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Une travailleuse sociale n’a fait aucun suivi durant 3 mois

Sa négligence auprès d’un patient âgé et malade lui vaut une radiation de six mois

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Une travailleuse sociale de Montréal est radiée six mois pour avoir négligé pendant trois mois un patient âgé et malade, qui est finalement mort d’une pneumonie et d’une infection grave en 2015.

Aileen Borruel, qui travaille pour un CLSC de la métropole, a plaidé coupable devant l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec d’avoir posé un acte dérogatoire à l’honneur et à la dignité de sa profession.

La travailleuse sociale, qui n’a jamais visité son client des mois d’avril à juillet, a aussi omis d’agir avec disponibilité et diligence, selon le jugement rendu la semaine dernière, alors que le patient avait besoin de suivis hebdomadaires pour assurer sa sécurité.

Mme Borruel avait reçu la charge de ce client, dont l’identité est protégée, en 2015, à la suite du départ d’une collègue. Cependant, la travailleuse sociale ne l’a ni visité ni contacté pendant trois mois, jusqu’à ce qu’il soit retrouvé très malade dans son appartement et qu’il meurt à l’hôpital dans les jours suivants.

Elle n’a pas non plus approché le Soutien à l’autonomie des personnes âgées (SAPA) pour l’aider et n’a fait aucune vérification quant à la santé ou la sécurité du patient.

Le jugement relate que lorsque Mme Borruel a été mise au courant des faits, elle est restée sous le choc et a pris l’entière responsabilité de son manque de suivi.

« La faute commise est très grave et mine la crédibilité de la profession », peut-on lire, ajoutant que la travailleuse sociale n’a jamais fait l’objet d’aucune autre plainte en sept ans d’exercice.

Surcharge ?

Malgré tout, le conseil de discipline souligne que Mme Borruel s’est retrouvée avec un total de 43 dossiers après le départ de sa collègue, en plus des urgences quotidiennes, alors qu’elle ne travaillait que quatre jours par semaine.

« On peut se demander si c’est une charge de travail trop exigeante [...] Le système de santé aurait peut-être besoin de davantage de main d’œuvre », écrit-on dans le jugement.

Par ailleurs, le jugement démontre que la mort du patient a aussi entraîné une révision des pratiques au CLSC où travaillait l’intimée. Celui-ci n’est pas nommé.

Ainsi, un superviseur doit désormais regarder tous les dossiers qui sont remis à un nouveau travailleur social afin d’évaluer la vulnérabilité des patients qui seront pris en charge.

Puis, un travailleur social qui laisse ses dossiers à un collègue doit maintenant lui laisser des notes sur chacun des patients.

Responsabilité partagée

Pour la directrice par intérim du développement professionnel à l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec, Marie-Lyne Roc, la charge de travail doit être une responsabilité partagée.

« Il ne faut pas hésiter à en parler à l’employeur si la charge de travail est trop grande », explique-t-elle, ajoutant que les CLSC ont aussi le devoir envers la population d’offrir des soins de qualité.