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Jour de violence à Québec

La marche contre le racisme dégénère, des heurts éclatent entre manifestants et policiers

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L’affrontement appréhendé a bel et bien eu lieu dans les rues de Québec, dimanche, mais il n’a pas opposé manifestants et contre-manifestants. La situation a tôt fait de dégénérer quand des militants radicaux se sont mêlés au rassemblement contre le racisme.

Les esprits se sont échauffés rapidement en début d’après-midi quand un groupuscule radical a tenté de briser un rang formé par des policiers antiémeutes pour empêcher l’accès à une entrée de l’édifice Marie-Guyart où les membres de La Meute étaient retranchés.

Des projectiles et des pétards ont été lancés en direction des agents, qui ont répliqué par des salves de gaz lacrymogène. Le ton était donné. L’attroupement a été déclaré illégal par le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), mais les contre-manifestants n’avaient pas dit leur dernier mot.

Vandalisme

Ceux-ci se sont dispersés dans le secteur de la colline parlementaire sous le regard souvent ébahi de civils et de touristes. Plusieurs actes de violence ont été commis.

En début d’après-midi, les passions étaient déjà vives près du lieu de ralliement des membres de La Meute, qui prévoyaient s’opposer dans les rues à l’immigration illégale. Un regroupement d’une centaine de contre-manifestants, dont plusieurs étaient vêtus de noir et masqués, semblait déterminé à faire dérailler la marche principale.

« On veut lancer un message de bienvenue aux migrants et aux réfugiés. Ça fait au moins sept mois depuis le massacre de la mosquée de Sainte-Foy. Ce sont des groupes comme La Meute qui ont augmenté la peur [de la population] » a défendu le militant altermondialiste Jaggi Singh, qui a été arrêté plus tard pour avoir refusé de se déplacer.

« Nous sommes ici pour que les gouvernements mettent leurs culottes et appliquent les lois en vigueur », a pour sa part exprimé Roch Parent, de La Meute.

Face à la menace à l’extérieur, les manifestants de La Meute, estimés par leur porte-parole Sylvain Brouillette à plus de 600 personnes, sont demeurés confinés dans le stationnement où certains s’étaient massés dès 12 h 30. Ils ont finalement pu entreprendre leur marche vers 18 h.

Cette tension contrastait avec un premier rassemblement de contre-manifestants, dont plusieurs familles qui s’étaient réunies vers 13 h à la place D’Youville.

D’autres arrestations à prévoir

Au terme de la journée, le SPVQ ne dénombrait qu’une arrestation, mais d’autres sont à venir selon le porte-parole David Poitras. « Nous avons des images, des vidéos et du renseignement quant aux individus qui ont participé activement à cette manifestation illégale. Une enquête est en cours et des arrestations sont à prévoir », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, trois policiers ont été incommodés par un irritant chimique projeté par des manifestants.

Une journée complètement chaotique

12 h 30

Les membres de La Meute convergent vers le stationnement de l’édifice Marie-Guyart.

►13 h

Des centaines de contre-mani­festants sont réunis dans le calme à la place D’Youville, puis face à la fontaine de Tourny. Un autre rassemblement comprenant des individus plus radicaux fait le pied de grue près du lieu de ralliement de La Meute.

►14 h

Le départ de la marche contre l’immigration illégale est retardé.

►14 h 34

La contre-manifestation près de l’édifice Marie-Guyart est déclarée illégale.

►14 h 50

Du grabuge est observé sur Grande-Allée.

►15 h 20

Un porte-parole de La Meute explique que les organisateurs analysent la situation et ignorent s’ils pourront entreprendre leur marche.

►17 h

La police antiémeute disperse les contre-manifestants et procède à l’arrestation du militant Jaggi Singh.

►18 h

La Meute entreprend sa manifestation contre l’immigration illégale. Elle se termine une heure plus tard dans le calme.

Avec la collaboration d'Élisa Cloutier