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Le ministre Blanchette considère autant la faune que la forêt

Le caribou forestier fait beaucoup parler de lui présentement au Québec. Avant de prendre une décision dans ce dossier, le ministre Blanchette veut écouter tous les intervenants présents à la table de concertation.
Photo Courtoisie Le caribou forestier fait beaucoup parler de lui présentement au Québec. Avant de prendre une décision dans ce dossier, le ministre Blanchette veut écouter tous les intervenants présents à la table de concertation.

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« Pour moi, les deux F que l’on retrouve dans le nom de mon ministère, faune et forêt, sont aussi importants l’un que l’autre. »

Voilà ce que le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, M. Luc Blanchette, nous déclarait lors de l’entrevue qu’il nous a accordée à son cabinet.

« J’ai demandé aux associations forestières, qui font des interventions dans les classes, de changer leur discours et d’inclure la faune. La forêt, ce n’est pas uniquement la matière ligneuse. C’est aussi la pêche, la chasse, la trappe, les habitats. C’est un tout. Alors, pour moi, c’est tout aussi important l’un que l’autre. »

Entré en poste depuis moins d’un an, le ministre Blanchette n’a pas tardé à implanter son idée première pour gérer ses dossiers autant à l’intérieur du ministère qu’à l’extérieur. Il veut que la consultation devienne partie intégrante de tous les dossiers importants. Il donne comme exemple le dossier du caribou forestier.

« Les spécialistes du ministère travaillent très fort pour développer une stratégie globale pour le maintien du caribou forestier. Toutes sortes d’hypothèses sont faites. Nous avons créé une table de consultation composée d’à peu près tous les intervenants qui sont touchés par les décisions que nous allons prendre. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ça va bien. Nous voulons faire consensus dans la société avec nos décisions. C’est un peu ma marque de commerce. Je veux que les gens cheminent ensemble. »

Le ministre a rappelé que lors du dernier budget, dans les sommes accordées à son ministère, il y avait 7 M$ pour le dossier du caribou forestier. La somme servira entre autres à un inventaire et à la pose de colliers émetteurs. Autant d’éléments qui augmenteront les connaissances sur l’espèce.

LA RELÈVE

Sensible au fait que la relève est très importante dans le monde de la chasse et de la pêche, le ministre entend utiliser une partie des 5 M$ annoncés lors du dernier budget pour poser des gestes concrets.

« L’idée de Pêche en herbe est extraordinaire. On ne fait pas que donner des cannes et des moulinets. Il y a une formation qui est donnée sur l’espèce en cause. Les gens repartent avec un permis de pêche valable jusqu’à l’âge de 18 ans. Ce n’est pas banal. J’ai été content de constater que des jeunes qui avaient déjà suivi la formation avaient toujours leur canne à pêche. Pour moi, c’est une récidive. J’ai été vraiment content de cela lorsque j’ai pu le constater en participant à une journée d’activité. »

Un autre élément très important pour lui, c’est la nouvelle unité mobile des agents de protection de la faune.

« Autre très bon coup. C’est bien fait, bien animé, interactif. Les visiteurs doivent associer les types de plumes et de fourrures à leurs espèces respectives. Il y a une carte du Québec avec les différentes zones de chasse et de pêche. Avec cette unité, les agents n’iront pas seulement dans les évènements à caractère faunique. Ils veulent aller dans les grands évènements pour faire de la sensibilisation. Il va leur falloir trois ans avant de faire le tour de tous les évènements. »

Pour le ministre, la relève représente l’avenir des activités, mais en même temps, en rencontrant les gens, les agents vont donner le goût de la nature aux gens.

« Il y a beaucoup à faire avec la nature qui peut devenir très souvent un bon remède contre le stress. »

LA PROTECTION DE LA FAUNE

Depuis le début de l’entrevue, le ministre y allait avec de nombreuses anecdotes et expériences qu’il avait vécues durant les premiers mois de son mandat, notamment avec les trappeurs gestionnaires. Il a aussi tenu à mentionner que, pour lui, la protection de la faune est essentielle.

« Il y avait longtemps qu’il n’y avait pas eu d’investissements dans la protection. J’ai décidé d’investir 24 M$ qui se traduiront entre autres par la création de 40 postes permanents qui vont s’ajouter aux postes actuels. Certaines personnes croyaient que cette somme ne servirait qu’à faire du remplacement de personnel pour une période temporaire. Nous avons répondu à la demande des agents que j’ai rencontrés lors de mes tournées un peu partout dans les régions du Québec. C’est une question de justice et d’équité pour les agents qui font un travail très important pour protéger la faune du Québec. Les braconniers sont une réalité au Québec. »

La viande braconnée a été remise à des banques alimentaires durant la période des fêtes, un geste qui a beaucoup plu au ministre. Il a aussi tenu à souligner le 150e anniversaire du corps des agents de protection de la faune, une unité fondée en 1867.

L’IMPORTANCE DE LA SCIENCE

Dans l’esprit du ministre, il est clair que son équipe de scientifiques au ministère peut faire la différence pour bien gérer la faune au Québec.

« Ce sont des gens dévoués. C’est essentiel, la science. Leur travail n’est pas toujours facile. Nous avons besoin d’eux pour prendre des décisions éclairées, neutres pour le seul bien de la faune. La recherche appliquée doit se faire dans nos laboratoires. Ils doivent toutefois apprendre à présenter, à vulgariser pour les gens. »

Avant qu’une décision soit prise, le ministre veut qu’il y ait des consultations afin d’éviter des conflits avec le milieu et les gens impliqués. Il a rappelé que, souvent, il y a des décisions importantes à prendre que seuls les scientifiques peuvent prendre. Toutefois, afin de minimiser les impacts négatifs sur la pratique d’activités, il veut que les gens se parlent.

Avec moins d’un an à la tête du MFFP, le ministre Blanchette a déjà fait sa marque. Il veut poursuivre dans la même veine à son retour de vacances. Il sait, en travaillant de près avec ses partenaires fauniques, notamment à la Table faune nationale, que les besoins sont grands. « J’ai la chance d’avoir les gens des fédérations qui sont là pour m’aider à prendre des décisions éclairées. »

Chose certaine, si certains doutaient de son engagement dans le domaine faunique, à la suite de cette entrevue, on peut dire que le ministre est bien en selle.