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Pas d’amalgame, Monsieur Couillard!

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Chaque fois qu’il y a un attentat terroriste, nos élus (Philippe Couillard en tête) répètent toujours la même chose.

Surtout, pas d’amalgame !

Ne mettez pas les musulmans et les islamistes dans le même sac.

Car faire ce genre de mélange, c’est alimenter le racisme, la xénophobie, l’intolérance et l’extrême droite.

Une belle grosse bouillie

Or, que fait notre premier minis­tre, depuis quelque temps ?

Des amalgames.

Il mélange toutes sortes de gens, d’organismes et de mouvements idéologiques qui n’ont strictement rien en commun.

L’extrême droite, le nationalisme, le PQ, la CAQ, le Front national, le KKK, La Meute, Jean-François Lisée, François Legault, la charte des valeurs, la laïcité, la souveraineté, Donald Trump, Marine Le Pen, alouette !

Il jette tout ce beau monde et tous ces concepts hétérogènes dans le même robot mélangeur et appuie sur « On ».

Résultat : une belle grosse bouillie qu’il sert ensuite au peuple avec une louche pour lui faire peur.

Il y a un mot pour décrire cette stratégie : minable.

C’est tout simplement odieux.

Oh, le premier ministre ne dit pas que la CAQ et le PQ sont des partis d’extrême droite, non !

Il est plus habile et plus perfide que ça.

Il les met dans le même bol, les fait tremper dans la même vinai­grette surette et à chacun d’en tirer ses propres conclusions.

Les ordres

Savez-vous à quoi ça me fait penser ?

À octobre 1970.

Jean Drapeau, Pierre Elliott Trudeau, Robert Bourassa, la police de Montréal et la SQ ont volontairement exagéré la menace felquiste pour voter des pouvoirs leur permettant de donner une méchante volée à leurs adversaires politiques.

Soudainement, tous les souverainistes, tous les syndicalistes et tous les opposants à Jean Drapeau étaient considérés comme des terroristes potentiels.

Ou des sympathisants.

La méthode est vieille comme le monde.

Tu veux tuer ton chien ? Tu prends de la mousse à savon, tu lui en mets sur les babines et tu dis qu’il a la rage.

Philippe Couillard utilise la même stratégie.

Avec l’aide de La Presse et de Radio-Canada, qui partagent – tout le monde le sait – les mêmes adversaires.

La différence avec octobre 1970, c’est qu’à l’époque la gauche dénonçait et combattait cette méthode cynique.

Alors qu’aujourd’hui elle l’applau­dit chaleureusement. Et collabore avec joie.

Le mépris du peuple

Pourquoi ?

Parce que la gauche, maintenant, prie à l’autel du multiculturalisme et de l’antiracisme systémiques.

Naguère souverainiste, elle asso­cie maintenant le nationalisme au fascisme.

Elle ne défend plus le peuple. Elle défend « l’Autre ».

L’Autre a toujours raison.

Et le peuple a toujours tort.

On connaît tous la fameuse phrase de René Lévesque : « Méfie-toi de ceux qui disent aimer le peuple, mais qui détestent tout ce que le peuple aime. »

Maintenant, la devise de la gauche, c’est : « Méfie-toi du peuple et méprise tout ce qu’il aime et défend. »

Mais le peuple, ce peuple que la gauche juge si stupide et si ignare, n’est pas con.

Il sait bien ce qu’il se passe, ces temps-ci, au Québec.

Philippe Couillard associe le nationalisme à l’intolérance à des fins strictement politiques.

Le PQ s’est égaré en voulant s’associer avec l’extrême gauche multiculturelle.

Espérons qu’il va reprendre ses esprits.