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Les super mamans de plus en plus débordées

La consommation de médicaments est de plus en plus grande chez les femmes

En plus du travail, les mamans comme Audrey Richard (photo) doivent notamment enchaîner les tâches ménagères, la préparation des repas et les soins à la marmaille.
Photo Pascal Huot En plus du travail, les mamans comme Audrey Richard (photo) doivent notamment enchaîner les tâches ménagères, la préparation des repas et les soins à la marmaille.

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Vingt ans après l’implantation du système de garderies publiques devant permettre aux mères de respirer, elles sont de plus en plus nombreuses à être épuisées et à consommer des antidépresseurs, déplorent des experts.

« C’est un phénomène qui touche toutes les femmes et qui s’inscrit en continuité avec des discours et des contraintes vécues dans les générations précédentes », estime Hélène Charron, directrice de la recherche au Conseil du statut de la femme,

Hélène Lee-Gosselin, directrice de l’Institut Femmes, Société, Égalité et Équité, abonde dans le même sens : « Certaines femmes ont envers elles-mêmes des attentes d’être parfaites, donc des mères parfaites, des professionnelles parfaites, des conjointes parfaites, dit-elle, et certaines poussent ces attentes vers un corps parfait. »

Témoignages troublants

Quelques-unes de ces « super mamans » (voir textes dans la page ci-contre) ont confié sans gêne au Journal être au bout du rouleau :

  • « Des jours, je n’en pouvais juste plus. J’allais dans la salle de bain. Je pleurais, pleurais, pleurais », nous a confié Julie Trudeau.
  • Alexandra Takech n’a pas toujours retenu ses larmes elle non plus : « Je me suis déjà cachée sous mon bureau pour ne pas qu’on me voie pleurer. »
  • « Pour la majorité des gens, être maman à la maison, c’est avoir toujours son lavage fait, une maison propre comme dans les magazines, et des enfants heureux », estime pour sa part Stéphanie Coallier-Brisson.
  • Audrey Richard est d’accord : « Je dois me forcer à être de bonne humeur avec les enfants parce que je trouve ça dur de voir l’état de la maison, les tâches qui n’en finissent plus, les lits défaits, les piles de vêtements qui s’accumulent. »

Résultat, de plus en plus de femmes consultent pour des troubles anxieux ou dépressifs, constate le psychologue Camillio Zacchia, de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas. « On vit dans un monde où on met énormément d’importance sur le désir de corriger tout, d’atteindre la perfection », dit-il.

De plus, des données obtenues par Le Journal montrent que la consommation d’antidépresseurs ne cesse de croître chez les femmes et qu’elles en prennent deux fois plus que les hommes.

Les femmes en font trop

Pour sa part, Hélène Lee-Gosselin croit que le système de garderies publiques, qui devait permettre aux femmes d’intégrer le marché du travail tout en délaissant leur rôle traditionnel, s’est en quelque sorte retourné contre elles.

« Historiquement, les entreprises ont majoritairement existé avec de la main-d’œuvre masculine qui bénéficiait de la présence de quelqu’un à la maison pour s’occuper du reste », rappelle-t-elle.

Or, même si les femmes restent moins à la maison pour s’occuper des enfants que dans les années 60 et 70, elles continuent de s’acquitter de leur rôle de mère, en plus d’occuper un emploi. Ce qui ne fait qu’augmenter leur stress. À cela s’ajoutent les réseaux sociaux et les médias qui accentuent le poids sur les épaules des mères désirant s’épanouir financièrement, souligne-t-elle.

« C’est assez affolant de voir comment ces images traditionnelles de la mère parfaite continuent à coexister avec des messages qui disent aux femmes : “vous devez prendre en charge votre autonomie personnelle et financière, travailler, avoir une carrière”, dit Mme Lee-Gosselin. Le modèle de la femme parfaite, c’est la super femme. »

Un constat que dresse également Camillio Zacchia, qui note lui aussi que les rôles se multiplient pour la femme.

