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Un tramway à 500 M$ pour Québec

Anne Guérette dévoile son plan de mobilité urbaine qui comprend plusieurs autres mesures

La chef de Démocratie Québec, Anne Guérette, estime que le chantier du tramway Québec–Sainte-Foy pourrait être lancé en 2021. Une deuxième phase pourrait ensuite relier, par exemple, l’arrondissement Charlesbourg au centre-ville de Québec, a-t-elle évoqué.
Photo d’archives, Pascal Huot La chef de Démocratie Québec, Anne Guérette, estime que le chantier du tramway Québec–Sainte-Foy pourrait être lancé en 2021. Une deuxième phase pourrait ensuite relier, par exemple, l’arrondissement Charlesbourg au centre-ville de Québec, a-t-elle évoqué.

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Anne Guérette s’engage à réaliser un tramway de 500 M$ entre la colline parlementaire et Sainte-Foy si elle accède au pouvoir.

La candidate à la mairie et chef de Démocratie Québec a profité du tout premier congrès d’orientation de son parti pour dévoiler son plan de match en matière de mobilité en vue de la prochaine campagne électorale.

Elle propose une série de mesures à court, moyen et long terme pour lutter contre la congestion routière, un enjeu qui monopolise les débats publics depuis des mois à Québec. «Il n’y a pas une pilule miracle à 2 milliards $ qui va régler le problème. C’est un ensemble de mesures», a-t-elle déclaré, lors d’un discours prononcé devant une cinquantaine de militants réunis à l’Université Laval.

«On a discuté, on a réfléchi, on a étudié et Démocratie Québec est prête à mettre en place un système de transport collectif électrique structurant, moderne, rapide, confortable et viable de type tramway entre le pôle Sainte-Foy et le centre-ville», a-t-elle affirmé, rappelant qu’il s’agit de l’«axe le plus achalandé de tout le réseau».

Le parcours, d’une dizaine de kilomètres, coûterait environ 50 M$/kilomètre, selon Mme Guérette, qui base son évaluation sur l’étude de faisabilité tramway/SRB en 2015. Ce projet devrait être subventionné «à 100 % par les gouvernements supérieurs», a-t-elle insisté.

Moins de voies pour l’automobile?

Quant au tracé, elle laisse la porte ouverte, mais n’exclut pas de condamner des voies de circulation s’il le faut.

«On a quand même la chance d’avoir trois voies : Grande Allée, René-Lévesque et le chemin Sainte-Foy. Si on implante un système électrique structurant sur une de ces voies, bien sûr, ça va avoir un impact sur les deux autres et tout ça va devoir être vu dans une vision d’ensemble équilibrée.»

Pas d’expropriations envisagées

Elle n’envisage pas non plus d’expropriations massives qui feraient gonfler les coûts. «Nous, on ne pense pas, comme le maire Labeaume, que ça va nécessiter des expropriations très coûteuses. Ça ne prend pas tant de place que ça [...]. On pense que notre proposition va rallier un grand nombre de citoyens.»

À plus court terme, celle qui aspire à la mairie de Québec propose plusieurs «mesures clés» (voir le tableau) pour bonifier l’offre de transport en commun actuel, notamment dans le pôle «majeur» de Lebourgneuf. Elle espère doubler la part modale du transport en commun - de 10 % à 20 % d’ici dix ans.

Guérette revoit sa position sur le troisième lien

Favorable a priori à un troisième lien interrives dans l’est, la chef de Démocratie Québec a été forcée de revoir sa position en plein congrès, dimanche, en réaction à la contestation des militants.

Avant même d’en avoir débattu, Anne Guérette a dévoilé son plan de match qui prévoyait «à plus long terme [de] développer un nouveau lien» à l’est.

Elle a déclaré à plusieurs reprises devant les membres du parti et les journalistes qu’elle était en faveur du «principe» d’un nouveau lien, avant de modérer son enthousiasme et de se raviser en fin de journée. La proposition finale, retenue par les militants et leur chef, prône finalement la «nécessité de poursuivre les études pour le troisième lien» et suggère prudemment de «se prononcer par la suite».

Comme le maire Labeaume

«Les conclusions du Bureau de projet seront très éclairantes quant à l’opportunité de construire un nouveau lien pour relier la ville à Lévis et nous permettront de prendre position de manière responsable», a déclaré Mme Guérette, calquant la position du maire Labeaume, qui demande encore à être convaincu de la pertinence du projet.

En assemblée, les militants avaient eu tôt fait de retirer de la proposition le lieu choisi – à l’est – pour la construction d’un troisième lien. D’autres ont fini le travail en exprimant leur malaise et en attaquant l’incohérence du parti qui dit vouloir lutter contre l’étalement urbain.

Même le colistier d’Anne Guérette, Jean Rousseau, a descendu en flammes la proposition initiale. «Je ne comprends pas comment on peut en arriver avec une proposition comme celle-là à l’heure actuelle», a-t-il lâché au micro.

Un autre a proposé un téléphérique, mais le débat à ce sujet a été reporté.

Les mesures à « court terme » proposées

  • Bonifier le service d’Expressbus et de Métrobus dans l’axe nord-sud
  • Créer de nouveaux parcours d’autobus est-ouest pour atteindre le pôle Lebourgneuf
  • Implanter un service de navette vers l’aéroport
  • Nouveaux pôles d’échanges de transport multimodal (Beauport, Charlesbourg, Saint-Émile, Val-Bélair, Cap-Rouge, Belvédère, Saint-Roch, D’Estimauville, etc.)
  • Création d’un «Bureau de la mobilité intégrée»
  • Assurer la consolidation, la fluidité et la sécurité du transport actif (vélo, marche)
  • Mesures incitatives à la densification, à la rénovation et à l’accès à la propriété près des pôles d’emploi