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Victoire des relations publiques pour La Meute

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Photo Daniel Mallard

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La Meute a gagné la guerre des relations publiques dimanche, lors des manifestations de Québec, en raison des gestes de violences posés par un petit groupe d’antifascistes, soutiennent les observateurs.

« Honnêtement, j’ai l’impression qu’on vient de passer 10 mois à expliquer aux gens pourquoi La Meute est un groupe d’extrême droite, pourquoi on doit faire attention et en quoi la radicalisation c’est mauvais. Et qu’en une demi-heure une dizaine de Black Bloc vient faire tomber ça en allant lancer des bouteilles », a dit Maxime Fiset, consultant au Centre de prévention de la radicalisation. « Honnêtement, je suis déçu aujourd’hui parce que c’était prévisible. »

Il croit qu’il s’agit « d’une victoire stratégique pour La Meute » et que « l’opinion publique va retenir que l’extrême gauche s’est complètement décrédibilisée ».

M. Fiset espère néanmoins que le mouvement contre l’extrême droite et le racisme réussira à s’unifier et à se moderniser afin de convaincre la population.

« Aujourd’hui, je vois que les gens condamnent la violence et se souviennent quand même qu’il y avait quatre fois plus de manifestants que ceux de La Meute. Je ne pense pas que ce soit tout perdu », a-t-il dit. « Il va falloir que les manifestants antiracistes apprennent à expulser leurs éléments radicaux, sinon, aux yeux de l’opinion publique, ils vont être coupables par association. »

« La job à notre place »

De leur côté, les dirigeants de La Meute estiment également que les casseurs ont aidé leur cause. « Les antifas ont fait la job à notre place », a rigolé Sylvain Brouillette, l’un des porte-parole du groupe souvent associé à l’extrême droite.

« Ça a retardé notre programme, mais ça a eu du positif pour nous. On avait prédit qu’ils allaient faire du trouble et qu’ils n’allaient pas respecter la loi », a-t-il souligné.

Bien que les regards aient majoritairement été tournés vers la casse et les confrontations avec les policiers, les membres de La Meute assurent avoir réussi à faire passer leur message.

« On a quand même eu beaucoup de temps pour expliquer notre message et notre mandat. C’était d’ailleurs le but de la manifestation silencieuse », a-t-il dit.

Des membres qui n’ont pas la parole

Toutefois, le groupe est vivement critiqué pour ne pas laisser ses membres parler aux médias en tant que membres de La Meute.

Le militant altermondialiste Jaggi Singh a d’ailleurs souligné que « La Meute s’est comportée comme une force paramilitaire », se disant être pour la liberté d’expression tout en interdisant à ses membres de parler aux médias.

Sylvain Brouillette se défend et indique que les membres aiment laisser la place aux porte-parole lorsque vient le temps de représenter La Meute.

« La réputation de La Meute et les déclarations de La Meute ont été galvaudées à l’extrême dans les médias et nos membres en sont parfaitement conscients. Nos membres, ce ne sont pas des professionnels des communications et la plupart préfèrent s’exprimer en leur nom personnel », a indiqué M. Brouillette.