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Anne Guérette à la conquête des banlieues

L’aspirante à la mairie veut aller à la rencontre des gens partout à Québec

«Certaines personnes pensent que je suis une snob de la haute-ville. C’est pas vrai du tout», clame la chef de Démocratie Québec, Anne Guérette.
Photo Jean-François Desgagnés «Certaines personnes pensent que je suis une snob de la haute-ville. C’est pas vrai du tout», clame la chef de Démocratie Québec, Anne Guérette.

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Anne Guérette a hâte de visiter les Tim Hortons et les supermarchés des banlieues où elle ira rencontrer les gens de Québec qu’elle veut gagner à sa cause.

«Je veux être mairesse de la ville de Québec. Je veux être mairesse de tous les citoyens. Pas juste d’une petite clique. Je ne suis plus la conseillère municipale» de Cap-aux-Diamants, exprime-t-elle, en entrevue éditoriale au Journal.

Si bien qu’une bonne partie de sa campagne électorale se passera dans les banlieues, qu’elle a d’ailleurs déjà commencé à visiter. «J’ai fait une belle tournée dans Val-Bélair, je suis allée faire un tour dans Vanier, j’ai rencontré des gens à Beauport. Ça va s’intensifier.»

Anne Guérette a l’intention d’aller rencontrer les gens dans leur quotidien, de serrer des mains au supermarché. Une visite éclair dans un Tim Hortons de Duberger lui a donné le goût de renouveler l’expérience.

«Je me suis dit qu’il faut que je revienne. J’adore rencontrer les gens. J’aime les personnes de tous les âges et de toutes les classes sociales. J’ai été élevée avec des gens d’usine, des chauffeurs de camion, des bûcherons. J’aime les cols bleus et quand je les rencontre, ça vient chercher quelque chose en moi», affirme cette fille de propriétaire d’usine à bois.

Image tenace

Elle se bat contre une image qui lui colle à la peau. «Certaines personnes pensent que je suis une snob de la haute-ville. C’est pas vrai du tout. Je suis une fille proche du monde et qui considère tous les citoyens, les plus petits comme les plus grands.»

Selon elle, sa vision de la ville est claire, mais elle convient qu’elle a des choses à améliorer «sur la forme», sur sa façon de communiquer. «J’ai des choses à apprendre avec le monde journalistique. Je peux m’améliorer personnellement. Être plus douce, peut-être... plus souriante. C’est sûr que je mène un combat qui n’est pas tous les jours facile.»

Outre le projet de tramway qu’elle caresse pour Québec, son principal engagement sera de redonner la parole aux citoyens.

«Le grand projet que j’ai pour Québec, c’est de changer le visage de la Ville de Québec grâce à cette nouvelle dynamique démocratique où on va travailler en collaboration et en coopération avec les citoyens.»

Elle promet plus d’écoute et un rééquilibrage des forces entre le pouvoir politique et le pouvoir citoyen.

Cela ne signifie pas de répondre positivement à toutes les demandes des citoyens, nuance-t-elle. «Mais le maire de la ville doit savoir saisir l’essentiel et c’est ce qui doit l’inspirer pour passer à l’action politique.»

Pas de grand projet

Pas de grand projet d’infrastructure pour Anne Guérette, donc. C’est, dit-elle, ce qui la distingue le plus du maire Labeaume, qui «aime les gros prytojets coûteux».

Elle mise plutôt sur une foule de petits projets qui embelliront la vie des quartiers. Plutôt qu’une usine de biométhanisation, elle prône l’aménagement de petits centres de compostage.

L’anneau de glace fera place à plusieurs patinoires de quartier. Le Grand Marché, à des marchés ambulants locaux. «On veut investir dans un grand nombre de petits projets pour calmer les dépenses exagérées.»

 

Le CV de l’aspirante à la mairie

  • Diplômée de l’Université Laval et membre de l’Ordre des architectes du Québec depuis 1990
  • A commencé son engagement en 2002 au sein du conseil de quartier de Montcalm
  • A fondé la Coalition Héritage Québec en 2006
  • Élue conseillère à la Ville de Québec en 2009
  • A fondé Démocratie Québec en 2012
  • Élue chef de Démocratie Québec et de l’opposition en décembre 2016

 

Des parents inspirants

Quand on est née d’un père propriétaire de scieries et d’une mère environnementaliste, on est habituée au choc des idées! Anne Guérette dit avoir beaucoup appris de ses parents, qui lui ont transmis des valeurs solides. «Mon père était très proche de son monde. Ce n’était pas un patron dans sa tour d’ivoire. Il se battait, comme moi. Il voyait en moi la batailleuse qui avait le goût de faire les choses en tenant compte de tout le monde.» Sa mère a eu un impact très important sur sa prise de conscience des inégalités qui l’entourent, dit-elle. «On allait en Afrique, mais on ne restait pas juste sur les plages du Sénégal, il fallait aller à Dakar et sur l’île de Gorée, là où il y avait la vente des esclaves, à l’époque. Au Mexique, on n’allait pas juste à Acapulco. Il fallait aller à Mexico se promener le soir dans les rues pour voir les mamans et les enfants qui mendiaient. J’ai encore ces images-là et ça vient me toucher», glisse-t-elle avec émotion. «Cette sensibilité au monde qui m’entoure et de vouloir participer pour l’embellir, c’est ma mère qui m’a donné ça.»

 

Les déceptions de la politique

La récente défection de ses anciens collègues Paul Shoiry et Yvon Bussières a profondément «déçu» Anne Guérette. Au conseil municipal de lundi, les conseillers maintenant indépendants ont voté contre un avis de proposition qu’elle avait déposé et qui réclamait un moratoire sur toute construction en milieu boisé. «Il y a beaucoup d’actions qu’on a faites ensemble pour talonner le maire Labeaume pour son manque de respect envers la question environnementale, la coupe d’arbres. Tout à coup, ils se lèvent en contradiction. Ils jouent à la politique plutôt que de suivre réellement un engagement profond. Ils changent d’idée, virent de bord. Tout à coup, ils ne sont plus là pour défendre l’environnement, le développement durable et les citoyens de Québec. C’est décevant», assène Mme Guérette, qui reste amère que les deux élus aient refusé de l’appuyer lors de la course à la direction de Démocratie Québec.

 

Motivée par le discours des radios

Les radios parlées de Québec ne sont peut-être pas la clientèle naturelle d’Anne Guérette, mais la candidate à la mairie assure porter une oreille attentive à leur discours. «Je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’ils disent et avec la façon dont ils le disent. Ils me critiquent aussi parfois. Mais je sens ce qu’ils sont en train d’exprimer. Ils en ont ras le bol des dépenses exagérées, de la dette, des taxes, d’un maire qui décide tout seul. Ils ont le goût que ça change eux aussi. Ils font partie de ceux qui me motivent à apporter ce changement-là, et nous avons beaucoup plus de points en commun qu’on pense. J’espère les rencontrer davantage durant la campagne.» Même si un de ses adversaires, Jean-François Gosselin, semble avoir la faveur des radios, elle ne jette pas l’éponge. «J’ai confiance de les convaincre que la meilleure personne pour diriger pendant les quatre prochaines années cette ville-là, c’est moi. J’ai l’expérience.»