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Québec renonce à punir un handicapé qui va au cégep

Le gouvernement réclamait 7500$ à un jeune tétraplégique

Le tétraplégique Olivier Gingras reçoit une marque d'affection de sa mère, Caroline Morin.
Photo Courtoisie / Jacques Gingras Le tétraplégique Olivier Gingras reçoit une marque d'affection de sa mère, Caroline Morin.

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DRUMMONDVILLE | Québec est revenu sur sa décision de couper l’aide financière à un tétraplégique parce qu’il fréquente le cégep.

Mardi dernier, l’histoire d’Olivier Gingras, un tétraplégique de 21 ans à qui l’on a coupé une aide financière parce qu’il a décidé de s’inscrire au cégep en septembre 2016, avait fait la manchette. Québec lui réclamait même les 7500 $ touchés au cours de ses deux premières sessions collégiales.

Olivier a perdu l’usage de ses bras et de ses jambes en 2009 après avoir plongé dans un lac peu profond. Paralysé des quatre membres, il doit porter des couches. Mais il a toute sa tête et réussit très bien à l’école. Il souhaite devenir informaticien.

Depuis son accident, il recevait de l’aide de Québec parce qu’il a des contraintes sévères à l’emploi. On lui payait notamment des médicaments et du matériel de soins d’hygiène.

Or, puisqu’il a choisi de fréquenter le cégep depuis 2016, on considérait qu’il ne pouvait plus recevoir d’aide financière.

La fin des réclamations

Jeudi, le cabinet du ministre de la Solidarité sociale, François Blais, a communiqué avec la famille de l’étudiant handicapé afin de l’informer qu’il était admis dans le programme RÉUSSIR, qu’on ne lui réclamait plus d’argent et qu’on lui verserait rétroactivement les indemnités qu’il n’a pas reçues.

Le ministre est lui-même intervenu afin de régulariser le dossier.

M. Gingras avait tenté d’intégrer le programme RÉUSSIR dans le cadre de ses démarches, mais il s’était finalement buté à des obstacles administratifs.

Même si elle a obtenu gain de cause, la famille d’Olivier Gingras a l’intention de poursuivre sa lutte afin de permettre aux autres personnes ayant des contraintes sévères à l’emploi de mener des études.

« On a gagné un round, mais la bataille n’est pas finie, dit Jacques Gingras, le père d’Olivier. On veut un rendez-vous avec Philippe Couillard afin que l’attitude des gens change au ministère de la Solidarité sociale. Ça doit être plus facile d’obtenir de l’information et d’accéder aux programmes. Les règles doivent tenir compte des personnes invalides. »

Pour tous

Il ajoute que le moment est opportun pour réclamer des changements à un an des prochaines élections provinciales.

« On est conscient que c’est grâce aux médias si on en est là. On réalise que c’est une grosse force. On est reconnaissant », conclut-il.

La famille Gingras invite les personnes handicapées se retrouvant dans une situation similaire à joindre le groupe d’Olivier sur Facebook.