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Salles d’entrevue transformées en chambres et double occupation à l’IUSMQ

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Afin de se conformer aux exigences ministérielles sur les séjours à l’urgence, l’Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ) n’hésite pas à doubler la capacité des chambres individuelles, voire à convertir des salles d’entrevue en chambres, a appris Le Journal.

«On voit même la double occupation des lits! Certains patients ont le droit de sortir la fin de semaine. On se dépêche alors de désinfecter le lit afin qu’un patient nouvellement admis puisse l’occuper. Lorsque la personne rentre de son congé, elle ne retrouve pas nécessairement son lit», constate Patricia Lajoie, présidente du syndicat FIQ des professionnels en soins du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

<b>Patricia Lajoie</b><br />
Présidente syndicat FIQ
Photo d'archives
Patricia Lajoie
Présidente syndicat FIQ

Les unités de soins aigus psychiatriques peuvent accueillir jusqu’à 20 ou 25 malades en surcapacité, selon les demandes provenant des urgences psychiatriques de la région, confirme la direction. Ainsi, il n’est pas rare que deux patients doivent partager la même chambre unique, leurs lits étant séparés par un simple rideau ou un paravent.

« Pas l’idéal »

«Ce n’est pas l’idéal, mais c’est sûrement mieux que d’être sur une civière dans les urgences au coude-à-coude avec le voisin», précise Line Gravel, directrice adjointe du volet hospitalisation en soins aigus au CIUSSS.

Selon Mme Lajoie, ces façons de faire vont à l’encontre des bonnes pratiques en santé mentale voulant qu’un patient ayant besoin de décompenser soit mieux dans une chambre individuelle.

«Les nouvelles règles ministérielles poussent l’IUSMQ à libérer plus vite les civières de l’urgence. Il peut y avoir trois ou quatre admissions par jour en surcapacité dans nos unités de soins, sans ajout de personnel. Une assistante infirmière de soir peut devoir s’occuper de sept patients au lieu de quatre. Cela amène une grosse surcharge de travail; les infirmières sont à bout», déplore Mme Lajoie.

Mesures temporaires

La direction soutient que ces mesures de surcapacité sont temporaires et qu’elles ne sont pas liées au mot d’ordre du ministre Barrette.

L’Institut compte 222 lits de soins aigus. La durée moyenne de séjour dans les urgences psychiatriques du CHUL, de l’hôpital du Sainte-Sacrement et à l’Enfant-Jésus tourne autour de 20 heures, actuellement.

La cible souhaitée avoisine les 15 heures.