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Une capsule sur les migrants fait réagir

Des experts jugent que le PQ déforme la réalité

Gabrielle Lemieux, présidente du Parti québécois, en compagnie de Jean-François Lisée lors du point de presse hier présentant les capsules « 50 + 1 réponses ».
Photo agence qmi Gabrielle Lemieux, présidente du Parti québécois, en compagnie de Jean-François Lisée lors du point de presse hier présentant les capsules « 50 + 1 réponses ».

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Le Parti québécois affirme dans une capsule de promotion de l’indépendance que le Canada est le pays le plus lent du G7 pour traiter les demandes d’asile, ce qui a fait sursauter des experts, mardi.

« Je suis choqué [...] Je trouve ça un peu odieux. On induit la population en erreur », a réagi Stéphane Handfield, avocat spécialisé en droit de l’immigration. « [Cette information] ne vient certainement pas de gens qui pratiquent dans le domaine ».

Le PQ a diffusé mardi sept capsules intitulées « 50 + 1 réponses » faisant la promotion de l’indépendance, à quelques jours du congrès où aura lieu un vote de confiance envers le chef Jean-François Lisée.

Chiffres controversés

Une de ces capsules traite de la problématique des migrants, un sujet sur lequel M. Lisée a déjà dû essuyer des critiques. Le PQ y affirme que le Canada attend de trois à cinq ans avant d’indiquer à un demandeur d’asile s’il peut demeurer au pays. Un tableau y compare ces délais avec ceux d’autres pays du G7. Les États-Unis mettent deux ans à traiter ces demandes, la France 21 mois et l’Italie seulement neuf mois, des chiffres provenant de bases de données comme asylumineurope.org.

Un Québec indépendant serait donc plus rapide à traiter ces demandes, a dit M. Lisée. « On peut se demander ce qui est vraiment humaniste : répondre assez rapidement à une demande d’asile [...] ou avoir les délais les plus longs du G7? »

Mais pour les trois experts consultés par Le Journal, la capsule déforme la réalité. Selon Me Handfield, la plupart des demandes étaient traitées en moins de 14 mois avant le récent afflux de migrants.

« C’est bien beau de dire qu’on va être en mesure d’être plus rapides, mais les coûts seraient extrêmement élevés », dit Mireille Paquet, professeure en sciences politiques à l’Université Concordia.

« Caricatural »

« Je crois que nous sommes plus humains que les États-Unis, qui se foutent de renvoyer des gens vers la torture », illustre Idil Atak, professeure à l’Université Ryerson.

« Les affirmations du PQ sont trop simplistes », dit-elle. D’ailleurs, le processus a été accéléré sous le gouvernement Harper. Résultat : plusieurs demandeurs considèrent que les délais sont en fait trop courts, ne leur laissant pas le temps de trouver un interprète ou de faire venir les documents de leur pays, dit Mme Atak.

Par ailleurs, M. Lisée a confirmé, lors du point de presse, que la question du financement des cégeps anglophones sera abordée lors du congrès cette fin de semaine.

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