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Le Club de boxe identitaire ouvert depuis juin à Québec

L’endroit tenu secret est connu du Service de police

Le club de boxe identitaire La Phalange
Le Journal de Québec Sur les murs du club, on peut voir les visages de Friedrich Wilhelm Nietzsche, Julius Evola et Dominique Venner, des penseurs du 20e siècle. Le groupuscule base son idéologie sur les écrits de ces auteurs et philosophes.  

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La formation d’extrême droite et anti-immigration Atalante a ouvert un « club de boxe identitaire » à Québec au début de l’été, a appris Le Journal.

L’information circulait selon laquelle ce club était sur le point de voir le jour. Or, il était déjà actif depuis le mois de juin, selon nos informations.

C’est l’un des cofondateurs du groupe Atalante, Raphaël Lévesque, alias Raf Stomper, qui l’a annoncé sur la page Facebook. « Notre club de combat privé est ouvert depuis un bon moment déjà », a-t-il écrit.

Atalante est un groupuscule d’extrême droite, responsable du mouvement « Remigration ». Certains des membres de ce groupe se revendiquent ouvertement du fascisme et contre l’immigration.

La formation a réalisé quelques coups d’éclat depuis une semaine à Québec et à Montréal en apposant de nombreuses affiches sur lesquelles il était possible de lire le terme « Remigration », un mouvement qui prône la déportation des réfugiés et immigrants vers leur pays d’origine.

L’ouverture d’un club de boxe soulève des questions. Les experts interrogés s’inquiètent des messages de haine qui pourraient y être véhiculés.

Herman Deparice-Okomba du Centre de prévention de la radicalisation estime que ce groupe doit être surveillé.

« La police doit faire de la prévention », a-t-il expliqué, croyant que le lieu devrait être ouvert au public et l’organisation plus transparente. « Il ne faut pas que ce lieu devienne une pépinière qui forme les gens à la haine. »

Idéologie

Le Journal a d’ailleurs obtenu des images provenant de l’intérieur du club de boxe.

Sur la photo, il est possible d’apercevoir Raphaël Lévesque, 33 ans, en compagnie d’un sympathisant d’Atalante. En plus d’être l’une des têtes dirigeantes d’Atalante, Lévesque est également le chanteur du groupe Légitime Violence, une formation musicale skinhead très controversée qui a fait couler beaucoup d’encre dans les dernières années pour ses concerts en Europe et à Québec, principalement en raison des propos de ses chansons associées à l’extrême droite et qui appellent à la violence. Raphaël Lévesque a aussi des antécédents en matière de trafic de cannabis et méthamphétamine pour des gestes commis en 2015.

Pas de surveillance

Le Service de police de la Ville de Québec est au courant que ce club de boxe a ouvert ses portes récemment. Pour le moment, le SPVQ ne compte pas intervenir.

« Il n’y a pas de problématique reliée directement à ce centre-là. Présentement, il n’y a pas de plaintes. Alors, il n’y a pas de patrouille accrue dans le secteur », a indiqué Cindy Paré, la porte-parole du corps policier.

Le lieu de ce club de boxe n’a pas été publicisé et est toujours gardé secret par l’organisation.

Raphaël Lévesque et le groupe Atalante n’ont pas répondu aux demandes d’entrevue du Journal.

Atalante

  • Il s’agit d’une organisation politique identitaire d’extrême droite qui compte plus de 150 membres.
  • À la tête du mouvement « Remigration » qui veut déporter les migrants
  • Selon les informations obtenues par Le Journal, Atalante a profité de la présence d’un petit groupe radical contre le racisme à Québec, lors de la manifestation contre La Meute, pour se rendre dans la Métropole afin d’y mettre des banderoles « Remigration ».
  • Une enquête est d’ailleurs ouverte à la police de Montréal dans ce dossier.
  • La présence des antiracistes dans la même ville aurait pu nuire à leur coup d’éclat.