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Un mauvais aménagement urbain favorise les gaz à effet de serre selon une nouvelle étude

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Photo Archives / Agence QMI

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MONTRÉAL – Les lieux de travail, de magasinage ou de loisir qui sont en périphérie du centre d’une ville et qui sont mal desservis par les transports publics favorisent les émissions de gaz à effet de serre au Québec, selon une nouvelle étude.

En étudiant les déplacements pour les régions de Montréal, de Québec, de Gatineau, de Sherbrooke et de Trois-Rivières, l’organisme Vivre en ville estime que ceux faits vers des lieux qui ne sont pas centraux produisent 64 % à 175 % plus de gaz à effet de serre selon agglomérations étudiées.

«En matière de gaz à effet de serre, les mauvais choix de localisation sont à l’urbanisation ce que les VUS sont au parc automobile», a mentionné Christian Savard, directeur général de Vivre en Ville, par communiqué.

«Nous continuons de bâtir des bureaux et des commerces autour d’échangeurs autoroutiers, de nous étaler toujours plus loin sur les milieux naturels et les terres agricoles, de construire des quartiers sans transport en commun», a ajouté M. Savard.

Par exemple, ceux qui se rendent au quartier DIX30, émettent 77 % plus de gaz à effet de serre en moyenne que ceux qui vont dans le centre-ville de Montréal, facilement accessibles en transport en commun et à pied. À Québec, les citoyens qui vont dans le quartier Saint-Roch pour travailler, magasiner ou se divertir en émettent 25 % que ceux qui se rendent à Sainte-Foy.

C’est pour aller travailler que les émissions moyennes sont les plus fortes, selon l’étude de Vivre en ville qui mentionne que ce type de déplacement est une «contrainte», puisque les employés ne peuvent pas choisir leur lieu de travail. Le rapport conclut que «peu de ménages choisissent leur lieu de vie en fonction de la proximité du lieu de travail, ni, inversement, leur travail en fonction de la proximité de leur résidence».

Pour le magasinage, les consommateurs ont tendance à ne pas trop s’éloigner de la maison et à limiter leur distance de déplacement.

Meilleure planification exigée

Vivre en ville affirme que la planification urbaine doit être mieux pensée pour réduire la pollution.

«La localisation des entreprises et des institutions sur le modèle de l’éparpillement n’est pas soutenable à long terme et ruine les efforts tant individuels que collectifs pour réduire le bilan carbone du Québec», selon l’organisme.

Il recommande donc de limiter les lieux d’emplois et la croissance dans les couronnes des régions métropolitaines, de fixer des cibles fermes de densification urbaine, d’investir massivement dans le transport en commun et de tenir compte de la lutte aux changements climatiques dans l’aménagement.

«Le Québec a devant lui une chance à saisir : utiliser la croissance démographique des 15 prochaines années pour consolider le tissu urbain existant et ainsi rentabiliser les infrastructures, alléger le bilan carbone et soutenir une amélioration de la qualité de vie au quotidien. Manquer cette opportunité, c’est échouer à coup sûr à tenir nos engagements dans la lutte contre les changements climatiques», a dit le directeur général de Vivre en Ville.