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Les religions s’unissent contre la famine

Chrétiens, juifs et musulmans rassemblés à Québec autour d’une même cause

Les religions s'unissent contre la famine
Dominique Lelièvre L'abbé Alain Pouliot, Guy Des Aulniers, coordonnateur pour Caritas Canada, Marie-Claude Lalonde, directrice de l’Aide à l’Église en détresse, Eta Yudin, vice-présidente du Centre consultatif des relations juives et israéliennes-Québec, Boufeldja Benabdallah, cofondateur du Centre culturel islamique de Québec, Abdelbasset Benaïssa, directeur régional d’Islamic Relief Canada et la Révérende Darla Sloan, pasteure de l'église Unie Saint-Pierre & Pinguet

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Les communautés religieuses s’unissent partout au pays pour combattre la famine qui menace quelque 20 millions de personnes en Afrique et au Moyen-Orient. À Québec, chrétiens, juifs et musulmans étaient réunis, mercredi, pour se montrer solidaires.

Dans une lettre ouverte, 27 leaders religieux du Canada demandent à leurs communautés respectives et à toute la population de se mobiliser pour faire face à la crise humanitaire qui sévit au Soudan du Sud, en Somalie, au Nigéria et au Yémen.

«Priez, donnez, parlez-en», indique-t-on dans cette missive, relayée par les représentants de quatre organisations religieuses de charité qui étaient rassemblés à Québec à l’initiative du diocèse.

«Nous ne pouvons fermer les yeux, détourner notre regard», a insisté le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, qui s’est exprimé par vidéo depuis le Nouveau-Brunswick, invitant ses fidèles à se montrer généreux et à intéresser leur entourage à la cause.

Désastres humains

La crise est exceptionnelle par sa dimension, mais aussi par ses origines, puisque l’homme en serait le premier responsable et non seulement la météo, a estimé le coordonnateur de l’organisme catholique Caritas Canada, Guy Des Aulniers, en conférence de presse.

Conflits armés, instabilité politique et changements climatiques sont les principales causes de la famine, qui touche particulièrement les femmes et les enfants, a-t-il déploré. Au Yémen seulement, près 70% de la population serait dans le besoin, dont 4,5 millions d’enfants et de femmes enceintes, a-t-il soutenu.

Le directeur régional d’Islamic Relief Canada, Abdelbasset Benaïssa, a de son côté parlé d’une «crise d’une ampleur terrifiante». En Somalie, a-t-il témoigné, «on se retrouve avec des barils de nourriture pour 5000 personnes, alors qu’on a 100 000 personnes devant nous».

Un air de déjà-vu

L’alliance des communautés religieuses à l’échelle nationale est inédite, mais elle a un air de déjà-vu à Québec, où les liens de fraternité sont plus forts que jamais depuis l’attentat de la grande mosquée.

Présent lors de l’annonce, le cofondateur du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, a estimé que la camaraderie qui s’est développée après les événements du 29 janvier inspire dans le reste du Canada et même à l’étranger.

Des délégations musulmanes de Vancouver et de Turquie, notamment, ont récemment visité son centre «pour présenter leurs condoléances», a-t-il mentionné, mais aussi «pour s’imprégner de ce phénomène de fraternité». Ils en deviennent «des ambassadeurs» chez eux, s’est-il réjouit.