/finance/business
Navigation

La Presse abandonne le papier et coupe 49 postes

Le quotidien La Presse sera 100 % numérique dès le 1er janvier 2018. Son édition papier du samedi sera abandonnée. Ce qui occasionne l’abolition de 49 postes.
Photo d'archives Le quotidien La Presse sera 100 % numérique dès le 1er janvier 2018. Son édition papier du samedi sera abandonnée. Ce qui occasionne l’abolition de 49 postes.

Coup d'oeil sur cet article

Le quotidien La Presse sera 100 % numérique dès le 1er janvier 2018. Son édition papier du samedi sera abandonnée, 49 postes seront abolis.

La direction de La Presse a fait savoir jeudi que sa dernière édition papier du samedi sera le 30 décembre prochain.

Tous les employés de La Presse ont d’ailleurs été convoqués jeudi par la direction du quotidien pour une rencontre d’information.

Sous le couvert de l’anonymat, plusieurs employés de La Presse présents à cette réunion ont noté une «ambiance tendue» alors que certains travailleurs comptant plus de 15 années d’expérience perdront leur emploi au cours des prochains mois.

«C’est une grosse décision. Avec la fin du modèle hybride (papier et numérique), on a des ajustements à faire au niveau de notre structure», a indiqué au Journal le président de La Presse, Pierre-Elliott Levasseur.

Depuis janvier 2016, La Presse ne publiait plus d’éditions papier du lundi au vendredi. Seule l’édition du samedi avait été conservée.

Les postes abolis toucheront tous les départements, a fait savoir M. Levasseur. Au total, 49 postes réguliers et temporaires seront supprimés.

La direction de La Presse précise que la majorité des départs aura lieu d’ici la fin de l’année.

Des programmes de départ volontaires seront aussi présentés aux travailleurs de La Presse au cours des prochains jours.

Les coupes dénoncées

Les syndicats de La Presse ont dit déplorer ces nouvelles compressions au sein du quotidien de la rue Saint-Jacques.

«Au total, celles-ci se chiffrent par centaines depuis une dizaine d'années», ont-ils indiqué par voie de communiqué.

«Si La Presse est touchée par les difficultés économiques qui affectent la presse écrite, les syndicats agiront de manière responsable. Nous avons d’ailleurs déjà proposé des solutions concrètes permettant des économies importantes», a précisé le président du Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse (STIP), Charles Côté.

Les journalistes de La Presse sont en négociation pour un nouveau contrat de travail. La dernière convention collective est échue depuis le 31 décembre 2015.

Encore de la place pour le papier





La décision de La Presse d’abandonner définitivement le support papier devrait permettre aux autres quotidiens québécois de faire le plein d’annonceurs.


«La numérisation des médias n’est pas une surprise. Mais je ne pense pas que le papier soit mort pour autant. Il y a encore un attachement de la part de consommateurs et des annonceurs pour les médias traditionnels», estime la directrice des plateformes médias chez Sid Lee, Émilie McAllister Lapierre
.

«Il y a des annonceurs qui voudront continuer à annoncer sur le format papier. L’assiette publicitaire qui n’est pas en ligne sera partagée avec les joueurs qui restent», note le chercheur associé au Centre d’études des médias, Sébastien Charlton.



Pari risqué

Il faut dire que le pari de La Presse de tout miser sur le numérique et le format tablette est jugé comme «audacieux» par plusieurs analystes du secteur de la publicité et du marketing.

Car comme partout ailleurs sur la planète, les ventes de tablettes sont en chute libre au Québec et les intentions d’achat ne sont guère plus reluisantes.

L’an dernier, les ventes de tablettes ont dégringolé de 12 % au pays, selon les données compilées par la firme IDC.

Au Québec, 51 % des foyers détiennent une tablette numérique. C’est le même ratio qu’en 2015.

Or, seulement 8 % des Québécois ont l’intention d’acquérir une tablette au cours de la prochaine année, selon un coup de sonde mené par le Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO).

Tour cela arrive alors que la rentabilité de l’application La Presse+ paraît de plus en plus difficile à atteindre.

Au dernier trimestre, Power Corporation a enregistré une perte de 29 millions $ pour ses filiales comprenant le Groupe de communication Square Victoria, propriétaire de La Presse+. Depuis cinq ans, les pertes cumulées de cette division ont atteint 309 millions $.

La Presse+, qui avait également annoncé son intention de commercialiser à l’échelle planétaire son application tablette, n’a toujours pas connu le succès attendu. Pour l’instant, seul le Toronto Star a acheté l’application.

Et le Toronto Star a laissé entendre récemment qu’il remettait sérieusement en question l’avenir de son application tablette au sein de l’entreprise.

Plusieurs annonces de mises à pied à La Presse

  • 24 septembre 2015 : 158 postes
  • 8 décembre 2016 : 12 postes
  • 1er juin 2017 : 49 postes

29 millions $ - Perte au dernier trimestre pour la filiale incluant la division de La Presse chez Power Corporation

309 millions $ - Pertes cumulées entre 2012 et 2016 pour la filiale incluant la division de La Presse chez Power Corporation