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Un sentiment de déception immense

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photo afp Marc-André Fleury lors du dévoilement du nom des joueurs au repêchage d’expansion, mercredi soir, à Las Vegas.

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J’ai surveillé le repêchage d’expansion de Las Vegas, mercredi. Chaque choix, chaque joueur, chaque transaction. Chaque fois, je me suis dit, ce joueur aurait pu aboutir à Québec, plusieurs auraient dû aboutir ici.

Un an après l’annonce d’une expansion de la LNH à Las Vegas, deux jours après le repêchage d’expansion de Las Vegas, mon sentiment de déception demeure le même. Comment la LNH a-t-elle bien pu passer à côté d’un marché aussi passionné de hockey que Québec ? Comment ?

QUÉBEC A TOUT FAIT

Québec a pourtant rassemblé toutes les pièces du puzzle. Un édifice flambant neuf, un proprio, Québecor, prêt à acheter une équipe, des fans indéfectibles qui ont parcouru l’Amérique pour manifester leur passion dans les différents amphithéâtres de la LNH. Et comme si ce n’était pas suffisant, les foules ont accouru à Québec pour voir des matchs hors concours du CH ces dernières années et le Centre Vidéotron était rempli à pleine capacité pour un match préparatoire de la Coupe du monde, en septembre dernier.

LES LEAFS NE DOUTENT PAS DE QUÉBEC

Et ce n’est pas fini, le hockey est si populaire ici que DEUX matchs préparatoires du CH auront lieu à Québec cet automne. L’un de ces matchs sera contre les Maple Leafs, qui ont sacrifié un de leurs matchs hors concours locaux à Toronto pour venir en jouer un à Québec. Croyez-vous que les Leafs ont de la difficulté à remplir leur amphithéâtre en match hors concours ? Pas du tout. Alors s’ils viennent ici, c’est qu’ils savent que les fans de Québec seront au rendez-vous. Quand même.

LA LNH A BESOIN DE QUÉBEC

Ce que je comprends, c’est que si la LNH n’a pas encore redonné une équipe à Québec, c’est parce que la ligue a besoin de Québec, là où elle est, comme une ville aspirante qui tape du pied. Ça fait plus de 8 ans que la LNH utilise Québec comme levier pour régler des dossiers dans des villes de la LNH. Gary Bettman s’est servi du spectre de Québec pour faire des gains à Glendale, en Arizona, et en Floride, entre autres. Ces villes ont consenti des conditions très avantageuses pour ne pas perdre leur équipe à Québec. Et le jeu continue alors que le spectre Québec plane maintenant en Caroline. Tant que tous les problèmes n’auront pas été réglés dans différents marchés de la LNH et que Québec constituera le seul levier pour les régler, il y a fort à parier que nous continuerons d’attendre.

LA GROGNE DES AMATEURS

Pendant ce temps, nous recevons beaucoup de courriels d’amateurs de Québec, déçus, frustrés. J’en reçois, mes reporters en reçoivent. Et régulièrement, des fans m’interpellent à l’épicerie, au centre d’achat, chez le coiffeur, partout, et ils ont toujours la même question : quand va-t-on avoir notre équipe ? Et ils en veulent tous à Gary Bettman. Certains en veulent aussi à Québecor, qu’ils accusent de ne pas avoir tout fait pour avoir une équipe. Mais, objectivement, qu’est-ce que Québecor aurait bien pu faire de plus ? Les dirigeants sont prêts à acheter une équipe, ils ont payé pour devenir gestionnaires du Centre Vidéotron, ils ont payé une fortune pour les droits des matchs de la LNH sur TVA Sports, question de démontrer à la LNH quel genre de partenaire d’affaires ils pouvaient être. Et, par surcroît, au final, ils ont déboursé des millions de dollars pour embarquer dans le processus d’expansion. Je ne vois vraiment pas ce que Québecor aurait pu faire de plus.

Tout ce que je sais, et je me le répète chaque jour, c’est qu’il faut être patients. Il faut attendre que le bon moment se présente. Mais je vous l’avoue, quand j’ai vu Marc André Fleury se présenter sur scène, mercredi, à Las Vegas, avec un chandail des Golden Knights, je n’ai pas pu m’empêcher de l’imaginer dans un chandail des Nordiques.