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De producteur de porcs à leader mondial de la canneberge biologique

Il est passé de 30 à 600 acres de nouvelles terres, surtout dans le Centre-du-Québec

Martin Le Moine
Photo courtoisie Martin Le Moine, que l’on voit ici entouré de ses récoltes, est le plus important producteur et transformateur de canneberges biologiques au monde. Il possède 600 acres de terres.

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Un ancien producteur de porcs du Centre-du-Québec est devenu le plus gros producteur et transformateur de canneberges biologiques au monde.

Au début des années 1990, Martin Le Moine n’aurait jamais cru que la canneberge lui procurerait autant de succès, lorsqu’il a graduellement mis de côté l’élevage porcin afin de se concentrer sur la culture du petit fruit en compagnie de Marcel Pilote, un homme qu’il connaissait à peine.

« Je ne connaissais que le prénom de mon associé et je ne savais même pas à quoi ressemblait une canneberge. Je n’en avais jamais vu, se souvient-il, amusé. Au début, nous n’avions pas de visées commerciales, c’était pour le plaisir. Nous avons bâti un petit chalet, sans avoir trop d’attentes. »

Après quelques années de culture traditionnelle, l’amoureux de la nature a choisi d’opter pour le biologique, en 1995, entre autres parce qu’il était déçu d’avoir vu disparaître certains oiseaux des champs.

Les premières années ont été très difficiles. M. Le Moine et son partenaire ont perdu leur principal client, Ocean Spray, qui n’avait pas d’ouverture pour le biologique. Les récoltes ont aussi été pauvres. Ils ont eu besoin de quelques années pour mettre au point des méthodes efficaces pour contrer de façon naturelle la vermine et les mauvaises herbes.

Un essor phénoménal

S’il lui est arrivé de douter, force est d’admettre que l’homme d’affaires, aujourd’hui âgé de 58 ans, a misé juste. La canneberge n’a cessé de gagner en popularité au cours des dernières années et la culture biologique ne fait que commencer son ascension.

L’entrepreneur a procédé à l’acquisition de nouvelles terres, passant de 30 acres à environ 600 aujourd’hui, majoritairement dans les MRC d’Arthabaska et de L’Érable, près de Victoriaville. Il s’agit de 20 % de la superficie québécoise totale de culture bio, qui est d’environ 3000 acres.

Son audace et son flair ont été récompensés puisqu’il est aujourd’hui à la tête de Nature canneberge, de Rubis sur l’eau, d’Atocas Notre-Dame et de Fruit d’Or, les plus grandes entreprises de production et de transformation de canneberges biologiques au monde.

Les retombées économiques liées à la canneberge au Centre-du-Québec sont désormais plus importantes que celles du bleuet au Lac-Saint-Jean (104 millions $ contre 90 millions $), selon une étude réalisée par la firme Deloitte pour l’année 2015. Et il y a encore de la place pour la croissance.

« La canneberge biologique représente un peu plus de 3 % des ventes mondiales et on prévoit que ça va doubler à court terme. Dans les autres secteurs fruitiers, le biologique a une proportion d’environ 15 % à 20 % et on pense que la canneberge va atteindre ça », conclut-il.

Le Québec domine

  • Le Québec produit 90 % de la canneberge biologique mondiale
  • 65 des 82 cannebergières du Québec se trouvent au Centre-du-Québec
  • Fruit d’Or transforme 30 millions de livres de canneberges biologiques et de bleuets sauvages en jus, fruits séchés, purées et produits nutraceutiques