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Le coup de cœur d’un grand de la musique

Le musicien Guy Saint-Onge au Havre musical de L’Islet, un véritable coin de paradis où des concerts sont présentés chaque dimanche en été.
Photo jean-françois desgagnés Le musicien Guy Saint-Onge au Havre musical de L’Islet, un véritable coin de paradis où des concerts sont présentés chaque dimanche en été.

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« Je ne veux pas être chauvin, mais je pense pouvoir affirmer sans me tromper que nous avons ici la plus belle salle de spectacle au Québec », glisse Guy Saint-Onge, chef d’orchestre, multi-instrumentiste, compositeur et arrangeur québécois de renom.

Nous sommes dans le kiosque à musique aménagé à la pointe ouest de l’enchanteresse Isle-aux-Coudres, pièce maîtresse du Havre musical de l’Islet. Chaque dimanche, on y présente des artistes depuis trois ans, de la mi-juin au début de septembre, en formule « concert au coucher du soleil en bord de mer ».

La veille, M. Saint-Onge, qui a travaillé avec les Céline Dion, David Bowie, Charles Aznavour et autres grands de ce monde, avait accueilli Jean Lapointe et quelques invités qui lui ont rendu hommage.

On a dévoilé une sculpture de Martin Brisson – une œuvre est dédiée à un auteur-compositeur à chaque ouverture de saison – en l’honneur de M. Lapointe, qui s’était déplacé malgré son état de santé très fragile. Ému, M. Saint-Onge raconte cette soirée magique, pleine de vibrations tout comme celles qui l’ont attiré dans ce coin de paradis, et dont la musique est constituée.

Coup de foudre

Ces vibrations ont littéralement ensorcelé M. Saint-Onge en 2014. Lui et sa conjointe d’alors, la musicienne Patricia Deslauriers, découvrent l’endroit par hasard, après un spectacle dans les environs. L’ancien propriétaire, qui y loue une quinzaine de chambres comme c’est toujours le cas aujourd’hui, l’avait mis en vente.

« Ç’a été instantané, ça s’est fait vite, vite », s’étonne encore M. Saint-Onge. Le couple, qui habitait non loin de Montréal, y a emmené ses trois enfants, question d’observer leur réaction face aux lieux. Guy Saint-Onge n’oubliera jamais celle de son fils Mathis, si sensible. « Papa, c’est ici que je veux vivre. »

Les deux autres enfants sont eux aussi tombés sous le charme. Il n’en fallait pas davantage pour que le couple se porte acquéreur des lieux, où la petite famille a déménagé ses pénates.

« Le besoin de partager cet endroit est très fort », souligne le musicien, pour qui les lieux sont dignes d’être reconnus par l’UNESCO. D’où l’idée d’y convier la population à des concerts du dimanche, et de permettre au public de continuer de s’aventurer sur les rochers à marée basse.

Le musicien Guy Saint-Onge au Havre musical de L’Islet, un véritable coin de paradis où des concerts sont présentés chaque dimanche en été.
Photo jean-françois desgagnés

 

Endroit protégé

M. Saint-Onge se réjouit d’ailleurs à l’idée que tant que sa famille possédera l’endroit, il sera protégé. Les anciens propriétaires avaient reçu quelques offres de promoteurs de condos et, pire, de gens qui souhaitaient y exploiter un port d’aéroglisseurs qui auraient baladé les touristes non sans détruire le charme des lieux.

La pointe de L’Isle-aux-Coudres accueille non seulement des humains en quête de paix et de beauté, mais aussi une multitude d’espèces d’oiseaux. « S’il fallait qu’il arrive de quoi là-dessus », soupire le musicien.

Non loin de son Havre musical, M. Saint-Onge a aussi aménagé son nouveau studio, de même qu’une pièce dans laquelle il laisse libre cours à sa création musicale, avec une vue à couper le souffle. Il y a travaillé sur le nouvel album de Daniel Lavoie, notamment.

Cet été, les gens pourront voir des performances de Martin Fontaine, The Lost Fingers, Marc Hervieux, Maxime Landry, Marie-Ève Janvier et Jean-François Brault, Guylaine Tanguay, et bien d’autres.

Avis aux intéressés, ces concerts sont offerts selon contribution volontaire, ce qui ne signifie pas gratuitement. Je dis ça au passage, pour ceux qui souhaitent que les saisons se succèdent encore longtemps. Après tout, même si on parle de la plus belle scène au Québec, il n’est pas question de subvention ici et les artistes ne se déplacent pas sans cachet, bien évidemment.

« Je pense que c’est devenu une habitude, les gens attendent les concerts et sont déçus quand ça se termine en septembre », se réjouit M. Saint-Onge, qui voit également dans ces concerts une façon de célébrer la musique, sa grande passion qui lui a tout donné.