« Avant, la maman était une maman. Maintenant, elle a tendance à vouloir tout faire, concède-t-il. On met beaucoup plus d’emphase sur le rôle professionnel et on essaie de garder l’esprit familial, mais on ne peut pas faire deux choses aussi bien. »

Quant au Conseil du statut de la femme, il remarque également cette « double contrainte » accentuée par la création d’un système de garderies publiques.

Comme un robot

Audrey Richard n’en peut plus de son rythme de vie infernal, alors qu’elle s’évertue à tout concilier. Elle dit être sur le point de crouler sous le poids des tâches ménagères, des soins à la marmaille, des déplacements à la garderie, des repas et des emplettes, en plus de son travail frôlant les 50 h par semaine.

« Je m’en vais sur les médicaments. J’avoue que j’y pense, mais je ne veux tellement pas », soupire cette maman entrepreneure de Donnacona, la voix gorgée d’émotion. « J’ai souhaité avoir de l’aide, mais je n’en ai pas trouvé au public, à l’exception de mon médecin », déplore-t-elle.

Mère de deux enfants, elle est copropriétaire d’une entreprise de gâteaux créatifs qui monopolise au bas mot 50 heures par semaine. Son conjoint est également travailleur autonome et ne revient pas à la maison avant 20 h, travaillant fréquemment les samedis.

« Le matin, raconte la maman âgée de 36 ans, je prépare les enfants, je vais les porter à la garderie. Je retourne les chercher le soir, je prépare le souper, puis c’est le bain et le dodo.

Quand j’ai de gros contrats, ce n’est pas rare qu’à 21 h je reparte un quart de travail, jusqu’à 1 h du matin, à la maison. C’est un peu débile. »

Extrêmement lourd

Cette routine se répète tous les jours alors que la super maman tente d’accomplir ses tâches ménagères par la bande, tel un « robot », pour employer son expression.

« À la maison, je trouve ça extrêmement lourd. Je dois me forcer à être de bonne humeur avec les enfants, parce que je trouve ça dur de voir l’état de la maison, les tâches qui n’en finissent plus, les lits défaits, les piles de vêtements qui s’accumulent... Juste d’en parler, je suis déprimée », laisse-t-elle tomber.

La pression du web

Alexandra Takech a inventé une expression :  la culpabilité travail-famille...
Photo Simon Clark
Alexandra Takech a inventé une expression : la culpabilité travail-famille...

Pression au travail, à la maison, de la part des proches, et maintenant sur les réseaux sociaux : depuis la naissance de son garçon, Alexandra Takech fait des pieds et des mains afin de répondre aux « exigences » de la société dans sa quête de la maman parfaite.

Cette mère de famille de Québec a donné naissance à son garçon, il y a deux ans.

Bien avant qu’il ne voie le jour, elle s’inspirait de ce qu’elle trouvait sur le web pour se forger une idée préconçue de ce que serait son nouveau rôle de maman.

« Je regardais les suggestions d’activités éducatives à faire avec son enfant, mais le mien n’est pas très bricolage, alors ç’a été un deuil à faire. Il est plus moteur, dit la mère âgée de 33 ans. Ça peut te donner des idées, mais ce n’est pas toujours la réalité. »

Stress et culpabilité

Pour expliquer une partie du stress qu’elle ressent, Mme Takech pointe du doigt cette pression virtuelle qui s’ingère désormais dans la vie des mères.

« Je me mettais de la pression et je me disais : “elle passe full de temps avec ses enfants, elle a l’air full heureuse, elle a une vie de rêve”. On est tellement dans un monde où tout est projeté. Il y a vraiment une culture qu’il faut inscrire nos enfants à 10 000 choses. Mais où est passé notre temps de qualité ? »

L’arnaque travail-famille

À travers un sentiment de culpabilité persistant, Mme Takech tente de concilier le travail et la famille du mieux qu’elle le peut.

