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Obama, GND: les néons de la pensée

Obama, GND: les néons de la pensée

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Obama et Gabriel Nadeau Dubois dans la même semaine, c’est presque trop pour un esprit aussi simple que le mien, plus habitué aux inepties de la réalité canadienne qu’aux sous-entendus devant mener à ce qu’on appelle encore la réflexion...

Le premier est aux chambreurs de commerce ce que le second est au conseil central, une sorte de guide, un gourou, un prophète...

Coup sur coup, dans la Grosse Poire et au Salon bleu, le Grand et le Petit père des peuples se sont épanchés sur les défis de notre époque. Pour ma part, Barack ou GND, rien à cirer. Ils ne disent rien que l’on ne sache pas, pensez-y un peu!

Et les deux se rejoignent dans le même cliché : le pouvoir de l’argent est trop grand... Mettons. Mais essayons le contraire de la richesse, on verra ce que ça donnera. On pourrait demander conseil aux Grecs et aux Moldaves...

En fait, Obama en dit si peu qu’il devient gênant d’applaudir. Sur le climat, l’extrémisme ou le renard roux de la Maison Blanche, il a dit bien peu de choses. Comme Justin Trudeau, il me semble.

Obama, GND: les néons de la pensée
Photo Agence QMI, Joël Lemay

 

Quant à GND, il reprend le discours syndical de l’austérité; une farce monumentale, un mensonge éhonté pour ceux qui connaissent un peu l’élastique périmètre comptable du Québec...

Faut-il rappeler encore une fois que le Québec, 50% moins populeux que l’Ontario, dépense au moins quinze milliards de plus chaque année en programmes sociaux? 15 000 millions de plus! Chaque année.

Ça fait le bonheur de la Commission de toponymie,  du Secrétariat à la jeunesse et des officiers de la SQ qui usent leur plume Mont-Blanc chez le notaire de Blainville ou de Saint-Nicéphore...

Il en veut combien de plus, le porte-parole des centrales? Peut-être l’IRIS, l’Institut de recherches et d’informations syndicales nous le dira-t-il...

Entrer dans la vie publique alors qu’Obama est en ville, ça prend une sacrée chance; le contribuable de plus en plus moyen les rangera ensemble dans son imaginaire, ce qui ne pourrait que profiter au lénifiant de Gouin.

Grabuge Nadeau Dubois est habitué aux effets spéciaux. Ce n’est pas la première fois qu’il tombe du ciel à deux; il l’a fait avec Jean-Martin Aussant, l’ange grisonnant de la souveraineté.

Il sont descendus du firmament comme une paire d'inspecteurs de la CCQ en disant : «Faut qu’on se parle»...

Ils ont semé la bonne parole dans les Bois-Francs en passant par Chandler et Sept-Îles, marchant parfois dans les pas de Martine Ouellet, la cheftaine transparlementaire du Bloc...

Jusqu’à ce que repasse le gros nuage de la Constitution, le cumulo-nimbus de l’Apocalypse qui donne un sens à la vie des souverainistes professionnels.

Obama, GND: les néons de la pensée
Photo Agence QMI / Archives

Philippe Couillard a dû rire dans sa courte barbe. Et Jean-Marc Fournier doit se taper sur les cuisses en pensant à cette grandiose diversion. Au caucus des libéraux, on le voit comme un prestidigitateur celui-là. Un brasseur de cartes incomparable, un joker capable de faire disparaître un scandale en un clin d’œil.

Il suffit de crier : Constitution! Et tout le monde s’immobilise, comme des chiens de chasse à l'arrêt devant la perdix. On ne pense plus à rien ni à diable, pas même à Marc-Yvan Côté...

***

Barack Obama est reparti passer le chapeau ailleurs. Entre deux escales, il écrit ses Mémoires, paraît-il. Titre suggéré: Money talks clichés....

GND, lui, est toujours là. Prêt à faire la leçon quotidienne aux incultes budgétaires et aux politiciens éberlués devant tant de talent pour le double fond...

On a beau dépenser cent milliards, plus qu’ailleurs en Amérique par tête de pipe, ça ne suffit pas. Il en manquera toujours un...

Tel est d'ailleurs le cœur du message soi-disant solidaire. Il ressemble à s’y méprendre à celui de Revenu Québec...