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Le châtiment de Clara Suspense: Suspense dans la France du 17e siècle

Sergine Desjardins
Photo courtoisie Clément Morin

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Après s’être penchée sur la vie de la première journaliste canadienne-française, Robertine Barry, puis avoir écrit Marie Major et le diptyque Isa, qui porte sur le sort des lépreux à la fin du 19e siècle, la romancière Sergine Desjardins s’est immergée dans la France du 17e siècle dans son nouvel opus, Le châtiment de Clara.

 

À l’été 1688, la bourgeoise parisienne Clara de Longueville, épouse d’un chirurgien réputé, est victime de viol. Lorsqu’elle se réveille, le lendemain de l’agression, sa mémoire lui fait défaut. Peu à peu, les souvenirs reviennent et sèment un doute dans son esprit: serait-ce possible qu’elle ait tué son agresseur?

Autour de ce mystère, d’autres drames s’ajoutent, et la vie de Clara est à jamais bouleversée. Elle risque de tout perdre puisque sa parole – et celle des femmes de son époque – n’a pas beaucoup de valeur aux yeux de la loi et de la société.

La Rimouskoise Sergine Desjardins a travaillé deux années sur ce roman. «J’aime tellement faire de la recherche au niveau historique! À un moment donné, il faut que je m’arrête parce que j’ai de l’information... et je dois essayer de faire quelque chose avec ça. Quand on commence, c’est sans fin: une lecture amène une question, qui amène une autre lecture...», commente-t-elle.

Dans la France du 17e siècle, tout était à apprendre. «Ça demande du courage... mais la passion a pris le dessus et je suis très contente d’avoir terminé. C’est mon préféré parce que j’ai voulu faire un équilibre entre le ressenti émotionnel des personnages, les informations historiques pour bien comprendre le contexte, puis le suspense. C’est écrit au “je”, ce qui m’a permis de travailler plus au niveau des émotions, et il y a beaucoup de suspense, ce qu’il y avait moins dans mes autres livres.»

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Sergine Desjardins avait commencé ce livre en 2006, puis l’avait mis de côté... avant de le recommencer totalement. «Je suis contente parce qu’il y a de nouveaux personnages qui n’étaient pas là en 2006 et qui n’auraient pas pu être là, comme le bourreau. [...] Le personnage d’Alexis s’est imposé en cours de route – c’est peut-être le seul homme qui arrive à comprendre Clara.»

La romancière a remarqué, dans ses recherches, l’absence de crédibilité des femmes, à l’époque, dans les cas d’agression. «Si l’homme n’était pas armé, et qu’elle n’avait pas crié tout le temps qu’avait duré le viol, on ne la croyait pas. La suspicion de la femme, jugée trop libre, c’est inscrit dans les textes de loi. C’est la raison pour laquelle il y avait environ trois plaintes tous les dix ans... et que très peu d’hommes étaient punis. C’est la femme qui était considérée comme coupable, et c’est ce qui m’a choquée le plus quand je lisais sur le sujet.»

  • Sergine Desjardins a été couronnée par le prix Artiste de la ville de Rimouski.
  • Elle a également été récompensée du prix littéraire indépendant Marguerite Yourcenar et du prix Jovette-Bernier.