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L’anglais est en progression au Québec

La langue française recule, mais n’est pas menacée

famille anglophone
Photo Simon Clark Nora Loreto et son conjoint Jesse Greener ont vécu une période d’adaptation majeure, lorsqu’ils ont quitté l’Ontario, en 2012, pour venir s’installer à Québec.

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Pendant que le français recule un peu partout dans la province, l’anglais, lui, progresse. À Québec, la communauté anglophone a bondi de 53 % en cinq ans, mais le français n’y serait pas pour autant menacé puisque la plupart de ces nouveaux arrivants se mettent rapidement à la langue de Molière.

 

C’est le cas de Nora Loreto et de son conjoint Jesse Greener qui sont arrivés à Québec en 2012.

Originaires de l’Ontario, ni l’un ni l’autre ne parvenait à se débrouiller en français, mais la réalité de Québec ne leur a pas donné le choix.

« Ce n’est pas une ville facile à intégrer parce que tout se passe en français. On ne peut pas vraiment vivre à Québec dans un milieu seulement anglophone », explique Mme Loreto, qui admet avoir trouvé les premiers mois difficiles après le transfert de son conjoint qui est chercheur à l’Université Laval.

L’apprentissage de Mme Loreto s’est même fait de façon forcée à certaines occasions, notamment lors de la naissance de ses jumeaux Riel et Della.

Pas le choix

Après un accouchement compliqué et de nombreuses hospitalisations, elle a dû se débrouiller pour comprendre ce qui se passait dans cet environnement francophone.

« Une partie de mon intégration et de mon apprentissage s’est faite dans le système de santé », raconte-t-elle dans un français aujourd’hui presque parfait.

La situation du couple n’est pas unique à Québec, assure la directrice générale de Voice English Quebec (VEQ), un organisme qui accompagne les arrivants anglophones dans la région.

« C’est tout simplement impossible de vivre uniquement en anglais à Québec. On le crie haut et fort aux nouveaux arrivants, s’ils veulent s’épanouir, ils doivent apprendre le français », souligne Brigitte Wellens, illustrant la place prédominante que continue d’occuper le français à Québec.

Et force est d’admettre que les anglophones de Québec suivent le conseil à la lettre. Sur les 16 605 personnes dont l’anglais est la langue maternelle dans la grande région de Québec, seulement 1945 ne s’expriment que dans cette langue.

« Les anglophones ici ne se sentent pas comme une menace au français. C’est plutôt une richesse d’avoir les deux langues », ajoute la directrice du VEQ qui se réjouit de voir la communauté se développer.

Plus de 90 % francophone

Selon les données du recensement 2016, le français est la langue maternelle de 93,2 % des quelque 790 000 habitants de la région de Québec. L’anglais compte pour 2,10 %, passant de 10 850 en 2011 à 16 605 personnes.

Près de 4 % de la population parle quant à elle une autre langue que les deux officielles, dont 5200 personnes qui parlent arabe et 7300 l’espagnol.