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Martin Laurendeau voit au-delà du rêve

L’entraîneur fera tout pour que Shapovalov garde les deux pieds sur terre

Capitaine  de l’équipe canadienne à la Coupe Davis, Martin Laurendeau a travaillé avec Denis Shapovalov l’hiver dernier.
Photo d'archives, AFP Capitaine de l’équipe canadienne à la Coupe Davis, Martin Laurendeau a travaillé avec Denis Shapovalov l’hiver dernier.

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Un espoir aux allures de champion, un stade fébrile qui bondissait à chaque coup gagnant de son nouveau chouchou. Jeudi soir avait des allures de rêve au stade Uniprix, mais Martin Laurendeau veut s’assurer que son protégé reste bien éveillé, peu importe ce qui se passera dans les prochaines semaines.

« Tout va très vite présentement. Le tournoi va très vite. C’est une semaine de rêve que Denis est en train de vivre », relevait l’entraîneur vendredi, quelques heures avant que Shapovalov ne saute sur le central pour affronter le Français Adrian Mannarino.

« Mais l’important est de ne pas brûler les étapes. C’est ce qu’on fait depuis le début. Il a joué beaucoup de tournois Futures, et quand il a été prêt, il a enchaîné avec des Challenger. Il a gagné beaucoup de demi-finales, de finales. »

Un junior

Car Laurendeau le rappelle : sur papier, Shapovalov est encore un junior. Il pourrait prendre part aux Internationaux de Repentigny à la fin du mois. Il ne le fera pas, disputant plutôt le Challenger de Vancouver. Mais cela témoigne de la grandeur des performances qu’il a enchaînées depuis mardi.

Laurendeau travaille avec Shapovalov depuis janvier. C’est le jeune qui a demandé à Tennis Canada s’il pouvait être conseillé par le capitaine canadien de Coupe Davis. Le Québécois le connaissait un peu, l’ayant vu à l’œuvre dans des Futures ici et là.

Laurendeau était bien au fait de son potentiel, mais jamais il n’aurait cru qu’il se retrouverait en quarts de finale d’un des tournois les plus prestigieux du monde dès cette année.

Du courage

Très généreux à quelques heures de ce quart de finale inespéré, l’entraîneur est revenu sur les émotions que lui a fait vivre son prodige face à Rafael Nadal.

Habituellement du genre stoïque, c’est un homme de tennis époustouflé qu’on a vu dans les estrades après l’ultime coup gagnant de Shapovalov.

« Vous voulez dire le visage d’émoticône que j’ai fait ? s’est moqué Laurendeau lorsque questionné sur ses états d’âme. Moi je trouve ça incroyable de voir un jeune comme ça qui revient de l’arrière et qui tient tête à son héros d’enfance. Il a joué pour la victoire jusqu’à la fin. »

Laurendeau a salué le courage du joueur de 18 ans, qui n’a fait preuve d’aucune retenue face au potentiel nouveau numéro 1 mondial dans cette victoire de 6-3, 4-6 et 7-6 (4).

« J’ai revu le dernier coup du match ce matin [vendredi]. Je ne m’en rappelais plus vraiment, mais c’était exceptionnel de le voir se laisser aller », a-t-il dit, avant d’enchaîner un peu plus tard : « Ce n’est pas quelque chose qui s’apprend. Tu l’as ou tu ne l’as pas. Lui, il l’a. »

Étape par étape

Comme bien d’autres, Laurendeau est catégorique : Denis Shapovalov peut aspirer au top 10 mondial et à des titres en Grand Chelem. Sauf qu’avant, il lui faudra viser le top 50, puis le top 30 et le top 20. Question de ne pas brûler les étapes.

« Peu importe la suite, ce qui s’est passé contre Nadal pourra lui servir pour le reste de sa carrière, pointe Laurendeau. Il pourra toujours se rappeler qu’il a été capable de faire ça. »