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André Arthur quitte le studio en plein débat enflammé avec Nathalie Normandeau

André Arthur
PHOTO D'ARCHIVES, DIDIER DEBUSSCHÈRE André Arthur

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La collaboration d’André Arthur et de Nathalie Normandeau a connu un tournant explosif jeudi, alors que le vieux routier a quitté le studio en plein échange musclé où il a injurié le premier ministre Philippe Couillard, la classe politique et même sa collègue...

Tout a commencé lorsque l’animatrice, Nathalie Normandeau, a abordé le sujet de la constitution, alors que le premier ministre Philippe Couillard a annoncé avoir l’intention de convaincre les Canadiens de «refonder» le pays

Selon André Arthur, la stratégie de M. Couillard est une «fumisterie» et une «manœuvre de diversion» qui «marche souvent avec les Québécois» qui oublient soudainement «que tu es un gouvernement merdique».

L’escalade verbale a débuté quand le roi Arthur a écorché l’ex-premier ministre, Robert Bourassa, pour qui Nathalie Normandeau a beaucoup d’admiration, et qui avait employé, selon lui, «la même tactique politique».

«N’oubliez pas que [...] Robert Bourassa a essayé de faire la même chose à un moment donné. N’oubliez pas qu’à cette époque, le manipulateur politique numéro un qui influençait Bourassa, c’était Marc-Yvan Côté. Il n’y a pas de hasard dans la vie. [...] Bourassa, c’était un faible et il se laissait impressionner», a-t-il mentionné avant d’attaquer Philippe Couillard et «ses maudites niaiseries» qui «démontrent qu’il ne fonctionne pas sur 8 cylindres ce monsieur-là».

Puis le ton est monté d’un cran lorsque l’animateur s’est attaqué à la classe politique et particulièrement à la garde rapprochée du premier ministre.

«Là, on vient de déclarer la guerre au reste du Canada pour cacher nos problèmes. Il ne faudrait pas tomber dans le panneau de donner de l’importance à la politique à cause de ça. La politique mérite d’être méprisée et ne mérite pas d’être analysée. [...] Faut-il que les membres du gouvernement Couillard soient des minables, des dénués de testicules politiques ou de génie pour se laisser faire ça? Il n’y en a pas un, pas un depuis hier qui a osé dire: “Ah ouin?” De quel genre de valets il s’est entouré ce salaud-là?» s’est-il exclamé.

Lorsque l’animatrice et ex-politicienne a voulu répliquer, André Arthur lui a coupé la parole et a lancé: «Parlez-moi pas de politique, ça ne m’intéresse pas!»

André Arthur
Photo d'archives

 

Voici un extrait de l’échange corsé qui a suivi:


«Moi ce que je vous dis, c’est qu’il faut prendre le parti des gens qui se sont fait ridiculiser hier soir. Parlez-moi pas de ce qui va se faire au caucus, Nathalie, c’est tellement impertinent par rapport aux préoccupations des gens qui nous écoutent! Arrêtez-moi ça tout de suite!»

«Non! André! Je vous parle d’une réalité que je connais.»

«Oui, mais qui n’existe plus dans l’esprit des gens qui nous écoutent!»

«Les gens veulent comprendre, André.»

«Non. Les gens veulent se faire crisser la paix de la politique. Ils veulent juste qu’on comprenne qu’il n’y a rien à attendre de la politique, qu’il faut mépriser la politique, que les politiciens doivent être changés régulièrement comme les couches de bébés, pour les mêmes raisons.»

«Arrêtez de me dire ce que je dois dire et ce que je ne dois pas dire.»

«Parlez-m’en pas à moi. Moi, ça ne m’intéresse pas.»

«Ben maudit André, si ça ne vous intéresse pas, vous pouvez quitter le studio si vous voulez!»

«Madame veut parler de politique! Moi, ça me fait chier. Je ne viens pas ici pour parler de politique. Ça ne m’intéresse pas la politique. Je méprise les politiciens!»

