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Jean-Pierre Charland – Eva Braun: amoureuse d’Adolf Hitler

Jean-Pierre Charland
Photo courtoisie

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Fasciné par la complexité de la relation entre Adolf Hitler et Eva Braun, qui l’a suivi jusque dans la mort, l’historien et romancier Jean-Pierre Charland fait la genèse de cette troublante histoire d’amour sur fond de Seconde Guerre mondiale dans sa nouvelle série, Eva Braun.

Eva Braun, née en 1912, a grandi auprès de sa mère et de ses deux sœurs dans une Allemagne en guerre. En 1929, elle trouve une place de commis à la boutique de Heinrich Hoffman, le photographe personnel d’Adolf Hitler.

Plutôt timide et réservée, la blonde Eva est un jour présentée au chef du Parti nazi. Monsieur Hitler, qui a déjà la quarantaine, la courtise avec assiduité pendant plus de deux ans, auprès d’Herta Ostermayer, l’amie qui leur sert de chaperon.

Ils vont au théâtre, assistent à des concerts, discutent des films qu’ils ont vus. En 1932, elle devient l’amoureuse de cet homme totalement dédié à la politique, au moment où il entame sa campagne électorale.

« Hitler était un séducteur. Il a joué sa vie comme une pièce tragique, sans aucune nuance, aucune capacité d’adaptation. Il s’en va comme un train vers un mur. Il n’y a jamais d’hésitation dans cette course qu’il conduit », commente l’auteur en entrevue. « Dès 1940-1941, il savait qu’il était condamné à l’échec et qu’il ne pouvait pas s’en sortir. »

« Une enfant mal-aimée »

Jean-Pierre Charland a essayé de comprendre pourquoi une jeune fille tout à fait normale avait pu tomber en amour à ce point, à 17 ans, avec un personnage aussi rigide et dangereux qu’Adolf Hitler.

« Eva Braun était une enfant mal-aimée et qui était à la recherche de l’attention d’une figure paternelle. C’est quelque chose qui s’imposait dans mon esprit : elle ne pouvait pas chercher un compagnon comme celui-là sans chercher d’abord un personnage fort auquel elle allait se coller. Dans une certaine mesure, sa petitesse est compensée par la grandeur de son amant. Il y a quelque chose dans la réalisation de soi : elle n’est rien sauf une amoureuse qui va aller jusqu’au bout. »

L’historien a été fasciné par la lecture des témoignages des derniers jours d’Eva. « Tous les anciens militaires parlent de son courage, de sa sérénité face à la mort. Elle aussi joue sa pièce : se montrer comme la plus grande amoureuse. Elle a été jusqu’à la dernière seconde avec lui. »

Hitler, à l’inverse, avait peut-être besoin d’une femme sans grande envergure à ses côtés, une femme qui n’allait jamais le remettre en question ?

« Il aurait eu trois femmes dans sa vie, peut-être quatre. C’était toujours des femmes très jeunes. Il disait qu’elles étaient comme de la cire molle et qu’on pouvait leur donner la forme qu’on voulait. Alors, il cherchait une jeune fille qui allait avoir des attentes très limitées à son égard et qui, en même temps, allait être prête à tout pour lui. Et lui avait besoin de sortir du monde dans lequel il était. »

« On ne sait rien d’elle »

Pour situer le roman en tenant compte du contexte historique, il est allé en Allemagne, puis il a recréé l’histoire d’Eva à partir de ses photos à elle. « Assez curieusement, il n’y a pas d’écrits contemporains sur Eva Braun. Hitler la tenait secrète. On ne sait rien d’elle, sauf ce qu’elle nous dit. On a à peu près huit pages de son journal personnel, mais il y a 33 albums photo dans lesquels elle raconte sa vie. »

  • En librairie depuis le 31 août.
  • Jean-Pierre Charland est titulaire d’un doctorat en histoire et d’un autre en didactique.
  • Il est aujourd’hui un professeur d’université à la retraite.
  • Il a publié plusieurs séries historiques à succès : Sur les berges du Richelieu, Les Portes de Québec, Les Folles Années, Félicité, Les années de plomb.
  • Le tome 2 sera publié le 16 novembre.

EXTRAIT

« Quand le convoi s’arrêta devant un grand escalier du chalet, Hitler se tenait en haut des marches, les bras croisés sur la poitrine, souriant. Son costume civil et son chapeau de feutre mou lui donnaient un peu l’allure d’un oncle démodé. Les nouveaux mariés furent les premiers à le rejoindre.

- Maintenant, la petite princesse est devenue madame Feigelein. Félicitations, dit Hitler.

Il lui prit la main pour l’embrasser, une attention qu’il adressait à la plupart des femmes croisant sa route. Puis il serra celle de l’époux. Ensuite, il répéta l’opération avec les parents Feigelein, les parents Braun et même Ilse. Malgré les reproches sous-entendus avant d’entamer le trajet de retour, Fritz se montra obséquieux devant Hitler. Les témoins du mariage, Bormann et Göring, furent reçus comme il convenait entre collègues. »

— Jean-Pierre Charland, Eva Braun