Si son employeur a mis en place des mesures favorisant cette articulation, elle croit néanmoins qu’il subsiste une pression de « livrer la marchandise ».

« Une mauvaise journée, j’appelle ça l’arnaque travail-famille, et d’autres, la culpabilité travail-famille », blague celle qui « profite » de ses heures de dîner pour aller faire des courses afin d’alléger son horaire, alors qu’elle avoue frôler « la crise d’anxiété » certains jours.

« Je me suis déjà cachée sous mon bureau pour ne pas qu’on me voie pleurer, dit-elle. Je dois cesser de tout prendre personnel et de culpabiliser, mais c’est plus facile à dire qu’à faire. »

Ça l’a rendue malade

Julie Trudeau a connu une routine 
infernale.
Photo Caroline Lepage
Julie Trudeau a connu une routine infernale.

Souhaitant à tout prix être une super maman et une super travailleuse qui excelle dans tout, Julie Trudeau a été rattrapée par son rythme de vie effréné. Elle s’est retrouvée en arrêt de travail en raison d’une dépression majeure avec trouble anxieux généralisé et trouble panique.

« J’étais en mode survie depuis combien d’années ? Deux ans », estime cette jeune mère de famille de Drummondville, âgée de 34 ans.

Prisonnière de sa routine

À l’époque, elle s’est retrouvée prisonnière du tourbillon effervescent engendré par sa routine infernale quotidienne : déplacements à la garderie, repas, ménage, lavage, devoirs, cours de gymnastique... en plus de son travail.

« J’allais porter et chercher les filles, préparais le souper et, pendant que ça cuisait, vite on faisait les devoirs. Une fois les enfants couchés, tu as encore du lavage et de quoi à faire. La roue tournait toute seule », confie celle qui ressentait aussi une pression de performance au travail.

Sans crier gare, l’anxiété s’est emparée de cette super maman. Elle s’est mise à accumuler les crises de panique à raison de deux par jour et parfois même en pleine réunion.

« Je pleurais, je pleurais »

« Des jours, je n’en pouvais juste plus. J’allais dans la salle de bain. Je pleurais, pleurais, pleurais. J’ai éclaté en morceaux », souffle-t-elle.

Épuisée, elle a consulté à l’été 2016. On lui a diagnostiqué une dépression majeure avec trouble anxieux généralisé et un trouble panique. Elle s’est retrouvée en arrêt de travail et sous médication. « La super maman, la super travailleuse devait exceller dans tout et je me disais qu’ils allaient être contents et apprécier mon travail, mais moi, je ne l’appréciais pas mon rythme. » Elle a entrepris un retour au travail progressif avant Noël, pour quitter son emploi en août dernier. « Je n’y arrivais plus », avoue celle qui a ensuite entrepris une thérapie de groupe quotidienne afin « d’apprivoiser » l’anxiété et la dépression.

Pas facile d’être mère à la maison

Stéphanie Coallier-Brisson, maman épuisée.
Photo Didier Debusschère
Stéphanie Coallier-Brisson, maman épuisée.

Devant l’échec de la conciliation travail et famille, Stéphanie Coallier-Brisson a décidé de mettre sa carrière en veilleuse et de rester à la maison afin de se faciliter la vie. Avec un conjoint œuvrant dans le domaine de l’agriculture, elle doit tenir le fort seule en quasi-permanence, si bien qu’elle a rapidement déchanté et sombré dans la dépression.

Cette jeune mère de Saint-Alban travaillait dans une boutique lorsque son garçon a intégré la garderie. Son horaire incluait des quarts de travail les soirs et les fins de semaine, tout comme celui de son conjoint qui est inséminateur bovin.

« Ça ne marchait pas à la garderie. Mon gars ne mangeait plus et il a attrapé la gastro, alors j’ai été obligée d’aller à l’hôpital, de manquer du travail. Le fait de courir, je capotais », relate la mère.