«Vous en parlez tous les jours André de la politique!»

«D’un angle qui n’est pas de faire croire au monde que la solution est dans la politique. La politique, c’est de la merde!»

«Parfait! C’est votre point de vue! Je ne vous juge pas là-dessus! Moi ce que je suis en train de vous dire, c’est que le premier ministre travaille seul.»

«Je m’en fous! On sait que c’est un imbécile! On sait que c’est un exploiteur!»

«Est-ce que je peux m’exprimer?»

«Non! On sait que c’est un criminel probablement! Tout ce qu’on sait...»

«Ben voyons donc! André!»

«Tout ce que lui ne sait pas, c’est que ça ne nous intéresse pas! Mais vous ne pouvez pas m’intéresser à ça ni les auditeurs de BLVD, en nous parlant de politique! Ça nous fait chier!»

«Ça peut nous faire chier, mais ça peut aussi être le fun d’en entendre parler!»

«Non! Ça n’a plus d’importance! Vous êtes passée dû (sic) avec votre politique!»

«Voyons donc André! Ça fait partie, qu’on le veuille ou non, de notre quotidien!»

«Non, non, non!»

«Oui, André!»

André Arthur
Photo d'archives, Pierre-Paul Biron

 

«Le vôtre! Pas le nôtre!»

«André, on a un Parlement qui adopte des lois, des règlements, qu’on le veuille ou non, André, on vit dans une société où il y a un gouvernement, où il y a un appareil gouvernemental. Oui, ça peut vous faire chier. Oui, vous avez du mépris pour les politiciens, mais André...»

«Pas moi! Les gens qui nous écoutent. Pour eux, la politique, c’est une verrue dans le front du Québec.»

«Là, vous êtes en train de dire à nos auditeurs quoi penser.»

«Non! Je les connais, je leur parle, je sors.»

Le débat s’est davantage enflammé lorsqu’André Arthur a dit trouver «inquiétant» que les gens puissent parler de politique avec Nathalie Normandeau lorsqu’ils la croisent.

«(C’est inquiétant) parce qu’ils pensent que vous êtes une politicienne!»

«André, ce n’est pas parce que je parle de politique, OK, que j’expose mon point de vue, je suis payée pour ça, exposer mon point de vue, mes opinions! On a beau être d’accord ou en désaccord André, c’est comme ça!»

«Ben, parlez-en pas à moi. Moi, ça ne m’intéresse pas.»

«Aujourd’hui ça ne vous intéresse pas? Je vous en parle tous les jours! Pis aujourd’hui ça ne vous intéresse pas?»

«Ben oui, pis je me dis: “Un jour elle va en revenir”! Parlez-moi du prix du lait, parlez-moi du prix du gaz, parlez-moi de la température, parlez-moi de sport, parlez-moi de n’importe quoi, mais crissez-nous la paix avec la politique Nathalie!»

«Non! Si ça me tente de vous en parler de politique André...»

«Parlez-en toute seule! Ça ne nous intéresse pas!»

«Pourquoi vous pensez que j’ai un micro? Les gens sont intéressés parce que j’ai vécu...»

André Arthur
PHOTO DIDIER DEBUSSCHÈRE

 

«Vous en êtes sortie! Mais ils ne savent pas que vous n’en êtes pas sortie.»

«Non André! Les gens m’ont donné un micro parce que mon vécu, mon expérience politique, que vous le vouliez ou non, intéressent encore des gens André. Pis oui, la politique, ça fait suer, pis oui, ça nous rend sans connaissance par rapport aux lois et aux règlements de merde qui sont adoptés. Mais vous n’êtes pas obligé, André, de me mépriser comme vous le faites, parce que j’ai été politicienne un jour.»

«Non, non, non, non! Parce que vous l’êtes encore!»

«André! Pourquoi vous dites que je suis encore politicienne?»

