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Boivin souhaitait être en tête

Tout un défi attend le Québécois, même s’il n’est qu’à deux secondes du meneur

Tour Cycliste de Saguenay
Photo Roger Gagnon Chad Beyer, de l'équipe Canyon Bicycles, en plein effort pour enlever les honneurs du critérium au terme d'un sprint final spectaculaire.

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SAGUENAY | Même s’il n’est plus qu’à deux secondes du maillot jaune avec une étape à compléter au Grand Prix cycliste de Saguenay, Guillaume Boivin avait le moral dans les talons au terme du critérium de Kénogami, samedi soir.

Le coureur de l’équipe canadienne aspirait à prendre possession du maillot de meneur au classement général, détenu depuis la première journée par l’Américain Steve Fisher. Il en a toutefois été autrement, puisque Boivin n’a retranché qu’une seconde au retard qu’il affichait avant la troisième étape sur l’équipier de Canyon Bicycles, se contentant du maillot vert (points) comme prix de consolation.

Boivin et Fisher ont d’ailleurs chacun remporté un sprint intermédiaire en début de course. Pour le Québécois, il est clair que la formation américaine cherchait à affecter sa réserve d’énergie hâtivement.

Damnés sprints

«Je ne suis pas allé à fond au deuxième sprint, car ça m’a pris cinq ou six tours pour récupérer. Ça a coûté cher et je pense que leur plan était de me fatiguer pour que je ne puisse rien reprendre à la fin [en temps]», expliquait l’athlète de Longueuil qui a grandi à Saguenay.

«Je suis vraiment impatient à l’idée de disputer la course de demain [dimanche]. Nous avons perdu une seconde, mais ce n’est pas un problème et je pense qu’il y aura une plus grande différence [de temps] demain. C’était difficile de contrôler [...] ce qui était imprévisible. Cela dit, toute l’équipe a accompli du bon travail, ce qui me rend la tâche plus facile», a souligné Fisher de son côté.

Et contrairement à Canyon Bicycles, qui compte sur un effectif complet de sept coureurs, l’équipe canadienne n’est formée que de quatre représentants depuis que Raphaël Auclair a été évincé de la compétition après la première étape. La délégation canadienne avait été victime de forfaits de dernière minute avant même le coup d’envoi du GP.

« Infériorité numérique »

Boivin a emprunté un terme propre au hockey pour décrire la situation à laquelle ses coéquipiers et lui font face.

Sans jeter l’éponge, le cycliste de 28 ans se demandait bien comment il allait résoudre l’énigme lors de la quatrième et dernière étape dans les rues de Chicoutimi (149,8 km) afin de régner devant ses partisans.

«Avec une équipe de quatre, on n’avait juste pas les chevaux-vapeur pour rentrer dans le groupe à l’avant. Ça va être compliqué pour demain [dimanche]. On est forts, mais en étant en infériorité numérique, on n’est pas capables de contrôler la course. Et Canyon est très fort au niveau collectif», a observé l’ancien membre de Cannondale.

Critérium à Kénogami : Encore Canyon !

Si Steve Fisher a pu conserver son maillot jaune, c’est en partie à cause de son coéquipier Chad Beyer, qui a enlevé les honneurs du critérium de 74,5 km samedi soir.

Beyer a ravi la victoire au sprint final devant trois autres poursuivants, après avoir figuré au sein d’une échappée qui a pris forme avec une dizaine de tours à faire. Le vétéran de 30 ans n’avait jamais célébré sur le plan individuel lors d’une course UCI depuis le début de sa carrière. Voilà qui est fait!

«On voulait maintenir notre emprise sur le classement et mettre de la pression sur les autres équipes. Nous avons quatre gars dans le haut du classement et je suis l’un d’entre eux. Ça avait du sens de bien nous placer jusqu’à l’échappée et c’est ce qu’on a fait», a raconté le natif de Kansas City.

Langlois dans le coup

Canyon Bicycles pourrait succéder à Silber Pro à titre d’équipe du Grand Prix cycliste au terme de la journée de dimanche. «Nous avons une équipe très forte et je pense que c’est possible pour nous de finir premiers au classement par équipes», a-t-il ajouté.

Bruno Langlois a tout donné pour gagner de précieuses secondes au classement général. Le coureur de Garneau-Québecor s’est même hissé en tête de la course dans les derniers tours avant de finir au 10e rang.

Lorsque le départ sera donné, à 12 h 30 dimanche, le champion canadien en titre accusera 52 secondes de retard sur le maillot jaune.

Objectif

Invité à se soumettre à un contrôle antidopage après la course, Langlois a été incapable de nous livrer ses états d’âme. Son partenaire Olivier Brisebois, lui aussi membre de l’échappée, a pris la parole.

«Le but était d’essayer de prendre un peu de temps pour Bruno et on a tout donné, même si ça n’était que pour 10 ou 15 secondes. Ça pourrait faire une place pour le podium [au cumulatif] et tout va se jouer à la dernière étape», a lancé le cycliste de Mascouche, sixième du critérium.