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Précieux temps

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Dans le débat émotif du transport à Québec, le meilleur moyen de ramener du gros bon sens dans les discussions consiste à se rappeler pourquoi il serait souhaitable de doter la ville d’un système de transport collectif structurant.

Demandez à n’importe quel travailleur ou parent ce qui lui manque le plus, et il vous répondra la même chose. Qu’il se trouve à Québec ou ailleurs, il vous dira qu’il manque de temps. Par conséquent, le meilleur moyen de convaincre du bien-fondé d’investir dans un système de transport en commun consiste à expliquer aux gens pourquoi et comment ils vont gagner du temps.

Car c’est effectivement ce qui se produira. Ça ne signifiera pas que les quelque 62 % de déplacements en voiture (données de la plus récente enquête Origine-Destination) se feront désormais en autobus. Ou que le pourcentage des utilisateurs du transport collectif, qui se situe autour de 14 %, explosera pour atteindre la majorité. Mais ça pourrait signifier que la part des utilisateurs de transport en commun pourrait doubler, ce qui se traduirait déjà par un impact immense sur nos routes.

Rêver en couleurs ?

Maintenant, le maire rêve-t-il en couleurs lorsqu’il dit souhaiter un projet qui ferait consensus? J’aurais tendance à dire que oui.

Ce n’est toutefois pas l’avis d’Érick Rivard, architecte et designer urbain, qui siégera au nouveau comité consultatif de la Ville. Québec ne fait pas exception aux autres villes ailleurs en Amérique, et partout, c’est le même principe, argue-t-il.

Pour être attrayant, le système de transport en commun doit permettre de sauver du temps, être efficace et être confortable. J’ajouterais qu’il faudra juste bien informer et convaincre les gens, ce qui n’a pas été fait avec le SRB.

Troisième lien

Par ailleurs, je comprends mal l’acharnement de certains opposants au transport en commun à vouloir mettre en opposition transport collectif et troisième lien. Les sommes annoncées par le fédéral en infrastructures ne concernent justement que le transport collectif.

Si Québec passe son tour, ces sommes seront investies non pas dans un troisième lien, qui ne correspond pas aux critères, mais dans d’autres projets de transport collectif ailleurs au pays, dont à Montréal qui attend notamment du financement pour la ligne bleue de son métro. Il faut quand même donner l’heure juste aux gens.