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La classe de Mme C.: Le jour le plus long

Stickman Kids Art Exhibit
Photo Fotolia

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La voilà enfin. Elle arrive.

Non. Il ne s’agit pas de la belle température.

Et donc de la fin tant espérée des récréations intérieures si étourdissantes et beaucoup trop nombreuses en ce printemps diluvien.

Ni de la disparition des pantalons de neige effilochés. Croûtés de calcium. Qui pourrissent aux crochets.

Non.

Je parle de la sortie scolaire.

La vie, c’est comme une boîte de chocolats

Qu’elles soient culturelles, sportives, scientifiques, historiques ou ludiques.

Qu’elles se passent à l’intérieur ou à l’extérieur.

Aussi variées et différentes soient-elles, les sorties scolaires ont cependant toutes une chose en commun.

Elles demandent force, courage, organisation.

C’est comme partir pour la guerre du Vietnam. Ou pour la traversée de l’Antarctique en autonomie complète.

En sortie scolaire, prévoir l’imprévisible ne suffit pas.

Il y a bien sûr le classique: cet enfant qui a le mal du transport et qui vomit dans l’autobus.

Sur le pantalon et les souliers du voisin.

Oui. J’ai oublié de le faire asseoir en avant avec son petit sac.

Ou l’autre qui s’ouvre littéralement un genou en deux. En descendant de l’autobus une fois arrivé.

C’est tôt dans l’horaire de la journée pour se blesser. Avouons-le.

Et cet élève qui a oublié sa boîte à lunch. Et celui qui est arrivé en manches courtes, sans coupe-vent, malgré un froid de canard.

Note: souvent, c’est le même élève!

Des ampoules aux pieds. Une écharde dans le pouce. Une dent qui tombe. Une crise d’asthme. Un pied mariton.

Chantons sous la pluie

Il peut pleuvoir à boire debout. Par en dessous, même. Comme dans Forest Gump. La scène du Vietnam, justement.

Ce rallye en ville. Avec le guide-animateur-comédien au bord de la dépression. Prêt à nous abandonner tous sous cette pluie torrentielle.

26 élèves, un parent-accompagnateur et une prof en lavette. Comateux.

De vrais guerriers. L’armée de Montcalm par contre. Après la bataille.

Il peut arriver aussi qu’il fasse 32 degrés dans un jardin floral de la métropole. Feindre l’émerveillement devant un arbre en forme de lutin. Pour encourager la guide dévouée qui parle toute seule depuis plus d’une heure.

Devant mes 26 saint-bernards, la langue pendante et dégoulinante, se cherchant désespérément un point d’ombre. Un trou d’eau.

Ou au parc aquatique à 14 degrés. Avec les dents qui claquent et les lèvres bleues. Et cette rumeur qui circule. Paraît que Maxime a lancé son sandwich dans la grande piscine.

Superbe!

Mémoires affectives

Retrouver mes élèves dans un cadre autre que celui de l’école. Lâcher prise sur certaines règles habituelles. Permettre la gomme.

M’asseoir avec ma grande Sophie sur le chemin du retour. Bavarder et rire. L’écouter me raconter ses projets de vacances.

Revenir sur les péripéties de la journée en grignotant un fond de sac de croustilles au ketchup humides offert si gentiment par Sébastien. Surpris que j’accepte et que je pige dans son sac avec lui.

Nous avons tous dans le cœur une sortie scolaire du primaire. La destination est souvent floue.

Mais les moments partagés, eux, restent bien gravés.

Bonne sortie!