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Un fonctionnaire sur deux affecté par Phénix

Ils sont près de 156 000 à être touchés par la crise

Guillaume Larose
Photo d’archives, Boris Proulx Le fonctionnaire Guillaume Larose dit que la paperasse qu’il a eu à gérer pour tenter d’être payé a ruiné son congé parental avec sa petite fille Coralie.

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OTTAWA | Environ un fonctionnaire fédéral sur deux éprouverait des problèmes de paie en raison du fiasco du système Phénix.

Près de 156 000 employés seraient touchés par la crise, soit environ la moitié des quelque 300 000 fonctionnaires que compte la fonction publique fédérale, selon des documents obtenus par Radio-Canada.

Il s’agit de données que le gouvernement avait toujours refusé de révéler jusqu’ici, malgré les nombreuses demandes des journalistes de la colline parlementaire, y compris ceux du Journal.

Pas de confirmation

Le gouvernement a d’ailleurs refusé de confirmer la validité de ces nouvelles données, invoquant qu’il s’agit d’informations qui sont encore en train d’être compilées et vérifiées.

« On ne peut pas dire avec 100 % de certitude que ce sont des chiffres précis », a nuancé jeudi Steven Mackinnon, secrétaire parlementaire du ministre des Services publics et de l’Approvisionnement.

Il se reporte plutôt au chiffre de 228 000 transactions liées à la paie en attente de traitement en date de la fin du mois de juillet. Un employé peut avoir plusieurs transactions en retard.

En réaction à ces données, les oppositions ont accusé jeudi le gouvernement d’incompétence et d’avoir induit en erreur les Canadiens.

Découragement

Un an et demi après son implantation, Phénix est toujours incapable de payer correctement des fonctionnaires. Ce sont surtout ceux qui composent avec un changement de statut qui en font les frais puisque le logiciel tarde à mettre à jour leur état ou commet une erreur en le faisant.

Les nombreuses victimes de Phénix rencontrées par Le Journal dans le cadre d’un dossier publié dans les derniers jours ont toutes décrit le sentiment de profond découragement qui les habite.

Certains passent des mois sans salaire, sans les primes qui leur sont dues ou sans congé parental payé. D’autres sont payés en trop ou se font réclamer des sommes indues par le fisc.

« Je suis certain que les investissements que nous avons faits feront que nous allons pouvoir régler le problème une fois pour toutes dans un avenir rapproché », a assuré M. Mackinnon, sans indiquer de date précise de retour à la normale.

— Avec la collaboration de Boris Proulx