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Tensions libérales

L'épisode des députés disant ne pas avoir été mis dans le coup pour la sortie de Jean-Marc Fournier et de Philippe Couillard sur la question nationale est le dernier en lice démontrant une tension persistante.
Photo Simon Clark L'épisode des députés disant ne pas avoir été mis dans le coup pour la sortie de Jean-Marc Fournier et de Philippe Couillard sur la question nationale est le dernier en lice démontrant une tension persistante.

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En retardant à quelques reprises un important remaniement ministériel, attendu ce mois-ci, et en n’impliquant pas suffisamment ses députés depuis des mois, Philippe Couillard a créé les conditions propices à une zone de turbulences internes.

La marmite bout.

L’épisode des députés qui confient ne pas avoir été mis dans le coup pour la présentation de la position constitutionnelle du parti est le dernier en lice démontrant une tension persistante.

Le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier, affirme qu’avant l’impression du document Québécois, c’est notre façon d’être canadien, il en a fait une présentation exhaustive, en février dernier.

Pourtant, plusieurs élus libéraux soutiennent avoir été pris par surprise jeudi quand on leur a signifié qu’ils seraient plongés dans le bain hasardeux des discussions constitutionnelles.

Des sources insistent. Le ministre Fournier n’a fait qu’un rappel des relations entre le Québec et le Canada, dans un survol d’une dizaine de minutes, à la fin du caucus jeudi dernier, quelques heures avant l’importante conférence de presse.

«C’était tellement présenté de façon banale, il n’y a même pas eu de questions des députés», nous dit l’une d’elles.

En guise de comparaison, lorsque la ministre Lucie Charlebois a abordé la question de la légalisation du cannabis en caucus récemment, près d’une dizaine de députés avaient tenu à s’exprimer.

IMPATIENCE ET FRUSTRATIONS

Le nombre de députés piaffant à l’idée d’accéder au conseil des ministres suffit-il à expliquer pourquoi on torpille en coulisses l’initiative de Jean-Marc Fournier?

L’impatience de jeunes loups (louves) et d’éternels exclus rêvant enfin d’une place au soleil pour briller parmi les meilleurs perpétue des frictions, c’est clair.

Certains n’ont pas apprécié la plainte anonyme d’un des leurs au chroniqueur Bernard Drainville, fustigeant la concentration du pouvoir dans les mains de sexagénaires, majoritaires au cabinet.

Cette suggestion de «tasse-toi mononcle» en a courroucé plusieurs.

Toutefois, à force de ne pas se sentir considérés, même ceux qui ont moins d’ambition deviennent plus bavards.

Et c’est sans compter ceux qui sentent qu’on cherche à les écarter au profit de «sang neuf».

L’entourage du premier ministre, qui songe à reporter encore le remaniement au mois d’août, dit-on, devrait prendre en considération le risque de prolonger le supplice.

BATAILLE DE LA MAURICIE

Pendant ce temps, les députés Julie Boulet et Pierre Giguère ont entamé un combat pour l’appui des militants libéraux, puisque leurs circonscriptions de Laviolette et Saint-Maurice seront fusionnées.

Encore là, il est étonnant que le chef n’ait pas cru bon de prévoir un terrain d’entente, pour éviter que les deux élus s’entredéchirent.

Giguère, un ancien candidat de la CAQ, ne fait rien pour ralentir les ardeurs de ses partisans, qui ont entrepris une cabale.

La ministre du Tourisme, dont le passage à la commission Charbonneau a marqué les esprits, crie au manque de «respect». Tout va bien!