«Parce que vous parlez que de ça!»

«Je ne parle pas que de ça!»

«Arrêtez! Parlez-moi de choses proches du monde un peu!»

«C’est ce qu’on fait tous les jours!»

«Non! La politique, ce n’est pas près du monde pantoute!»

«Je ne fais pas que parler de politique André. Ce n’est pas ça que je fais tous les jours. Je parle d’un paquet d’autres sujets! Savez-vous quoi? Depuis que j’ai quitté la politique, j’ai développé ce qu’on appelle de la polyvalence et de la versatilité.»

«Good, montrez-le astheure!»

«C’est ce que je fais depuis septembre dernier!»

«Non! Vous me parlez de politique et à chaque fois que vous parlez d’un problème, vous arrivez à la solution politique, à l’interprétation politique, au rôle du politique! C’est de la marde pour le monde qui vous écoute!»

«C’est de la marde pour vous!»

«Non! Il n’y a aucun respect pour ce genre de sujet-là, dans la population qui vous écoute! Éloignez-vous de la politique, vous allez rejoindre le monde!»

«Non! André je suis en désaccord totalement avec vous.»

«Nous, on pense que vous pouvez nous donner les informations dont on a besoin pour confirmer notre mépris de Philippe Couillard. Pas nous dire: “Il faut le comprendre, il fait ci, il fait ça.” On s’en fout! On le méprise! Il nous vole!»

«Vous, vous vous en foutez André!»

«Non! Je parle au nom des gens qui sont près de moi, que je connais, que je côtoie chaque jour et qui n’ont que du mépris pour la politique!»

«Il y a peut-être une partie de vos auditeurs qui partage votre opinion, mais il y a une partie aussi de nos auditeurs ici qui sont bien contents d’entendre Nathalie Normandeau dire comment ça se passe dans un caucus, comment on prend une décision.»


André Arthur a finalement quitté le studio après que sa collègue eut débâti son argumentaire:

«André, tout est politique dans notre société, ou presque, qu’on le veuille ou non. C’est comme ça. Ce qui vous fait suer, ce n’est pas de parler de politique, parce que je vous parlerais de Donald Trump et ça vous plairait probablement. Je pourrais vous parler de l’Accord de Paris et du fait que Trump a décidé de quitter l’Accord de Paris, mais ce qui vous fait suer, c’est Philippe Couillard! Vous n’arrêtez pas de le mépriser, Philippe Couillard. Moi, ce que je vous dis, c’est qu’il ne prend pas toujours les bonnes décisions, André, mais moi je ne peux pas, comme vous le faites, mépriser les politiciens. Je vais vous dire pourquoi je ne peux pas le faire.»

«Parce que vous voulez y retourner madame!»

«Non, pas du tout! Absolument pas!»

«C’est votre giron. C’est là que vous avez été formée. C’est là que vous avez été heureuse et c’est là qu’on vous a donné de l’importance. Maintenant, vous êtes à la radio et les auditeurs de radio, en majorité, méprisent le monde de la politique et sont très contents que vous en soyez sortie, alors sortez-en!» a-t-il dit.

André Arthur
Photo Didier Debusschere

Puis l’animateur a taxé l’animatrice de faire une erreur en n’expliquant pas aux gens pourquoi ils ne devraient pas prendre les politiciens «au sérieux».

«André, je ne commets pas d’erreur ici. Ce que vous voulez, ce n’est pas de vivre dans une dictature, vivre dans une société où il n’y a ni lois, ni élus, ni politiciens? Pourquoi il y a des élus que vous ne méprisez pas? Maxime Bernier et Josée Verner en font partie.»

«Bon. Là, c’est assez. C’est assez», a-t-il dit en quittant le studio.

«Ben c’est ça! Partez! Merci!» a conclu Mme Normandeau.

Vendredi, M. Arthur n'a pas fait son segment habituel avec l'animatrice. 

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