Comble de malheur, elle s’est fait « remercier » par son employeur. « On m’a dit que je n’étais pas fidèle, dit-elle. La conciliation travail-famille ne marchait pas du tout. Ç’a été une claque dans la face », avoue celle qui est âgée de 29 ans.

« Monoparentale »

Devant cet échec, le couple a décidé que la mère resterait au foyer. Ils se sont serré la ceinture avant d’accueillir un second poupon. C’est à ce moment qu’elle s’est sentie débordée et « jugée », sombrant dans la dépression.

« Les deux pieds dedans et par-dessus la tête. Pour la majorité des gens, être maman à la maison, c’est avoir toujours son lavage fait, une maison propre comme dans les magazines et des enfants heureux. Mes enfants sont heureux, mais comme tout parent, ma maison est en bordel dix minutes après avoir tout torché, soupire-t-elle.

« La mère à la maison n’a pas à courir pour aller à la garderie, travailler, tout est beau, elle n’a pas à se plaindre, mais je les ai 24 h sur 24, 7 jours sur 7. Je suis comme une monoparentale qui fait tout. »

Excédée, Mme Coallier-Brisson a décidé de réinscrire son garçon à la garderie afin de se donner du répit, à raison de deux jours par semaine. « Souvent, mon chum revient de travailler et me dit : “tu n’as rien fait”. Bien, j’ai changé 16 couches, géré 10 crises, fait 3 brassées pas encore pliées et je n’ai pas réussi à préparer le souper parce que je mouche des nez aux 5 minutes. J’ai des demandes d’un bord et de l’autre, dont verser un verre de lait, mais malheur, dans le mauvais verre, alors j’ai une crise de bacon à gérer.

« Comme si m’occuper des enfants n’était pas un travail en soi », conclut Mme Coallier-Brisson, qui est enceinte de son troisième enfant alors qu’elle se qualifie de « sadomasochiste » en voulant agrandir la petite famille.

Pas besoin d’être parfaite

 - Une mère de Rivière-à-Pierre réussit à tout conjuguer grâce à son conjoint

Pour Marie-Christine Morasse, la clé du succès réside dans le « lâcher-prise » et une « belle complicité » avec son conjoint, alors que le couple s’est naturellement départagé les tâches quotidiennes à effectuer.
Photo Jean-François Desgagnés
Pour Marie-Christine Morasse, la clé du succès réside dans le « lâcher-prise » et une « belle complicité » avec son conjoint, alors que le couple s’est naturellement départagé les tâches quotidiennes à effectuer.

Une mère de trois enfants de Rivière-à-Pierre carbure aux défis. Le boulot, la marmaille, les tâches ménagères, les congrès, la garderie, les devoirs, les différents cours et les activités figurent notamment à l’agenda de cette super maman, qui parvient à tout conjuguer grâce au lâcher-prise et à une « belle complicité » avec son conjoint.

« Ça a embarqué tout seul. On a vu nos forces, on se complète super bien », confie Marie-Christine Morasse, âgée de 33 ans.

Cette maman de trois enfants a toujours vécu à cent à l’heure et n’a pas ralenti la cadence depuis leur naissance.

Sa routine effrénée comprend notamment le travail et les congrès, qui l’obligent souvent à partir à l’extérieur, la garderie, les devoirs, les repas, le cours de danse de sa fille et le hockey de son garçon, la balle molle avec son conjoint, l’été, et le hockey, l’hiver, l’organisation d’activités et de festivals pour sa municipalité, puis la présidence du Conseil d’établissement de l’école. Ouf...

« Quand on ne fait rien, on dirait qu’on se cherche de l’ouvrage », avoue la super maman.

