/world/europe
Navigation

Maria devient un ouragan de catégorie 5 à l’approche des Caraïbes

Ouragan Maria
Photo AFP

Coup d'oeil sur cet article

POINTE-À-PITRE | L’ouragan Maria, qui a atteint la catégorie 5, le niveau maximal pour un ouragan, a commencé à frapper les Caraïbes lundi soir en atteignant avec des vents de 260 km/h la Dominique après avoir touché l’île française de la Martinique.

Ravagée par Irma il y a une dizaine de jours, toute la région a été mise en état d’alerte avant le passage de Maria qui s’est renforcé en moins de 24 heures, passant du statut de tempête tropicale à celui d’ouragan catégorie 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson.

«Maria devient un ouragan de catégorie cinq potentiellement catastrophique» et ses vents «se rapprochent de la Dominique», a précisé le Centre américain des ouragans (NHC) dans son bulletin prévisionnel de 19h mardi.

Selon Météo France, l’oeil du cyclone est passé à 50 km des côtes au nord de l’île française de la Martinique et son mur, qui concentre des vents très forts, est passé à 25 km.

Les autorités françaises avaient déjà ordonné l’évacuation des zones à risque.

Ouragan Maria
Photo | NOAA

 

Dans cette île passée lundi en alerte «violette» cyclonique, le plus haut niveau, qui entraîne le confinement de la population, 33 000 foyers étaient privés d’électricité à 18h00 locales, selon la préfecture, qui n’a pas relevé de dégâts significatifs à ce stade.

«J’ai des bougies, des lampes et à manger. J’ai des légumes en boîte et du gaz. S’il n’y a plus d’électricité, ça ira. Les fenêtres sont fermées, tout est cloué déjà», avait témoigné à l’AFP quelques heures plus tôt Anne-Marie, 84 ans, habitante de Rivière-Salée, au sud de la Martinique.

Outre la Martinique, Maria, qui progresse à 17 km/h dans la direction ouest-nord-ouest, selon le NHC, menace une autre île française des Antilles, la Guadeloupe, ainsi que Saint Kitts and Nevis, Montserrat (Royaume-Uni), et la Dominique, île anglophone indépendante.

En soirée, la Guadeloupe a elle aussi été placée en alerte «violette» cyclonique et des alertes ouragan ont également été déclenchées à Sainte-Lucie et dans les îles Vierges britanniques et américaines.

Météo France prévoit à la Guadeloupe « des conditions de vent beaucoup plus sévères que ce qui était anticipé », avec des vents moyens de 150 km/h et des rafales à 200 km/h.

«Des réserves d’eau»

«Les cyclones, ça fait toujours un peu peur, même si, quand on a connu Hugo (ouragan qui avait fait plus d’une dizaine de morts et 30 000 sinistrés en Guadeloupe en 1989, ndlr), rien ne peut être pire », a souligné auprès de l’AFP Eric, la quarantaine, habitant de Gosier, en Guadeloupe.

Ce père de famille a «fait des réserves d’eau», parce qu’il a «des enfants en bas âge», et va «contreplaquer» sa maison avant l’ouragan.

L’oeil du cyclone devait passer à proximité de l’île de la Dominique au cours des prochaines heures, selon le NHC.

Il devrait également passer au sud des côtes de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, ravagées le 6 septembre par l’ouragan Irma de catégorie 5, selon le ministère néerlandais de la Défense. Les deux îles ont été placées en vigilance rouge, selon Météo France.

Onze personnes sont mortes à Saint-Martin côté français lors du passage d’Irma, quatre côté néerlandais.

La Croix-Rouge a acheminé dimanche 11 tonnes d’aide, dont des matériaux «pour couvrir les maisons et réparer des toits», à Sint Maarten, la partie néerlandaise de l’île, dont le port a été fermé «jusqu’à vendredi», selon la Marine des Pays-Bas.

Des soldats sont aussi «en route pour les îles de Saba et de Saint-Eustache», qui font partie du royaume des Pays-Bas, a tweeté la Marine néerlandaise lundi.

Saba et Saint-Eustache ont subi moins de dégâts que Saint-Martin. Néanmoins Irma y avait arraché de nombreux toits, faisant de nombreux sans-abri.

«Renforts»

En France, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb avait annoncé dimanche l’envoi de 110 militaires de la protection civile en Guadeloupe, et rappelé qu’«environ 3000» renforts se trouvaient déjà sur place. « Jusqu’à 400 à 500 personnes » pourraient être envoyées en renfort si besoin.

«Nous aurons des difficultés importantes», a-t-il reconnu, la Guadeloupe étant «le centre logistique» permettant d’alimenter Saint-Martin et d’organiser les rotations aériennes et les approvisionnements.

Les Britanniques ont également annoncé des renforts pour les îles Vierges: «Nous avons déployé 40 personnels supplémentaires en soutien, 37 personnels humanitaires, et plus de 1300 militaires sont sur les îles et seront prêts à aider pour les tâches prioritaires quand Maria sera passé», a indiqué un porte-parole du ministère de la Défense.

Les gouvernements français, néerlandais et britannique ont été critiqués pour ne pas avoir déployé plus de moyens avant et après le passage de l’ouragan Irma, qui a dévasté leurs territoires d’outre-mer.

Ils sont notamment accusés d’avoir tardé à envoyer secours et renforts policiers sur les îles, plongées dans le chaos et parfois livrées aux pillages après le passage de l’ouragan, qui a fait une quarantaine de morts dans les Caraïbes.