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Fini les hydrocarbures sur Anticosti: les résidents soulagés

Le maire d'Anticosti, John Pineault
CAPTURE D'ÉCRAN, TVA NOUVELLES Le maire d'Anticosti, John Pineault

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Les résidents de l’île d’Anticosti sont soulagés par le moratoire sur l'exploration et de l'exploitation des hydrocarbures et demandent maintenant de l’aide pour développer leur économie.

«On le voit comme une victoire du gros bon sens», explique le maire John Pineault en entrevue avec le Journal. «On savait que c’était impossible de concilier notre façon de vivre, notre industrie de la chasse et pêche et l’industrie des hydrocarbures. Et quand on a su que c’étaient des sources non conventionnelles, et qu’il faudrait utiliser la fracturation hydraulique, ça aurait détruit l’île au complet», a-t-il ajouté.

Le gouvernement Couillard a annoncé en début de journée qu’il mettait fin par arrêté ministériel à toute forme d'exploration et de l'exploitation pétrolières et gazières sur l'île d'Anticosti. Des ententes ont déjà été conclues avec les compagnies Junex, Corridor et Maurel & Prom en contrepartie d'une compensation globale de 41,4 millions $. Québec doit toujours s’entendre avec la Québécoise Pétrolia [voir autre texte].

Les groupes environnementalistes ont immédiatement crié victoire. «Le gouvernement du Québec prend la bonne décision en abandonnant à jamais un pétrole coûteux à tous les points de vue», a indiqué nature Québec. Même son de cloche chez Québec solidaire et au Parti québécois, qui avait pourtant initié le coûteux projet d’exploration à l’époque du gouvernement Marois.

Tout le contraire pour la Coalition avenir Québec, qui fait figure d’exception dans la sphère politique québécoise. Le parti de François Legault déplore que le Québec ne soit pas allé au bout de l’exercice d’exploration. «Je trouve ça dommage de mettre fin aux travaux sans connaitre le réel potentiel de l’île», a dénoncé la députée caquiste Chantal Soucy.

Le combat n’est toutefois pas terminé pour la petite municipalité de 200 habitants, qui lutte toujours pour inscrire son territoire au titre de patrimoine mondial par l’UNESCO. Le maire demande maintenant au gouvernement la création d’un fonds spécial d’investissement pour rétablir l’économie de la grande île, qui dépend du tourisme, de la chasse et de la pêche. Il souhaite aussi un nouveau traversier.

«S’il fallait donner des compensations aux entreprises, ça va. Mais il ne faut pas nous oublier. Ça fait cinq ans qu’on vit avec une épée de Damoclès : il n’y a plus d’investissement, tout le monde attendait la décision des pétrolières», explique M. Pineault.

Ce qu’ils ont dit :

  • «Ça fait plus d’un an que nous lui demandons de mettre fin aux travaux et de conclure une entente avec les entreprises concernées», Sylvain Rochon, député du PQ
  • «Il était plus que temps que le gouvernement mette fin à cette erreur monumentale du gouvernement Marois qui a autorisé des compagnies pétrolières à se lancer dans le saccage de ce milieu naturel unique au Québec» - Amir Khadir, député de Québec solidaire
  • «Le PLQ profite d’un vendredi en plein mois de juillet pour mettre fin aux travaux sur Anticosti. C’est tellement arrogant et ça va coûter très cher aux Québécois» - Chantal Soucy, députée de la Coalition avenir Québec