Heureusement, elle compte sur l’aide de son conjoint. « Les bains que j’ai donnés aux enfants, je les compte sur les doigts d’une main, assure-t-elle. Mon chum s’occupe aussi du ramassage de fin de soirée. Je prépare les lunchs, remplis le lave-vaisselle, pars une brassée. » Le couple parvient même à se retrouver sur le sofa, le soir venu. « Ma brassée dans la laveuse, ça attend au lendemain si je n’ai pas le temps. Je me donne le temps de prendre du temps pour moi. »

Lâcher prise

Un concept que le psychologue Camilio Zacchia s’évertue à faire comprendre aux super mamans qui se tournent vers la thérapie pour traiter des troubles anxieux ou dépressifs liés au rythme de vie effréné et à la quête de la perfection, notamment. 

« On essaie de leur faire comprendre qu’elles peuvent faire beaucoup sans tout faire. Qu’elles sont de bonnes mères sans être une mère parfaite », indique-t-il. « De revoir leurs priorités. On travaille la confiance, les standards, les exigences et cette fameuse question du contrôle de ce qu’on peut et ne peut pas faire et l’accepter. »

À cet effet, Mme Morasse consent que la clé du succès réside dans le lâcher-prise. « J’aime que ma maison soit propre et à l’ordre, mais j’ai laissé ça aller complètement, confirme-t-elle. Le bordel dans le salon va rester là jusqu’à ce qu’on se dise “on ramasse tout le monde ensemble”, et ensuite on s’assoit pour écouter un film. C’est propre et on est contents. »

La clé du succès

  • Lâcher prise
  • Établir le degré d’importance des tâches à accomplir
  • Être capable de dire non aux autres
  • Respectueusement laisser reposer des responsabilités sur les épaules des autres
  • Voir que les choses sont bien faites même si ce n’est pas parfait ou réalisé selon nos standards
  • Avoir une capacité à tolérer et à déléguer


* Source : Camilio Zacchia, psychologue

La simplicité volontaire comme bouée de sauvetage

Après s’être « carrément jetée à terre » en tentant de suivre la cadence infernale de sa routine familiale quotidienne, une mère entrepreneure de Val-Bélair a décidé de réorganiser sa vie et d’opter pour la simplicité volontaire. Elle élimine ainsi les frustrations, le stress et l’anxiété.

« Il n’y avait pas de place pour les imprévus et ça me faisait capoter, avoue Julie Turbide qui est maman de deux fillettes. J’en venais à être en maudit après les enfants. Ça ne marchait pas, ce n’était pas conforme avec mes valeurs. J’ai dû tout réorganiser. »

Après la naissance de l’aînée, la super maman, âgée de 35 ans, a lancé son entreprise offrant les patrons des tricots qu’elle réalise. Elle travaillait plus de 40 heures par semaine à domicile, puis enchaînait les tâches ménagères, celles reliées à la marmaille, les devoirs et les repas, entre autres. « Je me suis carrément jetée à terre, confie-t-elle. Dès qu’il y avait une tempête, une pédago (congé pédagogique) ou quelque chose qui ne marchait pas et m’empêchait de travailler, j’angoissais. »

Simplicité volontaire

C’est devant ce constat que Mme Turbide a opté pour la simplicité volontaire. Elle a donné plus du tiers des effets qui se trouvaient dans leur appartement et a réduit ses heures de travail.

Son conjoint subvient aux besoins de la famille. Elle concocte ses produits ménagers afin de ne pas être « dépendante de l’achat ».

« On n’avait pas un gros train de vie, on reste en appartement, et notre voiture est payée. Mes rêves se sont modifiés, et maintenant que c’est désencombré, nous sommes bien ici, dit-elle. En ayant moins de possessions, on a plus d’argent pour les activités. »

Mme Turbide soutient que le stress, l’anxiété, les virus et les conflits sont beaucoup moins présents depuis.

« Je suis plus patiente. Je n’avais jamais lu une histoire avant le dodo. Je n’avais pas le temps. J’avais du travail, je devais finir le souper, donner les bains, etc. Là, on a le temps de le faire, on a plus de plaisir. C’est notre moment. »