue

Si plusieurs des problèmes ont d’abord pu être couverts par la garantie du fabricant, cette dernière est venue échéance le 19 avril 2016.

Cette fois-ci, tous les travaux seront à la charge de la STQ, à l’exception des chaises de la cafétéria du navire, que le constructeur a accepté de remplacer à ses frais en raison de leur usure prématurée.

Un document obtenu par notre Bureau parlementaire à la suite d’une demande d’accès à l’information révèle que la STQ doit notamment procéder au remplacement de matériaux isolants du navire, modifier les lignes d’alimentation au gaz naturel liquéfié (GNL), modifier le système d’eau potable en plus de remplacer certaines portes et fenêtres.

Combien devrait coûter l’opération? «Il n’y a pas d’évaluation de coûts qui est faite spécifiquement pour cet arrêt technique», a indiqué la porte-parole de la société d’État, Cynthia Boissonneault.

1 M$ par année

«Les coûts sont compris dans les opérations régulières de la STQ», a-t-elle ajouté.

Selon les informations diffusées sur le Système électronique d’appel d’offres (SEAO), depuis son acquisition, le F.-A.-Gauthier a coûté, jusqu’à maintenant, plus ou moins un million de dollars par année en pièces, travaux et entretien de toutes sortes, soit presque autant que le navire précédant, qui datait de 1974.

En attendant son retour en service, la STQ a dû se tourner vers le CTMA Vacancier, qui fait normalement la liaison entre Montréal et les Îles-de-la-Madeleine, pour prendre le relais entre Matane–Baie-Comeau et Godbout.

Le mois dernier, la STQ a déboursé 2,3 M$ pour envoyer le prédécesseur du NM F.-A.-Gauthier, le NM Camille-Marcoux, au recyclage.