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Vélo de montagne: un rêve pour une jeune vététiste de Beaupré

Âgée de 20 ans, Amélie Simard participe aux épreuves du Vélirium depuis plusieurs années déjà.
Photo Didier Debusschère Âgée de 20 ans, Amélie Simard participe aux épreuves du Vélirium depuis plusieurs années déjà.

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BEAUPRÉ | La tenue des championnats du monde de vélo de montagne au Mont-Sainte-Anne en 2019 anime déjà l’esprit des vététistes québécois et canadiens. À 20 ans, Amélie Simard n’a d’yeux que pour la plus grande scène de son sport qui se déroulera dans sa cour arrière.

La vététiste de Beaupré participera à sa deuxième Coupe du monde en cross-country, dimanche, à la montagne qu’elle a admirée toute sa jeunesse. C’est toutefois avec une pensée la projetant dans un avenir pas si lointain qu’elle amorcera le parcours aux côtés de l’élite mondiale des moins de 23 ans.

« Je vise les championnats du monde qui seront ici, affirme sans détour cette pétillante blonde qui avait surpris l’an passé avec une neuvième place devant les siens. Ce sera alors ma dernière année U23 et ce sera une année où j’aurai beaucoup de chances pour me démarquer. Rendu là, on verra ce que sera mon objectif à long terme. C’est toute une motivation. Juste d’entendre les cris des gens qui t’encouragent, c’est quelque chose. »

Expérience inoubliable

La Québécoise a encore frais en mémoire son baptême du feu sur la scène internationale. Une expérience qui l’a fait grandir, puisqu’elle a pris part à deux Coupes du monde depuis le début de la présente saison, soit à Andorre (40e) et en Suisse (46e).

« J’ai commencé à faire du vélo de montagne parce que j’ai déménagé ici, et on sait que le vélo ici, c’est gros et c’est beau, a-t-elle souligné. Je participe au Vélirium depuis que j’ai l’âge d’y participer. Avant, c’était en faisant les Raids, et maintenant, c’est la Coupe du monde. C’est vraiment gros et l’an dernier, mon beau souvenir s’est passé ici avec toute ma famille et mes amis qui étaient venus m’encourager. C’était vraiment spécial. »

« Ma saison est un peu plus difficile, mais mon corps commence à subir un plus gros volume d’entraînement, c’est pourquoi c’est plus dur pour moi. Cela dit, ça va se répercuter pour les prochaines années. »

Une pharmacienne légendaire

En prononçant le nom de Marie-Hélène Prémont, la médaillée d’argent des Jeux d’Athènes en 2004, durant l’entrevue, les yeux bleus de la jeune femme s’illuminent. Et pour cause ! La fierté de Château-Richer, qui a largement contribué à la popularité du vélo de montagne au Québec, est à la fois son modèle et sa pharmacienne !

« Elle m’a inspirée autant par ses performances que par sa personnalité, a avoué la future étudiante en génie du bâtiment, qui croise l’ancienne vététiste régulièrement au Familiprix de Sainte-Anne-de-Beaupré où elle travaille. Le fait qu’elle soit maintenant pharmacienne, qu’elle ait eu des enfants et qu’elle ait eu une carrière accomplie aussi, c’est vraiment un bon modèle. »

Cette confession éveille d’ailleurs une anecdote dans la tête de l’athlète. « Je l’ai déjà appelée quand j’étais malade et c’est elle qui a répondu ! C’était quand même drôle », a lancé en riant celle qui espère pouvoir offrir un « bon show » durant la course de dimanche dont le départ sera donné à 8 h 30.

Échauffement pour 2019

Chantal Lachance, de Gestev, affirme que l’engouement pour le Vélirium au Mont-Saint-Anne ne se dément pas.
Photo Didier Debusschère
Chantal Lachance, de Gestev, affirme que l’engouement pour le Vélirium au Mont-Saint-Anne ne se dément pas.

 

Les deux prochaines Coupes du monde organisées par la société Gestev serviront d’échauffement en vue des championnats du monde de 2019.

Même si Gestev présentera cet événement phare pour la troisième fois au Mont-Sainte-Anne (1998 et 2010), une première d’ailleurs pour un site de compétition depuis la création des mondiaux par l’Union cycliste internationale (UCI) en 1990, il reste qu’on veut s’assurer d’offrir la meilleure édition possible.

En plus des catégories élite, junior et U23, en cross-country et en descente, le MSA accueillera le volet des maîtres une semaine auparavant, comme quoi le boulot ne manquera pas pour la firme spécialisée dans l’organisation d’événements sportifs internationaux d’ici là.

