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Il se fait voler son fauteuil roulant de 8000$ sur la berge

Le paraplégique de 23 ans profitait d’une balade en bateau avec des amis

GEN
Photo Martin Alarie Jérémy Landry a magasiné un nouveau fauteuil roulant lundi après-midi après le vol de sa chaise valant près de 8000 $.

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SAINT-HIPPOLYTE | Un paraplégique de 23 ans s’est fait voler son fauteuil roulant dimanche, pendant qu’il naviguait sur le lac de l’Achigan, dans les Laurentides.

« Je n’en reviens tout simplement pas qu’on ait pu faire ça, surtout que les fauteuils sont faits sur mesure pour les utilisateurs, personne ne pourra l’utiliser. C’est très ordinaire », s’est indigné le père de la victime, Éric Landry.

Jérémy Landry possède un bateau qui est amarré au quai communautaire, à moins d’un kilomètre de chez lui, à Saint-Hippolyte. Comme à son habitude, il s’y est rendu avec des amis dimanche après-midi. Après s’être assis dans le bateau, ses amis ont caché son fauteuil roulant derrière de grands buissons pendant leur promenade sur l’eau. À son retour au quai, vers 19 h, le fauteuil avait disparu.

Après une heure de recherches intensives avec ses copains, Jérémy Landry s’est fait à l’idée qu’on avait bel et bien volé son fauteuil roulant en carbone et titane qui lui avait coûté près de 8000 $.

Ses amis ont dû le porter dans leurs bras jusque chez lui, environ 200 mètres plus loin.

Un cas rare

« On a toujours laissé mon fauteuil derrière les grands buissons et il n’est jamais rien arrivé. Il faut quasiment le savoir que la chaise est là pour la trouver, a expliqué l’homme qui a perdu l’usage de ses jambes dans un accident de travail en 2011. Je pensais que c’était une mauvaise blague de mes amis qui l’avaient caché, mais non ! »

Ses amis et lui ont finalement avisé la police du vol.

« À ma connaissance, c’est la première fois qu’on nous rapporte une affaire comme celle-là », avoue le porte-parole de la Sûreté du Québec Marc Tessier.

Selon Éric Landry, il s’agirait probablement d’un visiteur qui avait accès à la descente de bateau qui donne juste à côté du quai communautaire, où le fauteuil était caché derrière les hauts buissons.

« C’est le seul angle qui permet de voir qu’il s’y trouvait », a-t-il déclaré.

Pratique courante

Moniteur de paraski alpin à la station Val Saint-Côme, le père du paraplégique donne des leçons tous les hivers depuis 2012, quand son fils a commencé sa rééducation.

Il a été surpris d’apprendre qu’on avait volé le fauteuil roulant de son fils.

« C’est la première fois que je vois ça. Je donne des cours et habituellement, on laisse les fauteuils au bas des pistes de ski, puis à la fin de la journée, les gens les reprennent. Je n’ai jamais entendu quelqu’un dire que son fauteuil avait été volé pendant qu’il skiait », a-t-il dit.

Il a pris congé lundi afin d’accompagner son fils chez Motion Composite, une entreprise spécialisée dans les fauteuils roulants sur mesure, afin que son fils puisse en avoir un à sa taille.

La compagnie a même décidé de lui prêter un fauteuil ajusté pour les trois prochains mois, en attendant qu’il en reçoive un nouveau.