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Poursuite de 12 M$ contre la Ville de Québec: une affaire «préoccupante mais pas surprenante» dit Guérette

L’«affaire Saint-Cœur-de-Marie» coûtera cher aux contribuables selon Anne Guérette, qui estime que la poursuite de 12 M$ d’un promoteur aurait pu être évitée, n’eût été le style de gouvernance du maire Régis Labeaume.
Photo Didier Debusschere L’«affaire Saint-Cœur-de-Marie» coûtera cher aux contribuables selon Anne Guérette, qui estime que la poursuite de 12 M$ d’un promoteur aurait pu être évitée, n’eût été le style de gouvernance du maire Régis Labeaume.

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L’«affaire Saint-Cœur-de-Marie» risque de coûter cher aux contribuables, selon Anne Guérette, qui estime que la poursuite de 12 M$ d’un promoteur aurait pu être évitée, n’eût été le style de gouvernance du maire Labeaume.

 

La chef de Démocratie Québec a convoqué la presse, mercredi, pour commenter la poursuite en dommages intentée par le propriétaire de l’église de la Grande Allée, Louis Lessard, dont le projet de tour de 18 étages est bloqué.

Il affirme avoir été leurré par la Ville et avoir perdu son temps. Les neuf moutures qu’il a présentées jusqu’ici ont toutes été refusées par la Ville. Un haut fonctionnaire aurait même exigé qu’il s’associe à la firme Pomerleau et aux architectes d’ABCP pour augmenter ses chances de succès pour l’approbation de son projet, allègue-t-il.

Allégations troublantes

Prudente, Anne Guérette a refusé de se prononcer sur le fond des allégations qui devront être tranchées, ultimement, par un juge. Elle les a néanmoins qualifiées de préoccupantes et de troublantes, «mais aucunement surprenantes».

«Saint-Cœur-de-Marie, c’est juste un épisode de plus dans un pattern de gouvernance établi depuis 2007 et qui risque de continuer parce que c’est comme ça que le maire travaille. Peu importe l’issue du dossier, il va y avoir une facture salée au bout du compte, que ce soit en frais juridiques ou des frais qui peuvent aller jusqu’à 12 M$ [...] et ce sont les citoyens de Québec qui vont la payer», a-t-elle déploré.

Si Régis Labeaume avait écouté le souhait des citoyens qui voulaient préserver l’église dès le début, en 2009, l’affaire n’aurait pas dégénéré de la sorte, affirme-t-elle.

«On a changé d’idée sans arrêt dans ce dossier-là. Ç’a été une série de volte-face et de changements de direction. Et là, à l’aube d’une campagne électorale, on lance même un concours d’idées sur un immeuble qui ne nous appartient pas», s’étonne-t-elle.

8 M$ de frais juridiques injustifiés»

Anne Guérette a fait un lien avec plusieurs conflits judiciarisés (voir tableau) qui ont coûté plus de 8 M$ à la Ville de Québec dans les dernières années.

«Il faut que ça s’arrête», a-t-elle lâché, déplorant le «gaspillage» et les «dépenses injustifiées» qui découlent, selon elle, du manque d’écoute et de respect du maire.

Quelques conflits judiciarisés depuis 2007*

Cols bleus c. Régis Labeaume (ingérence du maire dans les affaires syndicales et négociation de mauvaise foi)

  • 195 000 $ en honoraires

Poursuite des cols blancs à la suite d’une déclaration du maire sur les «fonctionnaires incompétents»

  • 103 000 $ en honoraires

Congédiement illégal de 162 cols bleus auxiliaires

  • Compensation monétaire d’environ 150 000 $

Conflit sur la sous-traitance d’une partie de la collecte des ordures et nombreux griefs réglés en 2014

  • 5,5 M$ versés au syndicat des cols bleus

Griefs contre l’ancien v.-p. du comité exécutif Richard Côté

  • 330 000 $ en dommages accordés aux pompiers

Enquête sur le cyberflânage visant une trentaine d’employés

  • 1 083 100 $ en honoraires

Poursuite jugée abusive contre Cogeco

  • 86 200 $ en honoraires

*Le tableau ci-dessus ne constitue pas une liste complète et exhaustive de tous les conflits judiciarisés impliquant la Ville de Québec. Il s’agit de quelques exemples répertoriés par Démocratie Québec, mercredi, lors d’un point de presse. Les chiffres ont été arrondis.