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Couillard «préoccupé» par les groupes d’extrême droite

Véritable guerre de mots entre le premier ministre et ses adversaires politiques

Couillard «préoccupé» par les groupes d’extrême droite
Photo d'archives Simon Clark

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Même s’il s’avoue «préoccupé» par la montée des groupes d’extrême droite, dont celui qui s’est affiché sur une autoroute de Québec, Philippe Couillard préfère s’en prendre à ses adversaires politiques, qu’il accuse d’attiser la peur.

«Malheureusement, ces groupes-là font partie de la société», a réagi le premier ministre, après qu’une gigantesque banderole invitant à renvoyer les immigrants dans leurs pays d’origine eut été accrochée, lundi matin, sur une passerelle piétonne surplombant l’autoroute Henri-IV.

«J’ai déjà dit que la liberté d’expression permet de dire des conneries. Ça fait partie de ce qu’est la liberté d’expression, a ajouté M. Couillard. [...] Ils sont sur le terrain des préjugés, de l’inquiétude des gens. Ce phénomène-là existe partout. [...] Ça me préoccupe, mais je ne veux pas leur donner plus d’importance.»

Un mur à la frontière

Le chef libéral préfère s’attaquer aux chefs péquiste et caquiste, Jean-François Lisée et François Legault. Les trois se livrent, depuis quelques jours, une guerre de mots en lien avec l’arrivée massive de demandeurs d’asile haïtiens.

Après avoir accusé François Legault d’être sur le point de réclamer la construction d’un mur à la frontière canado-américaine, Philippe Couillard suspecte maintenant Jean-François Lisée de vouloir la même chose.

Le chef libéral en veut à son adversaire péquiste d’avoir déclaré, lundi, qu’un «Québec indépendant ferait respecter sa frontière».

«C’est une longue frontière, a déclaré M. Couillard, lors d’une mêlée de presse. Comment vous allez faire pour vous assurer que personne (ne) traverse entre les postes-frontière? Ça va prendre un mur, hein, M. Lisée! Vous aussi vous voulez un mur!»

Attiser la peur

M. Couillard a du même coup laissé entendre que les discours des partis d’opposition, «qui inquiètent les gens, qui attisent la peur» ont pour «conséquence» de contribuer à cautionner la montée des groupes d’extrême droite.

«Quand on appelle ces gens "illégaux", quand on dit qu’ils ont traversé la frontière illégalement, de deux choses l’une: soit on ne connaît pas les lois et les conventions, ou encore pire, on les connaît et on fait semblant de ne pas les connaître. Alors, un peu de sérieux», a dit le premier ministre.

«Il doit retirer ses propos odieux immédiatement», s’est insurgée la députée caquiste Nathalie Roy.

«M. Couillard aime faire la leçon aux autres partis en leur demandant de ne pas faire d’amalgames. Or, aujourd’hui, il est le seul à en faire», a-t-elle dénoncé.