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La fin des barrages ne plait pas à Legault

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.
Photo Simon Clark Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.

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La fin de la période des grands barrages décrétée par Philippe Couillard ne plait pas à François Legault, qui veut relancer leur construction.

«On est les meilleurs au monde pour construire des barrages et le premier ministre nous dit: l'expertise qu'on a pour construire des barrages, là, on met ça aux poubelles; maintenant, on va se concentrer seulement sur le solaire», a déploré le chef de la Coalition avenir Québec mercredi lors de la période de questions.

M. Legault a tiré à boulets rouges sur le premier ministre, qui a fait connaître cette position lundi à New York alors qu’il participait à la Semaine du climat. «Plusieurs personnes nous demandent de construire davantage de nouvelles centrales hydro-électriques. Ce n’est pas ce que nous allons faire dans les prochaines 25 années», a alors annoncé M. Couillard.

En chambre, il a répété les mêmes arguments : les surplus actuels d’Hydro-Québec sont si importants que le Québec pourrait remporter les appels d’offres de la Nouvelle-Angleterre, de l'État de New York, l'Ontario, «faire rouler un million de véhicules électriques sur nos routes» et accueillir plusieurs parcs de données informatiques. «La quantité d'électricité disponible au Québec est phénoménale», a-t-il lancé.

C’est sans compter l’arrivée du solaire. La stratégie du gouvernement repose sur la diminution rapide des coûts de production de ce type d’énergie. «C'est la décentralisation de la production vers les propriétaires de maison, qui vont être leurs propres producteurs d'électricité», disait M. Couillard à New York.

Hydro-Québec a affirmé de son côté qu’elle ne ferait plus de barrages tant qu’elle n’aura pas écoulé ses surplus existants. «On ne va pas construire un barrage si on est en surplus», a indiqué le porte-parole Mathieu Rouy.

L’énergie solaire intéresse Hydro-Québec depuis un certain temps. Le PDG Éric Martel avait d’ailleurs confié au Journal en janvier dernier qu’il envisageait investir dans l’industrie des toits photovoltaïques.

Nouvelle Baie-James

François Legault estime malgré cela que la construction de centrales est justifiée. Un gouvernement de la CAQ construirait de nouveaux barrages hydro-électriques afin d’exporter d’importants surplus en Ontario et dans le Nord-Est américain.

M. Legault n’a pas voulu donner de détails sur son plan de Baie-James du 21e siècle, qu’il devait dévoiler au printemps, mais qu’il rendra plutôt public l’an prochain.

«Le premier ministre manque d'ambition. Quand on regarde les besoins, M. le Président, les besoins en Ontario, dans les États du Nord-est américain, c'est à peu près 10 fois plus que les surplus actuels d'Hydro-Québec», a-t-il lancé.