C’est dans cette optique que le site a été quelque peu modifié pour l’édition 2017 du Vélirium, notamment à l’aire d’arrivée où un pont a été ajouté. Pour la descente ainsi que pour le cross-country, les spectateurs auront accès à de meilleurs angles pour apprécier l’action.

« On veut que l’expérience soit encore meilleure et c’est en vue des championnats du monde », explique Chantal Lachance, vice-présidente opérations et marketing chez Gestev.

Les organisateurs ont fait un clin d’œil au passé en modifiant une partie du tracé au sommet de la montagne pour les athlètes en descente. Et l’originalité du nom ne manque pas. « On a décidé de faire un crochet vers la terrasse du chalet, là d’où on partait lors de la première Coupe du monde de descente en 1993, a mentionné Lachance. On a appelé ce secteur La Rotteuse, puisque ça passe devant le casse-croûte du Mont-Sainte-Anne. »

Effervescence

Avec une dizaine d’athlètes supplémentaires et deux nouveaux pays (33 au total) en comparaison avec l’an passé, lors de la course qui précédait celle des Jeux de Rio, Gestev sent l’engouement autour de la présentation des mondiaux en sol québécois.

« On essaie toujours de se bonifier et on ne reproduit jamais la même chose, mais j’ai vraiment l’impression qu’on est sur une vague pour quatre ans pratiquement alors qu’on s’en va vers de nouveaux Olympiques, qu’on est l’an 1 après ceux de Rio et entre les deux, il y aura les Championnats du monde ici, a soutenu la vice-présidente.

« Je m’attendais à un creux de vague cette année, mais c’est le contraire alors que la liste des inscrits est plus grande et il y a plus de pays. Oui, la notoriété du Mont-Sainte-Anne [joue], mais le fait qu’on soit à deux ans des Championnats du monde et à trois des Olympiques, c’est plus ça. Et c’est sûr que ça ne va que grandir d’ici 2019. »

Invitation humide

Malgré la pluie annoncée au cours de la fin de semaine, Lachance et son équipe espèrent que les amateurs convergeront en masse à Beaupré comme ils ont l’habitude de le faire par beau temps lors de l’événement.

« Le spectacle est hallucinant, a-t-elle rappelé. C’est le sport à voir sous la pluie. Si c’est bon pour la télé et pour les photographes, ça veut dire que c’est bon pour tout le monde. Même s’il pleut, tout va fonctionner quand même ! »

Repos bénéfique pour Samuel Thibault

Revigoré par un hiver différent, Samuel Thibault connaît une saison du tonnerre jusqu’ici et il souhaite transporter ses succès au Mont-Sainte-Anne en fin de semaine.

Le spécialiste de la descente a signé des victoires en Coupe Canada (Mont-Tremblant), en Coupe du Québec et dans une compétition régionale chez lui, à Bromont, en plus de s’imposer dans une manche du circuit canadien d’Enduro depuis le début de la saison. Puis, au plus récent championnat canadien disputé en Colombie-Britannique, il a terminé au pied du podium.

Thibault attribue une part de ses succès au fait d’être demeuré dans sa région plutôt que de s’exiler dans l’Ouest pour s’entraîner à North Vancouver, comme il l’avait fait au cours des dernières années.

« Cet hiver, je me suis vraiment reposé et je me suis mis à travailler [dans mon domaine] comme machiniste. J’ai décroché pour l’hiver en me stressant moins avec ça [le vélo de montagne]. Je crois que ça m’a permis d’arriver plus relax pour la saison et ça a bien payé », a exprimé le vététiste de 24 ans en pleine confiance.

Top 50 en mire

Pour sa première et seule Coupe du monde de la saison, Thibault vise les rondes finales du samedi, et surtout, un top 50. « Je veux améliorer mon meilleur résultat ici qui est une 54e place réussie en 2013. »

Comme ce dernier doit payer lui-même ses frais de déplacements, l’étape de Beaupré est la seule de niveau international inscrite à son calendrier en 2017. La venue des championnats mondiaux en 2019 pourrait permettre à plus de Canadiens de vivre l’expérience, selon Thibault, qui aimerait être l’un d’entre eux.

« Habituellement, ils envoient trois Canadiens en descente, mais s’il y a plus de place, je serais plus confiant à pouvoir me qualifier. Ce serait un rêve de jeunesse. Ça a toujours été un de mes objectifs », a-t-il souligné.

Les Québécois Hugo Langevin, Jonathan Lefrançois, Philippe Ricard et Antony Poulson (junior) seront aussi à l’œuvre dans cette discipline. Chez les dames, Vaea Verbeeck et Audrée Vaillancourt seront à surveiller.