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Langue française: les délégués plus radicaux que Lisée

Affichage unilingue en français, application de la loi 101 dans les CPE, francisation des entreprises : les délégués du Parti québécois veulent durcir le programme en matière de langue.
Photo Sébastien St-Jean Affichage unilingue en français, application de la loi 101 dans les CPE, francisation des entreprises : les délégués du Parti québécois veulent durcir le programme en matière de langue.

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Affichage unilingue en français, application de la loi 101 dans les CPE, francisation des entreprises : les délégués du Parti québécois veulent durcir le programme en matière de langue.  

Réunis en atelier vendredi soir, les délégués ont adopté des amendements importants à la proposition principale de l’exécutif national, qui doit constituer le nouveau programme du parti.

Si elles sont adoptées par le congrès du PQ dimanche, ces propositions iront beaucoup plus loin que celles présentées l’hiver dernier par le chef péquiste, Jean-François Lisée.

Loi 101 dans les CPE

Tout d’abord, la centaine de militants a choisi de revenir aux dispositions initiales de la loi 101 en imposant l’affichage unilingue en français à l’intérieur et à l’extérieur des commerces.

De plus, les délégués ont voté en faveur de l’imposition de la loi 101 dans les CPE et garderies privées subventionnées anglophones, afin d’interdire aux enfants francophones et allophones de s’y inscrire.

Un intervenant en faveur de la mesure, Michel Leduc, est venu affirmer que la proposition vise principalement les garderies privées. «C’est là que l’anglicisation se passe», estime-t-il.

Finalement, les délégués ont choisi d’obliger les entreprises de 10 employés et plus à obtenir un certificat de francisation, alors que Jean-François Lisée voulait abaisser ce seuil aux entreprises de 25 employés et plus. Présentement, seules les entreprises de 50 employés et plus y sont assujetties.

Ces propositions amendées seront soumises en plénière à l’ensemble des délégués dimanche. Ceux-ci devront voter pour accepter ou rejeter les propositions amendées, sans possibilité de les modifier à nouveau.

Maka Kotto tempère

Tout au long des délibérations, le député de Bourget, Maka Kotto, s’est présenté au micro pour tenter de calmer les ardeurs des militants. Il a notamment mis les délégués en garde sur l’imposition de l’affichage unilingue français dans les commerces. «Il y a lieu de considérer l’impact au niveau de la perception de qui nous sommes», a-t-il plaidé au micro «contre».

Même Marc Laviolette, ardent défenseur de la langue française, a minimisé l’impact des amendements peu après l’atelier. «Je ne pense que ça ne passera pas en plénière», a-t-il prédit.

La proposition de réduire graduellement le financement des cégeps anglophones, qui a fait grand bruit cette semaine, sera étudiée samedi en atelier.

Un discours pour séduire les électeurs

Jean-François Lisée a tendu la main aux électeurs déçus de ses adversaires, lors du discours d’ouverture du 17e congrès du Parti québécois vendredi soir.

Au terme de ce discours-fleuve, il s’est adressé aux partisans du PLQ, qui gouverne de « scandale en scandale ». « Le Parti libéral a besoin d’une longue cure d’opposition, pour retrouver ses repères », a-t-il lancé devant les quelque 1700 délégués réunis au Palais des congrès, à Montréal.

Jean-François Lisée a même fait un détour en anglais pour promettre aux électeurs anglophones de ne pas tenir de référendum sur la souveraineté « jusqu’à une élection subséquente en 2022 ».

CAQ et QS

Aux électeurs de la CAQ, il a opposé les propositions de son parti, « plus efficaces, plus réfléchies, plus solides ».

Quant aux solidaires, le chef péquiste les a appelés à voter stratégiquement. « Malheureusement, tant qu’on n’aura pas changé le mode de scrutin, voter Solidaire, c’est aider un libéral ou un caquiste à l’emporter », affirme-t-il.

Il faut dire que le congrès du PQ, le premier depuis 2011, arrive à un moment-clé pour la formation : le parti est troisième dans les sondages, avec 22 % des intentions de vote.

Vote de confiance

Samedi, la journée sera marquée par le très attendu vote de confiance auquel Jean-François Lisée devra se soumettre, moins d’un an après son élection à la tête du parti avec 51 % des voix.

Il tentera de faire mieux que Bernard Landry, qui a démissionné en 2005 après avoir obtenu l’appui de 76,2 % des délégués.