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Couche-Tard veut faire du Québec un modèle sur la planète

Le géant québécois du dépanneur vient d’engager une firme de lobbyiste

Le président de Couche-Tard, Alain Bouchard
Photo d'archives, Agence QMI Le président de Couche-Tard, Alain Bouchard

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Alain Bouchard croit que le Québec pourrait devenir un «modèle» dans la vente de cannabis au sein de son vaste réseau de dépanneurs à l’échelle planétaire.

«On souhaite faire du Québec une vitrine mondiale pour notre réseau présent dans plus de 25 pays», a indiqué le président de Couche-Tard, Alain Bouchard, lors d’une entrevue accordée au Journal.

Selon ce dernier, le mouvement de légalisation du cannabis à des fins récréatives se veut planétaire et irréversible. «Si on développe cette expertise au Québec, on va créer des emplois ici à notre siège social. Notre réseau du Québec va devenir une référence pour d’autres marchés au Canada et dans le monde», a-t-il indiqué.

Alain Bouchard soutient que le gouvernement du Québec devra faire vite pour être prêt à offrir une structure de distribution «sérieuse et compétitive» d’ici 12 mois aux consommateurs de cannabis québécois.

Ottawa prévoit que la consommation de cannabis à des fins récréatives deviendra légale partout au pays le 1er juillet 2018.

Firme de lobbyiste embauchée

Le géant québécois du dépanneur vient d’ailleurs d’embaucher une firme de lobbyistes pour faire des représentations auprès du gouvernement du Québec.

«La décision est politique. Ce n’est pas Couche-Tard qui a décidé de légaliser la consommation de cannabis. Or, je ne vois pas comment un réseau alternatif pourra se structurer et être rentable rapidement. Ce marché-là doit être développé de façon ordonnée. Sinon, ça va être l’anarchie. Notre structure de coûts est compétitive.»

Des experts de la vente

Selon M. Bouchard, Alimentation Couche-Tard (et son réseau des 584 dépanneurs au Québec) est le joueur du commerce au détail le mieux positionné au Québec pour vendre du cannabis dans ses établissements.

«Ce serait une grande erreur de nous écarter. On veut être entendus par le gouvernement. Couche-Tard possède une expérience de longue date dans la vente de tabac et d’alcool. Nous sommes des gens très crédibles et nous faisons l’objet de nombreux contrôles rigoureux chaque année. On est très surveillés.»

Présent dans 25 pays, Alimentation Couche-Tard gère plus de 12 500 dépanneurs. L’an dernier, le chiffre d’affaires de Couchard-Tard a atteint les 34 milliards $ US.

«Le gouvernement n’a pas d’affaire dans le commerce de détail»

Que pensez-vous de ceux qui disent que la vente de cannabis dans les dépanneurs Couche-Tard « banalisera » son usage ?

Ça me choque et ça m’insulte. Depuis 40 ans, je me suis toujours battu pour qu’on reconnaisse notre industrie comme responsable. Nous ne sommes pas un commerce banal. Nous ne banalisons pas notre métier. C’est très condescendant de dire cela. Je veux que ce soit clair. On vend depuis des années de l’alcool et du tabac de façon sécuritaire. Nous sommes des experts internationaux dans la vente au détail. Nous brassons des affaires dans plus de 25 pays, et bientôt 30. On « carte » les gens qui viennent dans nos dépanneurs. On surveille de très près la vente d’alcool et de tabac aux mineurs. On nous surveille tous les jours. Ce n’est certainement pas nous qui allons banaliser l’usage du cannabis.

Que pensez-vous de la possibilité d’offrir à la Société des alcools du Québec (SAQ) la distribution du cannabis au Québec ?

Nous sommes les mieux placés pour vendre du cannabis. Notre réseau de dépanneurs et notre structure de coûts en font foi. Cela ne fait pas de sens de vendre du cannabis dans des commerces gouvernementaux. Le gouvernement n’a pas d’affaire dans le commerce au détail. Si on force l’ouverture de nouveaux commerces qui ne feront que vendre du cannabis, ça va devenir très coûteux. Ça ne marchera pas. Les prix ne seront pas là et le crime organisé va continuer à dominer ce marché.

Croyez-vous que des prix bas du cannabis vont décourager les consommateurs à s’alimenter sur le marché noir ?

Le gouvernement fédéral dit de faire attention aux taxes. Il faut en être très conscient. Si la vente du cannabis passe par les Couche-Tard, je peux vous assurer que les prix vont être bas. Si ça passe par des nouveaux commerces, les marges seront plus élevées et ça va coûter plus cher. Si on veut contrer le marché noir, il faut que le prix soit très compétitif.